Séjour n° 15 Sur les chemins de la liberté en Ariège

Dates : du 23 au 30 juillet 2022
Animateur : Thierry
Transport aller-retour : en co-voiturage, 2 voitures de Montferrand à Bidous

Météo: très variée. Grand soleil très chaud le dimanche ; brumes et crachin le matin des autres jours avec des après-midi variables ; orageux le jeudi ; orages et pluie le vendredi matin – soleil dans l’après-midi
Animaux: pas d’animaux à 4 pattes, des vautours fauves, une salamandre…

Carte : 2048 OT
Cumuls : KM= 82 D+ = 8100 m environ

Jour 0 : L’installation
Après un voyage aller sans souci, nous nous installons dans notre grand gîte d’étape à Bidous dans la vallée d’Ustou ; vallée encore bien verte si on la compare aux paysages de sécheresse de l’Aveyron traversés plus tôt dans la journée. Bidous est situé au pied du cirque de Cagateille, un des plus grands cirques pyrénéens. On devine le port de Couillac tout là-haut. Sommet que nous atteindrons dans la semaine. Le gîte semble bien confortable et nos hôtes accueillants ! Le repas du soir et les premiers échanges commenceront à nous prouver que nous sommes bien tombés. Avant le repas et puisqu’il n’est pas très tard, rien ne vaut un petit dégourdissement des jambes. Nous montons vers Ossèse en amont le long du ruisseau du même nom. Une grande cascade nous rafraîchit à distance. En contrebas, trois dames se préparent à plonger dans de belles piscines naturelles. Sans vouloir perturber leur tranquillité, nous sommes vraiment tentés de les imiter. Deux minutes plus tard, nous les avons rejoints. Bien-être immédiat. Bain qui ouvrira les appétits et fermera rapidement les yeux des baigneurs du jour 😊 Nous aurons droit après le repas aux histoires d’un conteur. Pierre, accompagnateur en montagne a rôdé ce soir-là ses histoires auprès d’un public conquis. Il est question de montreur d’ours et de sorcières…

Jour 1 : Cap de Ruhos 15 km – 1400 m D+ – 8h31 de déplacement

Cabane de berger sous le col des Crusous


L’objectif de cette première journée est le Cap de Ruhos, sommet qu’on atteint à partir de la vallée du Salat. Pour y arriver nous traversons un gros village, Couflens, bien désert et sans commerce et enfin Salau. La rando commence au-dessus de ce hameau, aux portes d’une mine désaffectée mais qui bouge encore. C’est en effet une ancienne mine de tungstène en exploitation de 1971 à 1986… A ses grandes heures, sa production représentait 2% de la production mondiale et elle employait plus de 100 mineurs. Leur logement HLM à Salau frappent les visiteurs : comment expliquer la présence de 4 barres d’immeubles dans ce petit hameau de bout de vallée ? La mine était considérée à l’époque comme enjeu stratégique pour la France. Le tungstène est un des minerais les plus durs et résistants ; à ce titre il est prisé dans l’industrie automobile ou aéronautique. Mais le plus faible coût du minerai extrait en Chine principalement eut raison de cette volonté d’indépendance. 22000 tonnes de minerai furent extraites en 15 ans. De cette exploitation, nous avons sous nos yeux certains de ces résidus : un immense terril formant une sorte de plateforme où gisent près d’un million de m3 de terre de déblai. Résidus non encore dépollués et désamiantés à proximité des sources du Salat…. On y trouverait de l’arsenic issu du traitement chimique de l’extraction. Je disais plus haut qu’elle bougeait encore car en 2015, une société australienne a déposé un permis d’exploitation et de recherche minière afin d’évaluer une possible réouverture : d’après les ingénieurs de la boîte, il resterait quelques 15000 tonnes de tungstène à extraire. Le permis a été deux fois annulé par la justice mais en mai dernier c’est un arrêt du Conseil d’Etat qui a annulé les annulations. Retour à la case départ donc. Muni de toutes ces explications, le groupe s’engage dans une raide montée boisée jusqu’à la cabane de Saubé. Nous y faisons halte pour bénéficier d’un point de vue sur le Mont Vallier et ses copains, à l’ouest. Nous reprenons une sente herbeuse dont nous nous écartons involontairement. Cela nous oblige à la rejoindre au prix d’un beau passage en dévers toujours bon pour les cuisses. Je navigue à vue sans suivre forcément la sente mais en maintenant mon cap. Nous sommes dans des zones d’estive. La seconde pause nous amène justement après plus de 600 m d’ascension près de la nouvelle cabane de Fontaret, installée depuis peu sous l’égide du département. Pas de bêtes à l’horizon. En nous retournant de temps en temps, le paysage offert est toujours grandiose. La sente serpente dans les éboulis et le minéral désormais sur une pente soutenue jusqu’au col de Crusous à 2217m. Plein nord, au-dessus du col se dresse le pic de l’Arrech (2353m). En continuant plein est, nous pourrions rejoindre la sente qui monte au port de Marterat où nous serons le lendemain. Encore 400m pour atteindre notre but. La chaleur commence à se faire sentir. Le sommet n’est pas encore visible. La dernière partie de la rando se déroule en partie en crête, en partie à flanc, au gré du terrain et en sécurité. Finalement après quelques passages aériens, nous devinons le cap de Ruhos. Certains des nôtres ont pris de l’avance mais n’ont pas suivi la voie la plus directe… Ils seront néanmoins au sommet avant le reste du groupe. Les derniers mètres sont les plus durs pour beaucoup d’entre nous. Après près de 4 heures d’effort nous sommes tous au sommet. Le regard plonge sur l’Espagne au sud avec l’étang de Mariola 400 m plus bas, les Mont Rouch (de France et d’Espagne) se devinent à l’ouest, les pics de Marterat et de Certescans à l’est. Au sommet, nous rejoignons deux sympathiques randonneurs montés justement à partir de la vallée de l’Ossèse. Ils nous questionnent – qui sommes-nous, d’où venons-nous, quel sera notre programme ? – et on leur parle d’Atlas. On leur donne l’URL du site. Nous recevrons d’ailleurs quelques jours plus tard sur le site d’Atlas un gentil mail de l’un d’eux. Quelques minutes après leur départ, Sandrine s’aperçoit que ses bâtons ont disparu, empruntés par erreur par l’un des collègues catalans. Nous les apercevons au loin plus bas dans la pente. Nous leur faisons de grands signes en leur montrant des bâtons. Ils nous entendent finalement et à leur tour nous saluent : ils n’ont pas compris. Je décide de les rejoindre avec Laurent. Ils avaient bien progressé ! L’un d’eux a finalement fait demi-tour suite à notre insistance à les héler et monte à notre rencontre. Le randonneur pensait qu’on lui ramenait son beau canif oublié. Par chance, c’est lui qui utilisait les bâtons empruntés à Sandrine. Nous faisons l’échange et remontons les 100 m perdus jusqu’au sommet. La partie la plus difficile de la rando, la descente, s’amorce alors. Quelques cairns nous guident dans les rochers. Le sol est sec et se dérobe parfois… La prudence est donc de mise. La chaleur est maintenant écrasante. Il nous faudra près d’une heure pour rejoindre le col et trois heures encore jusqu’aux mines. Les réserves d’eau sont très faibles malgré près de trois litres embarqués par personne. Même l’arrivée dans les bois sous la cabane de Saubé n’offre pas le répit et l’ombre espérés. Le soleil traverse les arbres. Enfin nous revoilà sur la passerelle du ruisseau des Cougnets à quelques centaines de mètre des voitures. Grande pause rafraichissante dans l’eau du ruisseau. Retour au gîte après une petite pause au café de Saint-Lizier (avant Bidous) où nous commençons à avoir nos habitudes 😊

La crête vers le Cap de Ruhos

Jour 2 : Port de Marterat 14 km – 1407 m D+ – 8h14 de déplacement

En montant au Marterat

Nous restons dans notre vallée d’Ustou aujourd’hui. Peu de voiture donc. Après deux km de transport, nous voilà à Ossèse (920 m) petit hameau sans eau courante ni électricité qui compte quelques résidences secondaires. Philippe notre hôte nous accompagnera avec sa fidèle Mendy une jeune border collie très joueuse. Le parcours sera moins difficile que la veille avec un sentier plus ou moins tracé mais avec la dénivelée réglementaire quand même 😊 La brume descendue très bas bouche la vue vers les hauteurs. Le chemin s’élève doucement en suivant l’axe de la vallée. Nous marchons sous un couvert fourni. La forêt n’a pas toujours recouvert les pentes de ces vallées. Assez peuplée jusqu’à la 1ère Guerre, il fallait nourrir les populations et toutes ces pentes vertes aujourd’hui étaient cultivées en terrasse pour produire les céréales et légumes nécessaires. Progressivement les arbres font place à des prés ; nous croisons nos deux Catalans de la veille qui redescendent de leur bivouac. Bien sympa les gars ! Le chemin s’élève bien maintenant mais nous ne voyons rien des flancs de montagne qui pourtant nous dominent. Nous parvenons après une bonne heure de marche à la Croix de la Portère. Petite halte pour évoquer le thème du séjour, les chemins de la Liberté, moment d’Histoire poignant dans le Couserans. Par sa proximité avec l’Espagne, les chemins qui mènent à la frontière sont nombreux et pas tous faciles d’accès. Ce sont près de trois milles personnes qui ont fui par les chemins de l’Ariège, l’oppression Nazi ou la police de Vichy parce qu’ils étaient Juifs, communistes, réfractaires au STO ou pilotes américains et anglais cherchant à regagner leur liberté par l’Espagne d’abord et ensuite vers l’Angleterre ou l’Afrique du Nord. Des réseaux se sont progressivement mis en place pour prendre en charge les candidats à l’évasion dans les villes / villages / hameaux du bas pays. Il faut distinguer deux périodes dans cette épopée : l’avant et l’après novembre 1942. Avant l’envahissement de la zone libre, l’aventure était difficile à cause des conditions de marche en montagne et le pauvre équipement des personnes mais le risque d’être arrêté par les gendarmes français restait assez faible. Tout change après novembre 42 : les Allemands multiplient les patrouilles sur les points de passage fréquentés obligeant les passeurs à emprunter des chemins de plus en plus difficiles et la nuit de préférence. Ces passeurs connaissent bien leur montagne : ils sont paysans, bergers… Ils paieront un lourd tribut à leur engagement. Les Ariégeois qui cachaient les réfugiés chez eux avant leur départ, parfois pendant de longues semaines ne doivent pas être oubliés eux-aussi car ils. Ils prenaient d’énormes risques Ainsi à Aulus, où de nombreux Juifs s’étaient réfugiés, la grande majorité des habitants avaient pris fait et cause pour les familles entières qui cherchaient à fuir les protégeant de leur complicité. Une jeune fille d’Aulus justement, Jeanne Rigal, âgée de 21 ans réalisa des passages avec son père, éleveur. Une fois c’est une famille entière avec deux garçonnets, quatre hommes et trois femmes qu’ils aident. En chemin le petit groupe croise la route de Jean Baptiste Rogalle, le futur époux de Jeanne, qui conduit un couple, leur bébé de huit mois et sa grand-mère vers l’Espagne. Jeanne raconte : « Ils étaient épuisés, alors j’ai pris l’enfant dans mes bras, il me regardait calmement avec ses beaux yeux bleus, j’ai passé la frontière en premier, je l’ai posé et fait demi-tour pour aider les autres ». En 2004 lorsque Jeanne est décorée, un homme aux cheveux gris arrivant de Montréal assiste à la cérémonie ; Jeanne reconnaît le beau regard clair. C’était celui du bébé qu’elle avait serré contre elle et emmené jusqu’à la frontière ce 4 décembre 1942. Son nom à Jeanne, celui de son père et celui de son mari sont gravés sur le mémorial des Justes en Israël. Une fois parvenus en Espagne, ils n’étaient pas sortis d’auberge car, arrêtés par la Police, ils devaient séjourner plusieurs semaines dans la prison de Sort avant d’être libérés, souvent suite à des accords plus ou moins occultes avec les Alliers portant sur une fourniture importante de denrées : l’Espagne sort de 5 ans de Guerre civile et elle manque de tout…..

Le chemin le plus célèbre en Couserans est celui qui part de St Girons pour arriver à Esterri d’Aneu par le col de la Claouère et le mont Vallier. Ce chemin d’évasion d’une longueur d’environ 80 kilomètres est le plus difficile avec des sommets qui culminent à près de 2 500 mètres. Une association de Saint-Girons, « les Chemins de la Liberté » commémore chaque année ces épisodes tragiques en reparcourant la totalité du chemin sur 4 jours. Longtemps animés par les contemporains de cette époque, il lui faut aujourd’hui compter sur les écrits et les témoignages recueillis pour assurer le devoir de mémoire. Je les avais contactés pour organiser un échange lors d’une soirée dans notre gîte mais cela n’avait pas débouché. Je prévoyais également la visite du Musée à St Girons sur la route du retour le samedi. Hélas, son jour de fermeture depuis juin ….

 La cabane de Marterat vue du Port

Philippe habitué des lieux reconnait que notre rythme est soutenu. Quelques sources et ruisseaux bienvenus nous aident à récupérer. Le chemin serpente sous ou à travers des barres rocheuses. Vers midi trente nous parvenons à la Cabane de Marterat à 100 m sous le Port. A Ossèse, la cabane était annoncée à 4h30 ; il nous aura fallu à 4 heures pour y parvenir. La cabane est bien équipée et propre. Philippe nous y attendra. Nous continuons jusqu’au Port (2217 m) où nous déjeunons. En Espagne, comme la veille ce sont des étangs que l’on aperçoit. Aujourd’hui l’estany del Port. Nous retrouvons à l’ouest note cap de Ruhos. Au loin vers le sud, je devine l’orage qui s’approche. Nous entamons la descente sans tarder mais la pluie nous rattrape un peu plus bas. Habillage-déshabillage… Deux, trois coups de tonnerre mais rien de plus. Progressivement, la brume se déchire et des rayons de soleil éclairent la montagne que nous n’avions pu voir à la montée. Cascades et pics s’offrent à notre regard et nous en profitons …. Une belle salamandre croise notre chemin. La descente par le même sentier nous prendra trois bonnes heures. La deuxième rando du séjour s’achève : nous respectons le programme 😊

Jour 3 : Port de Salau 14 km – 1150 m D+ – 7h28 de déplacement

Montée dans la brume

Un nouveau col sera notre but aujourd’hui. Point de départ à nouveau la vallée du Salat au-dessus de Salau pour rejoindre à l’ouest le Port du même nom. J’avais prévu d’intercaler des randos moins engagées pour souffler un peu : celle-ci en est une. Le GRT 57 est le sentier normal. Nous lui préférons une petite variante à la montée plus courte et donc plus escarpées qui nous fait passer dans la hêtraie du bois de St Jouan. A l’amorce du chemin, nous tombons sur un couple de cavaliers en train d’équiper leurs montures. Ils sont partis des Pyrénées Orientales et cherchent à atteindre l’Atlantique en traversant la chaîne et en faisant du saute-moutons avec la frontière. Outre leurs chevaux ils sont accompagnés d’un mulet qui leur transporte une partie de leurs réserves. De proche en proche, nous foulons d’anciennes sentes bordées de gros buissons de buis. Après plus d’une heure d’effort, nous rejoignons le GRT que nous essayons de suivre jusqu’au sommet. En effet, le sentier mal balisé n’est pas facile à suivre dans tous ses zigs et ses zags… Une ou deux fois, il faudra se forcer pour le retrouver. Dans ces cas-là, rien de tel qu’un Laurent bondissant pour jouer les éclaireurs et vérifier les hypothèses de l’animateur 😊 Le terrain se prête aux raccourcis qui me paraissent naturels mais que se refuse le tracé officiel. Nous le suivons donc.

A partir de son deuxième tiers, le chemin traverse de grandes zones d’estive : a priori l’herbe est laxative puisque sur plusieurs dizaines de mètres nous marchons sur un tapis d’excréments. Le parcours est beaucoup moins montagneux que les deux jours précédents. La brume, elle, est autant présente que la veille. Il faudra parvenir au sommet pour qu’elle se déchire en volutes tournoyantes. Enfin parvenu sur le Port, nous découvrons les ruines de grandes installations. Quesaco ? Au début du 20ème siècle, l’industrie papetière du Couserans manquait de bois à cause de la surexploitation de la forêt ariégeoise. Il fallait donc en importer de vallées proches à vol d’oiseau mais au-delà de la frontière C’est le cas entre la vallée de la Noguera Pallasera et Salau par le col. C’est la grande société papetière de St Giron, Matussière et Forest, qui fit construire ce chemin de fer aérien dont certains pylônes sont encore visibles de proche en proche. Les arbres acheminés à Salau étaient transformés en pâte à papier dans une usine à la sortie du hameau le long de la route. Le grand bâtiment du Port dont nous voyons les ruines était en fait l’endroit où était effectué le contrôle douanier. Depuis une quarantaine d’année, le Port de Salau est le lieu de retrouvailles et de fête à l’occasion de la Pujada : près de 300 Catalans et des Occitans se retrouvent au sommet le premier dimanche d’août pour célébrer l’amitié transfrontalière.

Ruines des Douanes au port de Salau

Du sommet, on aperçoit au sud le pic de Bassibié, au nord les pics de Portabère et de Montaud. A l’ouest le seigneur du Couserans, le Vallier…Avant d’être empruntés par les réfugiés des années 40, cette crête frontière avait été traversés par les Républicains espagnols lors de la Retirada. Quand l’histoire et la géographie se rencontrent…

Nous traversons à la descente les troupeaux de vaches que nous n’avions pas vues à la montée. On les contourne autant qu’on le peut mais la lourde présence du taureau qui nous surveille en effraie quelques-un(e)s. Une fois parvenus sur la longue piste finale, nous nous arrêtons à la belle cascade de Léziou juste après avoir vu l’embranchement matérialisant le départ pour la rando du Mont Rouch. Juste de quoi faire peur pour le lendemain… L’occasion d’une douche tonique pour Patrice 😊 La journée se terminera avec une visite de Seix, beau village sur le Salat avec un Musée local intéressant et ses maisons à l’architecture typique du haut Couserans.

Jour 4 : Mont Rouch de France 15 km – 1100 m D+ – 9h de déplacement

Dans le pierrier

C’est l’étape reine du séjour avec ses 1900 m de D+ Nous nous sommes levés à 6h15 pour être d’attaque au plus tôt. Même point de départ que la veille. Le début de la rando en forêt est abrupt. C’est une forêt « sauvage » de hêtres où l’exploitation humaine ne semble pas avoir prise…. Nous remontons le Leziou, le ruisseau de la cascade. Pas de balisage ni de chemin tracé pour cette rando. Je suis donc très attentif à la navigation. Pas suffisamment ? la sente est sensée s’orienter à l’ouest et j’en prends donc la direction. Rétrospectivement c’était trop tôt. Je suis pourtant une trace prononcée mais qui s’avère nous écarter de la route normale. Un point GPS me le confirmera un peu tard. Mea culpa. Il faut suivre un cap franchement à l’est pour retrouver notre piste. Mais ce n’est pas la Beauce : nous nous rapprochions de barres rocheuses et en contrebas un très grand pierrier s’offre comme terrain de jeu avec de beau devers. Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, on dira que c’est un excellent exercice où certains Atlassiens s’avèrent meilleurs que d’autres…. Après avoir rassemblé le groupe qui s’était un peu trop égaillé – les uns trop haut dans la pente, les autres un peu en arrière, je donne les indications pour franchir le dernier obstacle et nous revoilà dans la forêt exactement sur la sente. Nous sortons quelques minutes plus tard des bois pour retrouver des sentes herbeuses. Comme les jours précédents, la brume nous accompagne. Nous avançons plein sud, à flanc et d’immenses barres rocheuses nous surplombent. Mais on ne voit rien de ce qui nous entoure. Un ravin assez profond apparait. La paroi est équipée d’une main courante qui sécurise la descente pas très exposée pourtant jusqu’au point de franchissement par le haut de la cassure. Il y a beaucoup d’appréhension pour certains mais finalement tout le monde passe. L’épisode aura malgré tout duré trop longtemps (voir plus loin 😊). Plus haut, nous devinons une présence humaine sur le haut d’un rocher : c’est un couple de jeunes bergers qui surveillent comme ils peuvent leur troupeau de brebis. Finalement, la sente part à l’ouest et la pente s’adoucit un peu. Nous parvenons alors au-dessus d’une petite dépression, le Clos du Dessous, dans laquelle est posée la cabane de nos bergers. Le soleil commence à percer et disloque petit à petit la brume qui tournoie. Le ciel est bleu et le mont Rouch se dévoile d’un coup à notre sud. Il est bien perché 800 m au-dessus de nous. La brume au gré du vent voile à nouveau la montagne. Ce jeu dure tout le temps de notre repas.

Le Mont Rouch de France tout là-haut

Quand le soleil l’emporte, je devine la suite de l’itinéraire : plein est sous le pic du Laquet puis sud-est jusqu’à la crête frontalière et enfin SW en crête jusqu’au sommet. Je réfléchis à ce que nous pouvons faire car nous avons perdu 1h30 dans la forêt et dans le franchissement du ravin. Nous avons mis presque 5h pour arriver à notre pause méridienne : il est 13h, il nous faut 2h environ pour le sommet et près de 4h30 à 5 h de descente. Surtout, le soleil n’est pas si vaillant que ça…. Tout bien pesé, je prends la décision d’en rester là. Cela frustre certains Atlassiens, moi y compris mais je sais la descente longue et difficile surtout après une fin d’ascension un peu engagée. A regret donc, nous entamons la marche retour sans avoir atteint l’objectif mais pleins de belles images en tête de ce sommet âpre et sauvage. La brume nous retombe dessus. Par temps très humide, la descente serait dangereuse mais aujourd’hui le sol est sec. Après une heure de descente, le soleil a décidé de continuer à briller (ce qui a le don de m’agacer, vu la décision prise un peu plus tôt). Nous rencontrons le troupeau de brebis qui vient à notre rencontre : ça prend du temps de laisser passer cette centaine de petites bêtes ! Nous retrouvons quasi à la même place la bergère tranquillement installée en train de se rouler une cigarette sur un point haut propice à la surveillance du troupeau. Plus bas, après un second franchissement du ravin toujours un peu laborieux, nous retrouvons le Leziou, ruisseau puissant qui dégringole une pente soutenue. Nous sommes dans l’alignement de la vallée : tout au fond on devine Salau. Puis c’est l’arrivée dans la partie boisée de l’itinéraire tout en zigs et en zags. A un moment, nous voyons très bien l’endroit de l’erreur du matin 😊 On s’en souviendra pour la prochaine fois. La beauté de cette forêt qui s’arrange toute seule me saute aux yeux. C’est presqu’à regret que nous retrouvons la grande piste qui nous ramène au parking. Finalement la dénivelée du jour aura été « modeste » mais le cheminement, difficile parfois, laissera de bons souvenirs de randonnée exigeante.

Descente dans la brume et les brebis

Jour 5 : Port de Couillac 13 km – 1430 m D+ – 9h19 de déplacement

Début de descente vers l’étang

La météo est instable depuis la veille. Je marcherai toute la journée dans la crainte des orages. La rando va nous conduire au port de Couillac que nous voyons depuis 5 jours à notre sud-est. Elle est plus connue que celle de la veille. Mais à la montée, nous ne dépasserons qu’un couple de randonneurs. Nous montons par un beau sentier le long du ruisseau des Cors. Sur notre droite un panneau nous indique l’accès au cirque de Cagateille. Nous l’apercevons à travers le feuillage… Il serait le deuxième plus grand cirque des Pyrénées ? La sente s’oriente à l’est et d’un coup devient raide. Nous montons encore dans une belle hêtraie : nous franchissons la barre rocheuse où une main courante sécurise la progression. Vers 1650 m, nous sortons de la forêt ; quand nous nous retournons nous sommes pile dans l’axe de la vallée d’Ustou… Nous continuons de progresser sur de belles plaques de granit fin (ou de grès) lissé par les glaciers. Le minéral adhère et rend la marche sûre. Nous remontons ainsi jusque sous le déversoir de l’étang de la Hillette. A cet endroit, deux possibilités : descendre à l’étang par un passage équipé de câbles et d’échelles sur une trentaine de mètre ou passer par le haut de l’étang. Notre groupe se sépare : une partie descend avec moi et Yves accompagne l’autre partie. La descente est un peu plus engagée que la veille mais tout le monde progresse bien y compris les plus néophytes sur ce type d’exercice. Nous contournons l’étang par l’est : deux trois bivouacs ont été installés dans cet endroit bien attirant même si aux dires des campeurs les moustiques n’étaient pas en congés d’été 😊. Nous cherchons la trace qui rejoint l’itinéraire normal ; après un bon petit coup de cul nous retrouvons Yves et les collègues. Le passage qu’ils ont suivi était particulièrement aérien selon certains. A la descente par la même sente, ce ne sera pas tellement perceptible… Le port de Couillac (2416 m) est maintenant bien visible et semble proche. Illusion d’optique, il nous reste encore 400 de D+ à assurer, sous un soleil pas trop franc… Nous progressons à travers de longs bancs rocheux jusqu’à atteindre une petite dépression avec une mare et deux cabanes de berger du même style que celle du cap de Ruhos. Elles sont occupées cette fois. Nous contournons le parc vide des brebis et nos rejoignons en 5 minutes le col. La météo ne m’incite pas à éterniser les agapes. Ça se charge vite coté espagnol. Nous profitons malgré tout du panorama. La pointe de Rabassère (2568 m) est juste à notre Est et le Pic de Couillac (2601 m) un peu plus à l’ouest. Côté espagnol, on aperçoit trois étangs dont celui de Colatx (Couillac en catalan), de Seno et le plus grand, de Remedo de Dalt. J’avais prévu initialement de continuer jusqu’au pic de Couillac mais je décide d’amorcer la descente. Dommage, on aurait pu voir le grand étang de Certascans…

Etang de la Hillette

La météo se maintiendra pourtant jusqu’à la fin de la rando. Comme toutes les descentes de notre semaine, celle-ci est longue et exigeante. Et elle se déroule dans une chaleur de plus en plus étouffante et plus ou moins vite suivant les personnes. Yves m’assiste en fermant la marche. Une pause à hauteur du ruisseau de la Hillette permet un bain de pied réconfortant. Le ruisseau est propice aux activités de canyoning, nous entendons un peu plus bas des éclats de voix… Le groupe arrive au parking en même temps que nous. Encore une belle journée de randonnée au parcours et décor très variés qui nous laisse pleins de beaux souvenirs. Et comme toujours, nous retrouvons notre gîte avec plaisir. Aujourd’hui, les bières fraîches d’après douche seront les bienvenues 😊

Jour 6 : Etang d’Allet – Château de la Garde 11 km – 500 m D+ (270 +230) – 4h de déplacement

Sous l’orage

La météo se dégrade fortement pour cette dernière matinée. J’ai choisi une petite boucle pour éviter les orages qui arrivent un peu plus tard dans la journée. Peine perdue ! Nous partons d’un petit parking bien au-dessus de la station de Guzet Neige en direction du sud-est vers l’étang d’Aubé. Des voitures, nous voyons des écrans de pluie au-dessus de la vallée d’Ustou. Nous nous préparons quand même au départ avec de lourds nuages au-dessus de nous. L’étang est à 2 km à peine avec 200 m de D+ : je pense donc pouvoir au moins y parvenir. Après, fermer la boucle par le sud et l’ouest en passant sous la pointe de la Hillette comme imaginé bien au chaud dans le gîte c’est une autre histoire. Nous progressons assez rapidement sur des rochers plus ou moins humides. Nous parvenons au col avant de continuer en légère descente. Mais après une petite heure, l’orage est au-dessus de nous. La pluie commence à tomber et le vent à se lever. Nous ne verrons pas l’étang car je décide de rebrousser chemin et revenir aux voitures le plus vite possible. C’est sous un déluge que nous y parvenons. Dommage, le secteur sauvage était propice à une belle rando. Arrivée près d’une cabane à proximité des voitures, Sophie découvre un pauvre randonneur qui s’abrite comme il peut (comme il pleut 😊). Il est anglais et parcours le GR 10 d’ouest en est ; il était parti le matin-même du camping de Saint-Lizier dans la vallée d’Ustou et il cherchait à rejoindre Aulus, le gros bourg de la vallée. Il en a encore pour 4 à 5 heures de marche…. Je lui propose de le redescendre car nous prévoyons de gagner la ville pour nous réchauffer autour de bons cafés / chocolats. Il accepte volontiers. Nous arrivons à Ustou avec une pluie qui redouble. Nous quittons James qui va chercher son camping : on lui a vraiment éviter une fin d’étape pourrie. En guise de pause réconfortante, la bistrotière ne voulant pas nous laisser entrer dans son café par crainte du… COVID, nous nous asseyons sur la terrasse plus ou moins à l’abri. Les boissons chaudes ne nous réconfortent pas plus que çà. Plutôt que le COVID ce sont nos chaussures et nos vêtements trempés qui devaient l’inquiéter. Nous retrouvons finalement le gîte avant midi : Philippe qui fait bien les choses a allumé un beau feu dans sa cheminée. Le groupe, confortablement installé dans le canapé et les fauteuils se laisse aller à une douce torpeur. Vers une heure, après notre pique-nique en intérieur avalé, le soleil réapparait timidement. Je propose au groupe d’aller visiter les ruines d’un château que nous avons entre-aperçu au-dessus du Pont de la Taule , à chaque fois que nous sommes revenus de Salau : le hameau est juste au confluent du Salat et du ruisseau d’Alet. Proposition acceptée ! L’aubergiste du Pont nous donne le point de départ du sentier qui mène au château. La sente, au moins à l’amorce de la montée, n’est pas évidente. Et je progresse façon sanglier en ferraillant un peu avec les ronces 😊 Patrice moins bourrin trouve un soupçon de piste qui progressivement s’élargit… sans franchement candidater au statut de PR ! Ça continue de monter et ça en décourage quelques-uns. Nous sommes 5 à parvenir à l’entrée de la tour, interdite par une grille. Peu importe, le défi est relevé. Nous reviendrons par un chemin beaucoup plus large qui débouche sur la route menant au Pont.

Le château de la Garde 

Cathare pas cathare ? L’absence d’information autour du château laisse la question ouverte 😊 En fait, toute la zone autour du château est privée. Cela explique sans doute le manque de mise en valeur ? Cette petite excursion marque la fin de notre programme. Pour beaucoup, cette semaine a été une bonne occasion de découvrir les Pyrénées : la diversité de ses paysages, de ses vallées étroites aux pentes boisées, la rudesse de ses ascensions, les panoramas de ses sommets, de ses torrents et cascades qui même à un niveau inférieur à leur niveau habituel donnent encore l’impression d’une vie riche et joyeuse.

Merci à nos chauffeurs, Patrice et Yves. Merci à Yves pour ses petits coups de main et ses relevés kilométriques et altimétriques. Merci à Sandrine, Sophie et Laurent pour leurs photos
Je terminerai en évoquant nos hôtes, Nathalie et Philippe. Leur accueil fut chaleureux, les échanges riches et naturels, la chair simple et excellente. Tout s’est combiné pour faire de ce séjour une belle parenthèse dans ces temps qui ne sentent pas bons. Merci à eux.

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Séjour 13 D’un château cathare à l’autre

Dates : du 25 juin au 1er juillet 2022
Animateur : Thierry
Transport aller-retour : en co-voiturage, 1 voiture de Chamalières à Puivert
Météo: brumes et crachins pendant trois jours, nuageux un jour, plein soleil un jour. Température douce sauf dans la montagne au-dessus de Camurac.
Terrains et paysages : paysages typiques de l’Aude pyrénéenne avec plateaux, gorges, crêtes collinéennes. Calcaire prédominant. Forêts de hêtres surtout et chênes verts.
Animaux: chevreuils, lièvres, 1 sanglier femelle et ses 5 marcassins
Cartes : 2148ET – 2247 OT – 2248 ET
Cumuls : KM= 110 D+ = 3544 m

Jour 1 : Puivertsud de Belvis 19,3 km – 759m D+ – 361 D- 6h30 de déplacement

Après un voyage aller qui nous a fait passer par Castres (lieu de pique-nique) assommé par sa défaite en finale du top 14 de la veille, nous plantons nos tentes dans le camping de Puivert au bord du lac. Le temps est lourd. Nous profitons d’une installation rapide pour aller visiter le château que nous apercevons au nord au sommet de la colline surplombant le village à 600 m d’altitude. Du château primitif (d’avant la Croisade) il ne reste que quelques vestiges à l’ouest. Le château qu’on voit aujourd’hui a été construit au début du 14ème siècle par les descendants de Pons de Bruyère, lieutenant de Simon de Montfort qui assiégea et conquis le château en 1210. On rentre par une belle tour-porte qui débouche sur une grande cour engazonnée ceinte de 6 tours et d’une courtine. Nous visitons le donjon carré haut de 32 m. Passerelles et escaliers en vis desservent trois salles, une par étage. Salle de garde, chapelle et salle des Musiciens. Dans chacune la voute est sur une croisée d’ogive. La salle des Musiciens est remarquable du fait de la présence de culs de lampe au bas de chacune des 8 nervures de la voûte. Chaque cul de lampe est orné de musiciens qui joue des instruments anciens : cornemuse, viole, tambourin, luth… Ce château était donc plutôt tourné vers l’art et la culture que vers la guerre, signe de l’humanisation des châteaux-forts au 14ème.

Château de Puivert

Nous quittons Puivert le dimanche matin pour prendre de la hauteur et parvenir sur le plateau de Sault à près de 1000 m. Puivert est dans une grande cuvette cultivée (blé et maïs) parsemée de petits hameaux qu’on nomme ici des camps : Campbonnaure, Campserdou, Campsaure, Campsadourny….. Le chemin s’élève doucement et nous traversons la forêt de Picaussel, siège d’un maquis important pendant la guerre. Nous suivons un GR dont le tracé sur le terrain ne correspond plus à ma carte de 2009… Nous arrivons au village de Lescale qui fut incendié par les Allemand le 9 août 1944 en représailles des attaques qu’ils subissaient. Ils chassèrent tous les habitants du hameau « coupables » d’avoir aidé les maquisards avant de l’incendier. Il fut reconstruit en 1953 et entre-temps les habitants vécurent dans des baraquements de fortune. A la sortie, la pente s’accentue un peu et nous prenons les 250 m qui nous mènent au col du Chandelier. Nous montons dans une belle forêt de hêtres jusqu’à atteindre les 950 m pour notre lieu de pique-nique. Sur une des pistes que nous avons suivies, nous croisons 4,5 voitures tout terrain remplies de gars portant des gilets orange : des chasseurs ? Après un rapide repas, nous continuons par pistes et sentiers recouverts de fougères en direction de Belvis. Nous trouvons un beau bivouac dans un pré au sud du hameau, à l’abri de grandes haies au bord du ruisseau des Taillades, suffisamment en eau pour nos besoins. Une fois installés nous partons à Belvis pour visiter et prendre de l’eau. Dans la brume et le froid, le hameau est d’une tristesse désolante Nous le quittons vite pour regagner notre lieu de villégiature. Après notre premier repas, nous montons un peu pour observer la belle rupture de pente qui mène 250 m plus bas dans une belle vallée profonde s’amorçant par le défilé d’Able. Paysages typiques du plateau. La journée se termine et nous nous endormons pour cette première nuit en bivouac. La Première tout court pour Gwladys 😊

Détail au château

Jour 2 : sud de Belvis – sud station de Camurac 23 km – 1005 m D+ – 313 D- 9h de déplacement

Réveil à 7h avec une météo sans changement, brumes et relative fraîcheur. Nous prenons la direction d’Espezel. Nous traversons sur quelques kilomètres bien plats une partie du plateau de Sault et nous observons la diversité de ses cultures… Blé, orge, maïs et même de grandes parcelles de pommes de terre à la qualité a priori renommée car de belles affiches touristiques les vantent à l’entrée du village. C’est une animation d’un lundi avec des employés municipaux désherbant et quelques personnes âgées allant faire quelques achats dans les très rares commerces du village. Nous y trouvons un petit point multi-services tenu par une Anglaise. Bon pain. A la sortie d’Espezel le chemin s’élève brusquement SW et plein W pour parvenir sur la ligne de crête qui nous mène 250 m plus haut au pic du Midi (un autre) à 1179 m d’altitude. Site d’envol de parapentes, il offre une vue à 360° sur le plateau et les villages – hameaux qui le parsèment. Nous pique-niquons quelques centaines de mètres plus loin auprès d’une borne géodésique (PC 1154). La végétation est faite de buis odorant et de bruyères. Par des sentiers et une petite route nous descendons au SW pour parvenir sur un cheminement forestier en balcon au-dessus de la vallée de Mérial. Le chemin n’arrêtera pas de monter jusqu’à atteindre notre lieu de bivouac sous la station de Camurac à proximité de la piste qui circule à travers les estives recouvertes de gentiane. A près de 1530 m d’altitude, dans la brume et l’humidité, la fraicheur nous prend. Pas de quoi décourager les quelques-uns qui vont se toiletter dans le ruisseau alentour. Au moment où je commençais à me dévêtir, en contrebas, une guimbarde descend la piste, un homme me voit et me demande si je n’ai pas vu ses vaches. En finissant la montée, j’ai effectivement entendu des cloches… Il me pose des questions précises auxquelles je ne peux pas répondre : combien, où, quand ? Il repart un peu désabusé 😊. Le dîner est vite avalé et chacun va se réchauffer comme il peut sous sa tente. La brume n’aura pas fini de descendre et de dissimuler les belles pentes qui tombent dans notre vallon. La petite station de Camurac est juste derrière la crête au nord de notre bivouac.

Jour 3 : sud station de CamuracMontségur 25 km – 609m D+ – 1270 D- 9h de déplacement

Au réveil, toujours pas d’amélioration : gris pesant et brumes. Pas de quoi refroidir l’ardeur du groupe. Après avoir plié le bivouac en moins d’une heure trente (y’a pas le feu !) comme tous les matins à venir, nous reprenons la piste qui monte par de belles courbes à la petite station. Parvenus au point haut, on la voit enfin : trois remonte-pentes, quelques chalets assez récents, rien de monstrueux. La saison a été bonne avec beaucoup de neige me dira la gérante de l’épicerie à Camurac. Je cherche un peu le chemin pour sortir de la station. Il est vite trouvé : il commence à serpenter dans l’estive avant de plonger dans la sapinière. Avant la descente, on a l’occasion de faire un peu de lecture de paysage : au SW, Prades et Montaillou, à l’ouest, Comus, et au NW, Camurac. On devine bien la vallée et le chemin entre Camurac et Montaillou. Il s’agit bien du « Montaillou, un village occitan » d’Emmanuel Leroy-Ladurie. Très célèbre ouvrage de l’historien dans les années 70, racontant, à travers les témoignages des habitants du début du 14ème siècle lors des interrogatoires menés par l’inquisiteur et évêque de Pamiers, Jacque Fournier, le quotidien de l’époque en Haute-Ariège. Au-delà du relevé des faits religieux – l’extirpation du catharisme de ces populations – le Registre d’Inquisition rédigé par l’évêque témoigne des croyances païennes de cette communauté montagnarde et de leur quotidien. Ça m’a donné envie de lire cet ouvrage emblématique de ce qu’on a appelé la Nouvelle Histoire.

Montaillou

Petit ravitaillement à Camurac dans l’épicerie multi-services (là encore) : du bon pain et de la bonne tomme de vache 😊. Le chemin se poursuit par une petite route jusqu’à Comus et l’entrée des gorges de la Frau. A noter à Comus, le très bon panneau d’information sur les vautours qui habitent les sommets alentours. Depuis Camurac nous suivons l’Hers qui prend sa source au SW avant Prades sous le col de Marmare. Cette petite rivière ne deviendra jamais grande mais longue pour sûr puisqu’elle se jettera dans la Garonne à Toulouse après 89 kilomètres d’un parcours qui lui fera traverser Bélesta, Mirepoix et d’autres bourgs audois et de Haute-Garonne. Nous déjeunons juste à l’entrée des gorges de la Frau. Normalement cela aurait dû être notre rampe de lancement vers les sommets de la Montagne de Tabe à plus de 2200 m. Hélas, au vu de la météo du matin et des sommets beaucoup plus bas déjà bouchés, j’ai décidé de renoncer à la grimpette pour suivre un plan B avec Montségur en cible par le chemin des gorges. Car même si le temps semble s’éclaircir à la mi-journée, il est trop tard pour s’embarquer dans les 1100 de D+ qui nous mènerait à l’étang de Tort, lieu du bivouac prévu à près de 2100 m d’altitude… A fortiori chargés comme nous le sommes. L’étape que j’avais dessinée était décidément trop ambitieuse. La route vers Montségur ne sera pas malgré tout une sinécure….

Gorges de Frau

Vue sur Peg et château de Montségur

Le cheminement dans des gorges très abruptes est de tout repos et de toute beauté. Très resserrées au début avec des parois qu’on touche presque des mains (j’exagère un peu), elles s’élargissent un peu en aval avec l’apparition de falaises de plus de 100 m de vertical et ce de chaque côté des gorges. L’Hers coule toujours au milieu. Après 2-3 km de chemin de rêve nous retrouvons une petite route qui nous amène en pente douce au Pelail, à la confluence de l’Hers et du ruisseau des Rivels. Il nous reste en gros que 5 km pour parvenir à Montségur mais également 500 m de D+ à avaler en 3 km sur un sentier en forêt recouvert d’argile bien mouillé par les dernières pluies. Un bel effort final donc. Chacun grimpe à son rythme et les chamois sont de sortie. Une bonne pause au sommet de la montée est vraiment la bienvenue. Un beau cheminement forestier en pente douce prend la place de ce gros coup de cul. Ouf ! Au détour d’un virage, on devine à l’est à travers les arbres, le peg de Montségur couronné de sa forteresse…. Un peu plus loin, j’ai juste le temps de voir à 50 m un sanglier traverser notre sentier. Une mère. On s’immobilise aussitôt et là le miracle s’accomplit : ses 5 marcassins s’avancent vers nous (tjs à 50 m) et s’immobilisent à leur tour 3,4 secondes tout en nous fixant. Puis c’est la débandade. Les deux plus courageux prennent le chemin emprunté par leur mère, les deux autres à une seconde d’intervalle partent par derrière laissant le cinquième seul et indécis l’espace d’une seconde, avant qu’à son tour il prenne la décision de suivre ses deux frères/sœurs. Une scène de dessin animé, vraiment 😊 Patrice a juste eu le temps de l’immortaliser sous forme de vidéo. Je pense qu’elle pourrait devenir virale. Rien que cette scénette de pleine nature justifie le déplacement et le séjour. Tous un peu émus par le spectacle qui vient de nous être proposé, nous parcourons les deux km restants. L’observation de la carte me montre un espace plat en amont de Montségur près du ruisseau du Lasset. Pascal et moi partons en reconnaissance ; le lieu nous est confirmé par un couple qui a posé son van après le pont enjambant le ruisseau. A 100 m en amont nous tombons sur un bel endroit de bivouac près de l’ancienne ruine d’un moulin. Le couvert végétal au sol et dans les airs est impressionnant. Nous montons rapidement le camp avant de penser au rafraichissement. Le ruisseau qui coule à cet endroit en rapides remplit de nombreuses vasques propices au bain et à la relaxation. Le froid mordant de l’eau ne nous pose aucun problème. Ragaillardis par le bain, nous nous apprêtons à préparer le repas lorsque nous voyons débouler un camion-benne : monsieur le Maire en personne qui vient se débarrasser d’un peu de terre-déchet. Il nous apprend que ce lieu n’est pas autorisé au bivouac et qu’il nous faut plier le camp sur le champ. Il aurait fallu voir nos têtes ! J’essaie de l’attendrir un peu avec de pauvres arguments … Bon gars, il nous fait un chut de la main et nous dit qu’il ne nous a pas vu. Le bivouac est sauvé et la journée riche en émotions peut se terminer paisiblement. Pas tout à fait puisque nous décidons après le repas d’aller visiter Montségur distant d’un km environ. Le village est pittoresque à souhait, d’une grande homogénéité architecturale. On s’y sent tout de suite bien. Surtout que nous passons devant la boulangerie dans laquelle s’affaire un boulanger qui prépare sa pâte de la fournée à venir. Il ne vend pas encore de pain mais commercialise malgré tout des bières artisanales que nous boirons tranquillement sur la petite place toute proche juste devant la petite église du village. Manque de chance, le jour suivant, un mercredi, est le jour de fermeture de la boulangerie. Le pain qu’il fabrique ce soir-là est destiné aux clients gîtes ou restaus….

Entrée des gorges de Frau

Papillon

Montée vers Montségur

Jour 4 : Montségur ouest Bélésta 18,7 km – 575 m D+ – 910 D- 6h30 de déplacement

Le changement d’itinéraire nous dégage un peu de temps pour visiter le château qui surplombe de près de 300 m le village. Je change également le point de chute de la journée qui sera plus proche de Bélesta que celui prévu initialement. Il sera également au bord de l’Hers quand le précédent était plus haut dans les collines au col des Bonassous. Nous dissimulons nos sacs derrière une haie à l’amorce de la montée. J’ai une petite pensée émue pour tous les visiteurs qui montent en espadrille avec des enfants sur les bras ou les épaules 😊 : la montée est assez raide. A mi-pente nous passons devant la caisse : fermée. Heureusement car la visite est annoncée en bas à 7,50 euros par adulte. « Si la caisse n’est pas ouverte à votre passage alors c’est gratuit » me confirme l’employé à la redescente. Elle ouvre à 10h…. Quand on est au pied du château, les murailles sont impressionnantes. Très hautes et à la maçonnerie parfaite. Bon c’est une citadelle sans fioriture, seul le donjon laisse apparaitre encore une fenêtre à meneau. Ce n’est pas le refuge des derniers cathares aux alentours de 1240… Le château comme celui de Puivert fut construit après la croisade, au cours du 14ème siècle comme autant de sentinelles sur la frontière avec l’Espagne. La croisade sous couvert de lutter contre une hérésie religieuse était en fait une guerre de conquête visant à exclure les comtes de Foix et de Toulouse de leurs fiefs. Au milieu du 13ème, c’était chose faite et de nombreux nobles du nord de la France s’attribuèrent ces vastes territoires. Il reste sur les pentes nord du château les vestiges des habitations des derniers cathares, membres du clergé – parfaits/parfaites/bonshommes ou simple croyants. Leur vie était en sursis et s’acheva pour 244 d’entre eux sur le bûcher en mars 1244.

Village de Montségur vu du château
Le château

Le peg de Montségur est un merveilleux promontoire offrant des vues à 360° sur une grande partie de l’Aude. Nous voyons au SW le massif de Tabe avec ses deux sommets emblématiques , le pic de St Barthélémy et le pic de Soularal. Au NE, nous voyons au loin Bélesta… Au SE Camurac et le plateau de Sault en arrière-plan. Les photos s’accumulent dans nos smartphones. Nous parvenons au bout de deux heures à nous arracher à ces visions. Il nous reste une quinzaine de kilomètres avant le prochain bivouac. La descente va se faire par de beaux chemins en balcon ; les murailles est du château restent longtemps visibles…. Les gens de la FDRP de l’Ariège doivent certainement se consacrer aux multiples chemins de randos de la haute montagne ariégeoise car le GR que nous foulons est envahi par les fougères et la trace est à peine visible. Comme la veille, la pause méridienne est l’occasion de faire sécher nos tentes. Le cheminement se poursuit par des sentiers à peine visibles et toujours recouverts d’une végétation importante. Finalement le sentier redevient visible dans la grande descente forestière vers Fougax et Barrineuf et la vallée de l’Hers. Après s’être ravitaillés en eau, à la sortie du village, nous continuons le GRP en direction de Bélesta en longeant l’Hers à la recherche d’un lieu de bivouac. Tous les prés qui s’offrent à notre convoitise sont privés. Je demande à Pascal de faire une petite reco sur la rive droite de l’Hers. Il adore ! Il revient quelques minutes plus tard, photo à l’appui avec une bonne proposition. Nous le suivons donc dans la descente hors-piste vers la rivière que nous traversons à gué.

L’emplacement est typique de berges avec une forêt de petits saules et d’aulnes ; le sol est recouvert d’une belle végétation de sous-bois. On achète sans discuter la proposition 😊

Le bivouac

Nous prions pour que nos amis mouches, fourmis et taons soient discrets. Tout au long de la soirée nous vérifierons qu’ils le seront. Après une bonne toilette réparative et un bon dîner qui ne l’a pas moins été (y compris le bon Cuba de Patrice – merci Patrice !), nous revenons sous nos tentes en prenant soin de ne pas laisser trop de passages aux amis susnommés. La nuit s’annonçait donc bien. Las ! C’était sans compter sur les orages qui allaient éclater vers 1 heure du matin. A peine le premier terminé et son déluge calmé un deuxième éclatait à nouveau : il avait tourné dans la cuvette de Bélesta ! La météo du jour ne laissait pas deviner ce retour des intempéries. Du coup, un peu inquiet (sous la tente la pluie semble plus importante qu’elle ne l’est vraiment) je me couvre pour aller vérifier si le lit de la rivière est toujours à son niveau et que nos tentes résistent bien. Personne ne répond à mes questions mais tous sont réveillés 😊 Fausse alerte, l’eau n’a pas monté et je peux me recoucher plus serein.

Jour 5 : ouest Bélésta-Puivert 24 km – 596 m D+ – 642 D- 7h de déplacement

La belle météo de la veille – notre seule journée de soleil – n’est plus qu’un souvenir. La pluie, plutôt une bruine soutenue, va nous accompagner toute la journée. Nous regagnons la rive gauche de l’Hers et le GRP vers Bélesta en profitant de l’aménagement du gué que nous a concocté l’ami Pascal. La petite halte dans la boulangerie de Bélesta pour un petit café-viennoiseries nous fait oublier l’humidité et la fraicheur ambiante. Ces petits commerces, uniques souvent dans leur village sont bien des lieux de convivialité où les gens se retrouvent. Ils offrent généralement des services multiples – points-colis, bureau de poste, boulangerie, épicerie, maison de la presse… – qui font qu’il est encore possible de continuer à vivre dans ces petits bourgs isolés. Nous avons une bonne discussion rugbystico-cynégétique mélangés avec quelques villageois sympathiques.

Passage à gué

Mais il faut s’arracher pour finir la boucle. Comme souvent, sortir d’un village aux multiples possibles est toujours un peu difficile pour l’animateur. Cette fois-ci encore, je n’y coupe pas. Il me faudra quelques minutes pour remettre tout le groupe sur le bon chemin. A ma décharge, le tracé original du GRP qui figure encore sur la carte a été supprimé sur le terrain… On devine de proche en proche les balises effacées sur les arbres ou les poteaux EDF. Comment expliquer une telle disparition ? A cause d’une nouvelle emprise agricole et de la fermeture de chemins par des agriculteurs ? Du coup la suite du cheminement jusqu’au petit hameau du Pasquet, pause méridienne, est modifiée et nous continuons à suivre une petite route sympa. Nous déjeunons à l’abri dans une grange en train d’être réaménagée en habitation. Je garderai longtemps le lieu en mémoire car c’est là que Pascal a posé cette question métaphysique qui restera associée à ce séjour 😊  : « Est-il moral de manger un jésuite en pays Cathare ? » 😊 😊 Le gâteau en question avait été acheté le matin-même dans la bonne boulangerie de Bélesta…. Le dernier après-midi de rando ne sera pas aussi facile qu’espéré. Nous abandonnons au bout de 2 km le GRP qui n’existe plus pour continuer sur des chemins eux aussi disparus ou à l’abandon, sur près de trois kilomètres. Les chaussures et plus encore sont désormais trempées. L’herbe arrive souvent au-dessus des genoux… Finalement nous parvenons à une ferme dégueu qui clôt ces cheminement difficiles. C’est la dernière ligne droite qui redescend sur Puivert après un dernier coup de cul après La Calmette. Nous voilà redescendus dans la cuvette à Campsaure à deux kilomètres du camping que nous atteignons sous une bruine toujours généreuse.

C’est la fin de cinq belles journées de rando et de bivouacs dans ce petit pays des confins, dans une nature généreuse et aux paysages variés.

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Séjour n°12 Escapade en Luberon

du 11 juin au 17 juin 2022

Carte utilisée : 3242OT (non à jour par rapport au terrain), éditions openrunner pour quelques parties des J4 et J5 non sur la carte, topoguide : Tours dans le Luberon et les monts du Vaucluse
Animatrice : Mady
Nombre de participants : 12 animatrice comprise (7F, 5H)
Classement Atlas du séjour : facile sauf J 5 moyen.
Kilométrage pour 3 voitures : 2609 km comprenant, l’aller Clermont Fd / Rustrel, les déplacements sur place (aller retour Rustrel/Oppeddette, Rustrel/Apt, AR Apt /Saignon) et le retour Apt /Clermont-Fd. Météo : temps très chaud entre 20° les matins à 38/39° les après-midis.
Les données kilométriques et altimétriques des randonnées sont le résultat du calcul du logiciel de cartographie openrunner.
Temps de préparation et rédaction: 80h.

 

JOUR 1 samedi 11 juin
Trajet voitures : départ de Clermont Ferrand à 7h. Arrivée au Colorado provençal de Rustrel à 13h
Nommé ainsi pour sa couleur, colorado en provençal veut dire « qui est coloré », le Colorado provençal est un ancien site industriel, exploité de la fin du XVII e siècle jusqu’en 1992, pour extraire l’ocre. Il y a plusieurs millions d’années, la mer alors présente en Provence se retire en laissant derrière elle des bancs de sables enrichis d’une argile ayant pour particularité de contenir du fer, la glauconie. Les pluies abondantes et la circulation de l’eau dans le sous sol forestier provoquent l’altération de ces sables qui ont pris selon la proportion d’oxyde de fer ou autre métaux, des couleurs qui vont du gris au vert, en passant par le jaune et le rouge. Pour encore plus de contraste, des sables blancs complètent la gamme des couleurs.
L’ocre comptait 2 utilisations principales : épaissir le caoutchouc (rondelles des bocaux) et servir de pigments (utilisation toujours d’actualité), mais l’arrivée des colorants synthétiques concurrença les ocres naturelles et après un long déclin, l’exploitation s’arrêta peu à peu.
Devant la variété de couleurs et de paysages, une association se forme en 2009 afin de sauvegarder le site et démarre alors une exploitation touristique.
Après le pique-nique pris à l’abri de l’ombre des arbres car il fait plus de 30 degrés, nous partons à la découverte de ce site. J’avais prévu de faire le circuit du Belvédère qui est le plus long, mais en raison des risques d’incendie, seul le petit circuit (circuit du Sahara) est ouvert.

 

 

Dans le Sahara provençal

Durée : 40 nm, distance : 2,1 km, dénivelé : 10 m. Une promenade pour des Atlassiens ! C’est donc d’un pas de sénateurs que nous admirons ces paysages aux différentes couleurs.

 

 

Ancien canal. Vestige de l’exploitation de l’ocre

Il est encore tôt lorsque nous avons terminé. Nous reprenons les voitures pour aller au centre du village de Rustrel où se situe notre hébergement. Peu d’activité dans le village mais un bar est ouvert et sa terrasse sous les platanes est bien agréable pour un rafraîchissement avant l’installation au gîte. Après la présentation de la semaine et des parcours que nous allons effectuer, ce 1er soir commence par la dégustation en apéritif de l’incontournable et succulent pâté de Jean Louis suivie d’un copieux repas pris en extérieur dans un petit amphithéâtre, et se termine par un petit tour du village avant de regagner les chambres.

 

JOUR 2 dimanche 12 juin
Destination les gorges d’Oppedette et ses environs puis retour au gîte. Distance : 20 km. Dénivelé : 500 m. Durée : 8h.
Randonnée : Les gorges d’Oppedette, Pont du Grand Vallat, Oppedette, la Grange des Davids, Boulinette, Valsaintes, L’Abbadie, le Saut du Moine, Oppedette.
Ayant pu prendre le petit déjeuner assez tôt nous partons du gîte avant 7h45 et pourtant les voitures affichent déjà une température de 21degrés. Le parcours aller jusqu’à Oppedette nous permet de découvrir à l’horizon Viens et son château ainsi que les paysages boisés des monts du Vaucluse et le Mourre Nègre que nous gravirons dans quelques jours. A l’entrée d’Oppedette, nous nous garons tout à côté du parking du belvédère en travaux en essayant de faire en sorte que l’ombre protège les voitures toute la journée. Depuis 2009, de nombreux travaux d’aménagement et de protection ont été réalisés pour permettre la préservation et la découverte de ces magnifiques gorges de 2,5 km de long, 140 m de large et 200 m de profondeur par endroits. Cet espace naturel sensible abrite de nombreuses espèces de chauve-souris, des rapaces diurnes et nocturnes et des fleurs protégées.

 

 

Descente dans les gorges

 

 

Nous commençons immédiatement la randonnée par la descente dans le canyon en suivant un sentier accroché à la falaise. Les passages délicats sont bien sécurisés par des mains courantes et les plus à l’aise dans ce genre d’exercice aident ceux qui ont un peu d’appréhension.

 

Face à la paroi à l’aide d’une main courante

C’est la rivière Calavon qui coule au fond des gorges. Son nom signifierait « Rivière de Pierre ». Elles sont en effet en majorité et la rivière est réduite à quelques vasques. C’est le soulèvement de la montagne de Lure et du plateau de Vaucluse qui ont entraîné l’enfoncement du canyon entaillant l’épaisse série des calcaires qui constitue la grande masse des monts de Vaucluse. Arrivés au fond des gorges nous suivons vers l’aval, sur environ 300 m, le lit de la rivière.

 

 

Le fond des gorges

Le lieu avec ses grottes creusées par les eaux, ses gros rochers rappelle beaucoup les canyons de la Sierra de Guara où Atlas a effectué de nombreux séjours canyoning. Un sentier bordé d’arbres, de petits gués, encore quelques passages câblés nous amènent jusqu’au Trou des Condamines. Là s’arrête le cheminement dans le fond du canyon et il faut remonter rive droite par une pente assez raide mais bien à l’abri des arbres et donc du soleil et où encore de nombreuses mains courantes aident à se hisser.
Dernier passage sympathique, l’Aven de l’Échelle (sorte de grotte tunnel équipée comme son nom l’indique d’une échelle) qui permet de ressortir sur une longue corniche aérienne qui offre de belles vues sur le canyon et le village.

 

 

Aven de l’échelle

Entre taillis de chênes, buis, genévriers, un chemin confortable serpente en balcon et seuls quelques passages pierreux nécessitent un peu d’attention. De belles trouées dans la végétation permettent de profiter d’une vue plongeante sur les gorges.

 

 

Vue générale des gorges

Nous descendons progressivement vers le pont de la Blaque qui permet de traverser le Calavon. Nous nous retrouvons ainsi à nouveau rive gauche et remontons toujours grâce à de petits chemins bien ombragés vers le parking du belvédère. Un dernier regard aux gorges avant de poursuivre vers le village d’Oppedette. Un ravitaillement en eau au cimetière pour certains, à la fontaine du village pour d’autres et nous continuons sur les GR 4-GR6 qui après une petite partie sur chemins, suivent malheureusement la D201 que nous quittons ensuite pour une petite route qui remonte vers la Grange des Davids. Là nous retrouvons des chemins et même s’ils sont en partie très ensoleillés c’est tout de même plus agréable pour les pieds ! Et puis sous la chaleur, nous profitons des effluves du thym qui les bordent. Après la pause pique-nique à l’ombre d’un bosquet nous retrouvons les GR. Le parcours vallonné jusqu’à Boulinette et l’ancienne abbaye de Valsaintes alterne entre ombre et soleil et se poursuit agréablement jusqu’à la D201. Après la traversée de celle-ci, nous continuons à nouveau sur du macadam (D451) en direction de Valsaintes. A hauteur du camping, Régine victime d’un dérangement intestinal depuis le matin décide de nous attendre là en compagnie d’Elisabeth un peu fatiguée par le passage du matin dans les gorges. Promis nous repasserons les prendre sur le chemin du retour ! Sous une belle allée de platanes, le reste du groupe repart sur un chemin en direction du Saut du Moine, lieu caractéristique sur le Calavon.

 

Le saut du moine

La légende raconte que pour échapper à la terreur de la fin du XIV°siècle, un moine de l’abbaye de Valsaintes aurait sauté à cheval d’un des rochers qui surplombent le Calavon. De nos jours, quelques vasques plus ou moins remplies d’eau selon la saison, de grandes dalles de pierre, en font un lieu de pique-nique et de baignade pour les gens de la région. En ce dimanche, quelques personnes essaient d’y trouver un peu de fraîcheur. Une petite pause boisson et nous repartons toujours sur un chemin jusqu’à retrouver à nouveau la D201 qu’il nous faudra suivre jusqu’à l’entrée d’Opeddette. Dans le village, nous prenons d’assaut la fontaine pour une grande séance de rafraîchissement. Certains iront même jusqu’à tremper la tête dans le bassin. Un dernier effort pour sortir du village et remonter aux voitures. Il est temps d’aller récupérer nos deux camarades. A 17h c’est fait et nous prenons la direction de Simiane-la-Rotonde petite cité médiévale située sur un piton rocheux. Compte tenu de l’heure nous ne pourrons pas visiter le château et sa magnifique rotonde mais nous parcourons les rues étroites et escarpées, découvrons belles façades, portes sculptées, fenêtres ouvragées et un magnifique panorama sur la plaine et les champs de lavande qui commencent à bleuir.
Au gîte une bonne douche, remet tout le monde en forme pour un excellent repas pris à nouveau dans l’amphithéâtre. Puis il est temps de préparer les sacs pour l’itinérance de 4 jours. Avec la chaleur annoncée, vêtements chauds et de pluie resteront dans les voitures.

 

JOUR 3 lundi 13 juin
Départ de Rustrel pour une itinérance de 4 jours.
1ere étape Rustrel/Cereste. Distance : 19 km. Dénivelé positif : 470 m. Dénivelé négatif : 500 m. Durée : 7h.
Parcours : Rustrel, La Croix de Christol, St Amas, St Laurent, Viens, l’Homme Mort, l’Arconade, D 33, Céreste.
Si nous voulons déjeuner tôt et partir avec encore un peu de fraîcheur, il nous faut aller chercher le pain et les viennoiseries à la boulangerie. Pas de problème, Jean Marc et Daniel se sont portés volontaires. Ainsi nous pouvons déjeuner dès 7h et prendre le départ à 8h.
Hier suite à échange avec le gérant du gîte, j’ai décidé de modifier le parcours, celui initialement prévu étant très ensoleillé. Sur ses conseils, je vais suivre le GRP plus ombragé ce qui nous fera au début longer le Colorado Provençal et ainsi découvrir une partie complémentaire à celle que nous avons vue samedi. Je ne regrette pas la modification car en effet le parcours se révèle très agréable dès que nous rejoignons le GRP. Après avoir traversé la Doa petit ruisseau affluent du Calavon, nous nous retrouvons à couvert dans une forêt de chênes et de pins bordée par les ocres au fur et à mesure que le chemin s’élève et nous amène sur le plateau. Les cultures remplacent la forêt. Des céréales mais surtout des champs de lavande en début de floraison ; dommage, la couleur bleue n’est pas aussi vive qu’on le souhaiterait pour les photos.

 

 

Champ de lavande

Le ciel légèrement couvert, un peu d’air nous permettent de bénéficier d’une relative fraîcheur et ce n’est qu’en approchant de Viens (village que nous avons traversé hier en voitures) que nous retrouvons le grand ciel bleu et à nouveau la chaleur. Une visite à l’épicerie encore ouverte pour acheter des bouteilles d’eau bien fraîches, le déplacement de 2 bancs du soleil à l’ombre sur la place où trône le monument aux morts et la pause pique nique peut avoir lieu. Elle sera complétée par certains par un café pris au restaurant le plus proche avant de repartir. A la sortie du village, on retrouve un étroit chemin en corniche qui serpente au milieu des buis et des chênes tantôt ombragé, tantôt très ensoleillé, et dans ce cas, des bouffées de chaleur remontent des pierres qui le pavent par endroits. Dans les trouées, on aperçoit dans la vallée, le jaune des céréales et de l’herbe sèche, le bleu de quelques champs de lavande.

 

Progressivement nous descendons en altitude et arrivons au niveau de la D33 qu’il nous faut suivre sur 1,500 km. Faite à bonne allure, cette partie de route en plein soleil paraît finalement assez courte. Ensuite, une ancienne voie ferrée ombragée, doit nous amener jusqu’à l’entrée de Céreste avec le passage par un tunnel mais nous arrivons à l’entrée du village sans l’avoir emprunté. Des promeneurs nous confirment qu’il existe bien mais nous n’avons pas vu de bifurcation. Pourquoi, problème de signalisation, de chaleur, de facilité dans le cheminement ? Nous ne répondrons pas à cette question, personne n’ayant envie de faire demi- tour. Il est encore tôt et nous nous installons à la terrasse d’un bar à l’ombre des platanes en attendant l’heure d’appeler la responsable du gîte. Nous y rencontrons un randonneur solitaire qui lui aussi attend que l’hébergement soit ouvert. Peu avant, accompagnée des féminines du groupe, je vais faire les courses pour le petit déjeuner et une partie du pique-nique du lendemain car la restauration n’est pas organisée par le gîte. Pour le repas du soir, c’est le restaurant l’Aiguebelle tout proche qui nous accueille. Dans le menu proposé, chacun peut choisir ce qui lui convient. Encore un bon repas avant une nuit réparatrice

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JOUR 4 mardi 14 juin. Distance : 20 km. Dénivelé positif : 550 m. Dénivelé négatif : 400 m. Durée : 7h.
Parcours : Céreste, le prieuré de Carluc, ravin d’Aiguebelle, Montjustin, Luzerne, ravin du Gancet, Carbonnel, Vitrolles-en-Luberon.

Après le petit déjeuner, préparé en commun et pour lequel Jean Marc et Daniel ont encore été sollicités pour aller chercher le pain frais et les viennoiseries, direction la boulangerie pour acheter pizzas, sandwichs ou fougasses pour compléter le pique-nique du jour. Ensuite c’est le vrai départ avec pour 1er objectif situé au nord est du bourg, le prieuré de Carluc. A la sortie du bourg, nous passons sur le pont de la Baou (colline, falaise, escarpement, en provençal), classé monument historique romain en 1862, alors qu’il est en réalité roman car construit en 1740. Il permet de franchir l’Encrême affluent du Calavon. Jusqu’au prieuré nous suivons une petite route qui monte légèrement. Il est tôt mais il commence à faire chaud. Aussi quel plaisir d’arriver au Prieuré lieu isolé et silencieux dans un écrin de verdure. Nous prenons le temps de découvrir le site aux ruines lourdes d’histoire.

 

 

Eglise sur le site de l’abbaye de Carluc

La proximité de l’ancienne Via Domitia en fit une étape au Moyen-Âge pour les pèlerins sur la route entre l’Espagne et l’Italie. Mais c’était un lieu de culte sans doute plus que séculaire à l’époque médiévale puisque le prieuré jouxte une petite falaise, creusée de galeries, d’habitats rupestres et de tombes.

 

A droite et à gauche de la photo tombes sur le site de l’abbaye

Après la visite, nous reprenons la direction sud. Pour éviter une partie du macadam faite à l’aller, je propose d’emprunter un chemin présent sur la carte mais non balisé informant toutefois que je n’ai pas vu son débouché à l’aller. Peut être une petite partie de hors piste à prévoir ! En effet, au bout de quelques mètres la sente disparaît mais la végétation peu importante reste facilement franchissable jusqu’à l’arrivée sur la route. Le GRP « Autour du Luberon et des Monts du Vaucluse » que nous allons suivre est juste un peu plus bas. Arrivés au niveau de la rivière Aiguebelle, 2 possibilités pour rejoindre Montjustin, le chemin par la vallée ou celui des crêtes. C’est ce dernier que nous empruntons et la progression s’effectue vers le village avec des montées plus ou moins raides. Depuis le plateau on a une vue plongeante sur la vallée de l’Aiguebelle et les belles propriétés agricoles. A Montjustin, charmant hameau, une habitante en promenade nous indique où se situe la fontaine. Elle est bien sûr à l’autre entrée du village. Quelques courageux ou les plus inquiets sur leur réserve en eau pour la journée, n’hésitent pas et font l’effort d’y aller, les autres patientant à l’ombre d’un arbre. Après cet intermède, le groupe se reforme, descend à nouveau sur la rivière Aiguebelle puis attaque une nouvelle montée. Nous longeons un enclos où au moins 2 patous montent la garde. Que protègent ils ? Je pensais qu’il s’agissait de moutons mais d’après certains il semblerait que ce soit des chevaux. En haut de la côte un carrefour de chemins à 627m d’altitude, dénommé Luzerne, dernier point haut de la journée. Trois voitures appartenant au parc du Luberon et à l’office des forêts y sont garées. L’endroit est plat, l’ombre suffisante, il y a un peu d’air, ce sera le lieu du pique-nique. Peu après conducteurs et passagers des voitures reprennent possession de leurs véhicules. Avant de partir, l’un d’entre eux nous recommande de ne pas fumer ! Nous le rassurons ce n’est pas dans la pratique du groupe. La pause terminée nous nous engageons sur un très petit chemin qui serpente dans une forêt assez touffue dans le ravin du Gancet. Contraste avec le paysage précédent, sensation d’humidité, beaucoup de lichens sur les arbres. Des nuées de papillons volent devant nous et vont même jusqu’à nous percuter. Brusquement le GR fait un coude, descend par un passage rocheux dans ce qui semble être le lit à sec d’un ruisseau. Quelques mètres encore à couvert des arbres puis nous débouchons sur une large piste au sol blanc. A partir de là, il faudra marcher au soleil et faire plusieurs pauses boisson sous les arbres en bord de piste car c’est avec ce type de terrain accompagnés par le chant des cigales que nous descendons vers Vitrolles blotti sous un gros rocher le Castellas. Le village n’est pas grand et nous trouvons rapidement le gîte. Comme tous les jours sous ces fortes chaleurs, la première préoccupation à l’arrivée est de se désaltérer puis de découvrir notre lieu d’hébergement. Un peu de déception car le dortoir de 8 personnes est très étroit et la gérante refuse que l’on se répartissent dans le second dortoir alors que seulement 3 personnes dont 2 d’Atlas l’occupent. Tant pis, on s’adapte et des situations cocasses dues à l’étroitesse des lieux seront l’occasion de rigolades. Après le repas, nous partons faire le tour de village invités par une des petites filles de la gérante.

Notre petit guide de 8 ans remplit son rôle avec beaucoup de sérieux tout en surveillant son petit frère de 3 ans qui lui aussi fait partie de la visite et nous apprenons ainsi que le lavoir ne sert plus car les machines à laver le linge ont été inventées. Une pause devant la façade du Château du Pré où de temps en temps les gens du village sont invités à des apéritifs avant de nous diriger vers l’école, aujourd’hui lieu privé, dont le dernier élève est maintenant un vieux monsieur d’au moins 60 ans… Information non donnée et peut être non connue de notre guide : cette école aux quatre « indiscrets » (cabinets) a servi de cadre aux films La gloire de mon père et Le château de ma mère. Nous découvrons aussi quelques maisons aux façades colorées par les ocres du Luberon ornées de belles loggias et balcons.

De l’église St Etienne, fermée, nous ne pourrons qu’admirer l’extérieur dont son clocheton-mur à deux baies.

 

JOUR 5 mercredi 15 juin. Distance : 26 km. Dénivelé positif : 870 m. Dénivelé négatif : 1150 m. Durée : 9h.
Parcours : Vitrolles-en-Luberon, les Mines, les Roumis, Aire des Mascas, le Pas de Marseille, le Mourre Nègre, l’Amourralhadou, le Colombier, Saignon, Apt.
Après une bonne nuit malgré la chaleur et le manque d’espace, nous sommes prêts pour la plus grosse journée du séjour et la montée vers le point culminant du Luberon, le Mourre Nègre. Ce nom vient du provençal qui signifie « museau noir », le museau désignant un sommet de forme arrondie. Nous partons sous un ciel bien dégagé. La montée vers les crêtes qui précèdent le Mourre Nègre s’effectue d’abord en sous bois puis avec une portion plus ensoleillée entre les Roumis et l’Aire des Mascas. Mais progressivement le ciel se voile, et un léger vent du nord évite une chaleur trop élevée. Il n’empêche que de nombreux arrêts sont malgré tout nécessaires pour reposer les organismes et s’hydrater. Depuis les crêtes à la pelouse parsemée de sauge en fleur et de touffes de lavande, une vue panoramique s’offre à nos regards.

 

Arrivée sur les crêtes

 

Pelouse fleurie sur les crêtes

Au nord, un sommet plus haut que les autres et chauve de toute végétation, attire le regard : c’est le Mont Ventoux. De creux en bosses, et de bosses en creux, on progresse et on commence à apercevoir la tour hertzienne qui se trouve au sommet du Mourre Nègre.

 

Une pause avec le Mourre Negre dans le lointain

Il semble tout proche mais il faudra encore plusieurs descentes et montées avant d‘arriver à son pied et enfin à son sommet à 12h15.

 

Quelques photos de groupe et on redescend de quelques mètres pour trouver un endroit de pique-nique loin de l’antenne.
Ensuite par un sentier nous retrouvons une piste plus large et le GRP. Jusqu’au carrefour de l’Amourralhadou le cheminement s’effectue en courbe de niveau puis sur une pente courte mais raide pour passer de 953 m à 990 m. A partir de ce point, on perd régulièrement en altitude. Le chemin d’abord facile, se révèle un peu plus technique sur une partie de pierrier en plein soleil. Attentive à ce que chacun descende en toute sécurité, j’en oublie de faire des photos. Dommage ! Une pause réhydratation car le soleil revenu tape fort et la descente se poursuit en serpentant dans le bois. On traverse le vallon de Pétarelle et remontons sur le Colombier carrefour proche du hameau de Regain que l’on entrevoit à travers les arbres et où malheureusement le gîte d’étape n’existe plus. Il faut donc continuer jusqu’à Apt. A l’entrée de Saignon, la fontaine approvisionnée par une source est prise d’assaut. Tout le monde a besoin d’eau fraîche pour remplir les gourdes presque vides ou pour remplacer l’eau devenue tiède. Nous découvrons un peu du village en le traversant et passons notamment devant l’église romane Notre-Dame-de-Pitié ou Sainte-Marie-de-Saignon à l’imposante façade. Au Moyen-Âge, l’église était un lieu de pèlerinage pour tous ceux qui empruntaient la Via Domitia vers Saint-Jacques-de-Compostelle. Mais ce village mérite une visite plus approfondie. Je propose donc de revenir le lendemain lorsque nous aurons récupéré les voitures. A la sortie de Saignon c’est le GR 653D, qui va nous amener à l’entrée d’Apt par un charmant petit sentier. Il est 17h30 lorsque nous retrouvons la vie citadine et ses bruits. Sur une place bien ombragée, un bar a installé sa terrasse ; quoi de mieux pour y déguster le pot du séjour en récompense de cette longue journée. Les pieds meurtris pour certains, la fatigue bien présente pour beaucoup, c’est en bus gratuit que nous terminons le trajet jusqu’à notre hébergement qui se situe à l’opposé, à l’extrémité ouest de la ville. La conductrice devrait se souvenir longtemps de cette bande très bruyante qu’elle a gentiment attendue pour le dernier départ. Ce soir nous dormons à l’hôtel car l’hébergement initialement réservé a ensuite été réquisitionné par la mairie pour des réfugiés ukrainiens. C’est dans une ambiance confortable et chaleureuse que nous sommes accueillis. L’installation dans les chambres puis le repas pris sur la terrasse d’où nous apercevons Saignon perché sur son rocher, termine de façon très agréable cette journée.


JOUR 6 jeudi 16 juin.
Distance : 14 km. Dénivelé positif : 375 m. Dénivelé négatif : 200 m. Durée : 4h.
Parcours : Apt, le Fangas, Tourville, les Blaces, les Eyssablières, Rustrel.
Bien connue pour ses faïences et ses fruits confits, Apt située sur l’ancienne voie Domitienne, est arrosée par 5 rivières : le Calavon, la Dôa, la Riaille, la Marguerite, le Rimayon. Son centre-ville, groupé autour de la cathédrale Sainte-Anne, occupait jadis une île.
Pour ce denier jour, point besoin de charger les sacs car ce soir nous revenons dormir au même endroit. Une fois le petit déjeuner pris à nouveau sur la terrasse, la récupération des pique-niques effectués (merci à la propriétaire de l’hôtel qui s’est chargée au pied levé de les préparer), nous rejoignons la voie Domitienne devenue voie verte. Nous traversons ainsi tout Apt, en étant loin de la circulation. Le dôme de la cathédrale surmonté de la statue en bronze doré de sainte Anne semble à portée de mains. La sortie de la ville jusqu’à Le Fangas est un peu longue à mon goût et nous ne retrouvons les chemins qu’après avoir dépassé Tourville. Arrêtés à un carrefour, un habitant nous indique que nous sommes sur un terrain privé ! La discussion s’engage et informé de notre parcours, il nous dit que notre fin de parcours sera plus difficile que le Mourre Nègre. Plein d’humour ce monsieur ! Le parcours se poursuit sur le GRP « Autour du Luberon et des Monts du Vaucluse », en montée douce dans les bois jusqu’à un point côté à 894m. A travers les trouées dans les arbres on aperçoit sur le versant opposé notre point d’arrivée, le village de Rustrel. On descend en longeant le Colorado provençal et profitons au maximum des couleurs et des formes dessinées par la nature.

 

 

Cheminées en longeant le Colorado

                                                                      Chapelle Sainte Radegonde

Après la D22, finie l’ombre des arbres, nous voici dans les vignes que nous traversons pour retrouver une dernière portion de route qui remonte sur Rustrel. La boucle est bouclée ! Après le pique-nique pris sous les platanes et les voitures récupérées, nous repartons en direction d’Apt en prenant le chemin des écoliers. Un petit détour par la chapelle Ste Radegonde où nous serions passés si j’avais fait le choix de revenir à Rustrel par un parcours plus long.

Bien qu’un peu tourmentés, les chemins acceptent le passage des voitures ! Nous ne sommes pas loin de Gargas et pourrions aller visiter le dernier site d’extraction des ocres, mais nous avons aussi prévu de retourner à Saignon. On ne peut pas tout faire. Un passage à l’hôtel pour une douche et nous voilà repartis pour ce beau village perché. Nous déambulons dans les petites rues et places fleuries et passons par la porte des remparts et la rue de l’horloge pour aller au rocher de Bellevue.

Le rocher de Bellevue

 

 

Cette forteresse naturelle a servi d’appui à 3 châteaux-forteresses appelés château du Rocher, château Méjean ou Tortamolles et château Crugières, dont on aperçoit les ruines, notamment les remparts et les chemins de ronde. Depuis la table d’orientation on domine la vallée d’Apt et on peut apercevoir le Mont Ventoux, la montagne de Lure ainsi que les Alpes. L’abbaye Saint Eusèbe lieu privé ne se visitant pas, nous redescendons vers le centre du village et la place de la fontaine, ombragée et fleurie pour un dernier rafraîchissement. 

 

Place de la fontaine à Saignon


JOUR 7 vendredi 17 juin.
Retour Apt / Clermont-Fd.
A 8h30 tout le monde est prêt pour le départ. La maison des fruits confits étant située sur notre route à la sortie d’Apt, l’arrêt est inévitable. Après la dégustation et l’achat de différentes spécialités nous prenons définitivement la route du retour et arrivons à 17h à Clermont.

Terrain (en dehors des gorges) : de larges pistes caillouteuses, des chemins plus étroits dans les forêts, quelques pierriers, des portions de petites routes.
Végétation : chênes verts, chênes pubescents, érables de Montpellier et autres, pins, buis, lavande, sauge des prés, valériane des jardins, cupidone bleue, trèfle bitumeux, genêt d’Espagne.
Hébergements : une mention particulière pour le Luberon hôtel à Apt, très confortable et au personnel très attentionné. Hébergements corrects pour les gîtes de Rustrel et Céreste. Gîte de Vitrolles-en-Luberon plus spartiate.
Restauration : repas du soir copieux et de très bonne qualité. Petits déjeuners très complets. Avec la chaleur des salades auraient été appréciées aux pique-niques.
Groupe : bonne condition physique de tous les participants. Très bonne ambiance.
Incidents : néant
Photos : de Jean Marc, Pierre et Mady

 

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Séjour 7 Escapade en Aveyron

Date : 23 AU 25 AVRIL 2022
Animatrice :   Christelle
Nombre de participants :  12 animatrice comprise   (8F, 4H)
Météo : J1 ciel gris avec quelques vagues éclaircies, vent sensible sur le plateau puis à partir de 15h pluies orageuses jusqu’à la fin
J2 pluie et brouillard tout le parcours
J3 bien ensoleillé toute la journée


Terrain : J1 première partie sur sols secs , détrempés pour finir mais sans gêne pour cheminer
J2 de belles flaques ,chemins herbeux très humides, passerelles du lac bien arrosées mais non glissantes
J3 retour à des terrains secs

Parcours J1 18Km  678 m D+ 6h pauses incluses
J2 10 Km 112 m D+ 3H pauses incluses
J3 20 Km 680 m D+ 6h35 pauses incluses


Classement Atlas : Facile
Kilométrage auto : 680 k x 3 véhicules

ITINERAIRES : J1 Castelnau-Pégayrols,Castelmus, ravin de Carlesse,la Bise, PC 720, PC 687, Roquetaillade, Marzials, ruisseau de la Salesse, PC 625, PC 608, PC 649, Castelnau.
J2 Le Jouanesq, Puech de Font Frège, Le Vialla haut, ruisseau de la Niade, passerelle sur le lac de Villefranche, D528 Montplaisir, Alrance, le Jouanesq.
J3 Brousse le Château, pont sur le Tarn, les Clauzets, la Balmayrié, D902, pont sur le Tarn, Couffoulens, aller retour chapelle St Cirice, Puech Cani, La Palisse, Nouals, La Castié, Viales, Brousse .

Castelnau Pegayrol

Comme convenu le convoi des atlassiens a quitté le Crest samedi matin à 7h15 et après une petite halte en Lozère nous arrivons à Castelnau Pegayrols à 10H.Nous croisons les doigts pour que les mauvaises prévisions météo soient fausses mais le ciel est déjà bien chargé et l’air bien frais. Nous parcourons rapidement les ruelles de ce vieux village déjà occupé par un fort au Xème siècle. Il s’en dégage une atmosphère très moyen-âgeuse avec ces antiques maisons à colombages, les fenêtres à meneaux, les linteaux ouvragés ; le tout construit avec de belles pierres blondes ou rougeâtres. Nous admirons une reconstitution du village en miniature C’est bien dommage que l’horizon soit bouché car le site occupe un rebord de plateau où, par beau temps on peut profiter d’un panorama étendu sur le haut Languedoc, la Montagne Noire, les Monts de Lacaune ainsi que le Mont Aigoual. L’endroit mérite vraiment le détour.

Reproduction miniature de Castelnau

Nous plongeons ensuite dans la vallée de la Muze par une jolie sente qui serpente au milieu des châtaignIers, bon raidillon qui nous amène 300 mètres plus bas pour enjamber le ruisseau de la Muze puis remontons aussi sec jusqu’à un autre joli village ancien, Castelmus, implanté sur un éperon rocheux. Nous poursuivons la remontée pour sortir de la vallée et aborder un plateau où la vue porte assez loin ,on aperçoit le majestueux viaduc de Millau qui tente de sortir de la brume. Déjà bientôt 20 ans (2004) que cet édifice nous permet d’éviter les bouchons !

Le vent ainsi que quelques gouttes se faisant plus présents, nous profitons d’un petit bois de résineux pour pique-niquer rapidement à l’abri car il ne fait pas bien chaud ! nous poursuivons la traversée du plateau où nous admirons de nombreuses orchidées. Nous tombons aussi sur un amas de roches ressemblant fortement à un dolmen ce qui ne serait pas étonnant dans ce département qui détient la première place en France du plus grand nombre de mégalithes (1000 dolmens recensés).

Puis nous plongeons de nouveau dans la vallée de la Muse pour rejoindre un autre joli village ancestral ,Roquetaillade. Blotti au bord du ruisseau avec toujours d’antiques et belles bâtisses posées les unes contre les autres comme nous le verrons aussi au village suivant de Marzials où nous ne pourrons malheureusement guère flâner pour cause de belles averses orageuses .

Près du Puech de Font Frégé

La pluie ne nous lâchera plus jusqu’à la fin et c’est donc engonçés dans nos tenues soit disant imperméables que nous terminons la dernière heure…. trempés. Nous n’avons même pas pu terminer la visite de Castelnau …dommage….Départ pour le gîte sous une tempête de neige fondue avec une petite halte pour observer un sanglier qui voulait traverser la route et cherchait une solution pour nous éviter !

La douche chaude et un bon dîner seront les bienvenus, tout le monde garde le sourire malgré des prévisions météo vraiment pas terribles annoncées pour le lendemain.

Dimanche matin, pas de miracle !! brouillard et pluie sont bien présents…nous partons quand même pour entamer un parcours moins long que prévu car je ne vois pas trop l’intérêt de faire 20 kilomètres dans ces conditions et tout le monde pense la même chose !

Nous cheminons dans une jolie campagne verdoyante émaillée de nombreux puechs. Nous rejoignons la bordure ouest du lac de Villefranche de Panat .Cette étendue d’eau de 180 ha et 4 km de long fait partie des lacs du Lévézou et alimente la centrale d’Alrance inaugurée en 1952. Joli site notamment apprécié par les pêcheurs. Un sentier de 10 km comportant une longue passerelle sur l’eau permet d’en faire le tour. Cela nous permet de traverser et remonter vers le nord du lac toujours baigné de brume et de bruine..en chantant « Singing in the rain »nous tentons d’imaginer ce paysage sous un beau ciel bleu !! en tout cas le cheminement se fait sans encombre, plusieurs autres petites passerelles permettent d’éviter les zones plus humides.

Lac de Villefranche de Panat

Arrivée à Alrance…c’est la fête annuelle locale mais compte tenu de la météo, nous ne croisons pas grand monde, un monsieur nous dit « vous avez du mérite !! ».Nous profitons du hall d’entrée de l’église pour pique-niquer au sec ! reprise sans amélioration du temps. Comme nous sommes à proximité des voitures, je décide d’en rester là. Retour au gîte où nous prenons le mode « colonie de vacances » avec temps calme, jeu de société pour se réveiller et terminons quand même la journée sur une bonne note avec une sympathique visite de la Tour de Peyrebrune. Située sur un puech à 913 m d’altitude , elle est couronnée d’une galerie d’observation perchée à plus de 30 mètres de hauteur où le panorama est bien beau et très étendu. Siège de la seigneurie de Peyrebrune, elle a été rachetée en 1898 par des abbés qui ont aménagé escalier et chapelle ainsi que la vierge qui couronne le toit de la galerie. La brume s’étant un peu dissipée nous avons quand même un peu profité de la belle vue! nous avons été accueillis par le président de l’association de préservation du site « les amis de Peyrebrune » qui a pris le temps de nous donner pas mal de détails sur la tour et la vie locale.. ce site de 31 ha classé également espace naturel est vraiment beau avec ses énormes blocs.

Tour de Peyrebrune

Le parc de Peyrebrune

Lundi matin, bonne nouvelle, le soleil pointe enfin le bout de son nez. Nous reprenons les voitures, nous plongeons vers la vallée du Tarn et Brousse le Château.

Classé parmi les plus beaux villages de France, ce petit bourg médiéval s’est implanté sous le château perché sur une éminence rocheuse tombant en à-pics sur le Tarn. Les habitants y trouvaient protection en ces temps troublés par de nombreuses guerres (100 ans, guerre des Routiers, guerre de religion…) Chantiers de jeunes et initiatives privées ont pu redonner vie à Brousse en respectant le cachet de ses vieilles demeures, ses ruelles étroites et pavées coupées par des escaliers. Un superbe et vieux pont enjambe l’Alrance et a constitué l’unique accès au village jusqu’au 19ème siècle.

Belvédère chapelle saint Cyrice

Nous entamons notre parcours par une traversée du Tarn et remontons une sente bien verdoyante où nous pouvons apprécier la vue sur le château et ses remparts qui surplombent la rivière. Nous savourons le doux rayonnement du soleil ! quel contraste par rapport à la veille !! Nous rejoignons les bords du Tarn que nous longeons pendant un bon moment puis le retraversons pour entamer la montée vers notre beau belvédère du jour, la chapelle Saint Cyrice. Comme souvent maintenant, les portes sont closes mais nous sommes là surtout pour la vue. L’édifice est installé sur un éperon rocheux que nous remontons sur quelques mètres pour apprécier un large paysage et la vue plongeante sur un méandre du Tarn. Lieu idéal pour pique-niquer mais il est vraiment trop tôt ! Pour nous mettre en appétit, nous faisons une bonne remontée vers le plateau occupé par quelques hameaux disséminés au milieu des pâturages et des exploitations essentiellement dédiés à la fabrication du fameux roquefort.

Brousse le château

Agréable pause pique-nique, toujours sous le soleil, au milieu d’une marée de pâquerettes…en route nous traversons de vieux villages dont les maisons faites de la pierre locale doucement teintée de rouge sont bien belles ! mention spéciale pour la Castié qui avait beaucoup de cachet avec en prime un beau panorama ! un peu plus loin nous croisons un habitant en plein travail titanesque de rénovation qui nous explique ses déboires de chantier et prends le temps de nous indiquer une astuce pour rejoindre Brousse. Je suis ses indications et nous profitons d’une superbe sente inondée de grandes bruyères blanches , variété que personne ne connaissait. Ce sentier est également un très beau belvédère sur tout le village de Brousse et son château que nous rejoignons par une petite sente qui serpente entre les chênes et les buis. Nous prenons le temps de faire le tour de ce beau bourg médiéval et terminons ce séjour par une sympathique pause désaltérante. Je remercie encore tous les participants d’avoir gardé sourire et dynamisme malgré ces conditions climatiques très médiocres !!

Bain de bruyères arborescentes

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Séjour n°5 Tour de la chaîne des Puys en 24h.

Du samedi 09 à partir de 12h00 jusqu’au dimanche 10 avril à 13h00

Segment A. Marche nordique, allure modérée, de Volvic au manoir de Veygoux

Date : samedi 09 avril 2022
Animatrice : Mady
 
Météo : Temps frais mais ensoleillé au départ. Une averse de grésil en cours de parcours.
Terrain : terrain souple
Nombre de participants (animatrice comprise) : 15 (6F, 9H)
Durée de la séance : 2 h 15 environ (échauffement et étirements compris)
Durée du parcours : 1h45′
Distance : 9,98 km. Moyenne : 5,70 (montre GPS). Dénivelé positif : 415m (montre altimétrique)
Itinéraire : Parking des eaux de Volvic, vierge de Volvic, Puy de la Bannière, ouest de Beauvaleix, Monchebrou, ouest de Facemeunier, Croix de St priest, Charbonnières lesVarennes, parking du Manoir de Veygoux.

Groupe marche nordique allure modérée.

Pour cette 1ère étape du Tour de La Chaîne des Puys, 14 participants ont répondu présents, pour beaucoup des habitués de la marche nordique du samedi matin ( soutenue et modérée) mais aussi quelques-uns des séances de semaine. Un parcours un peu exigeant au début avec la montée à la Vierge de Volvic puis au puy de la Bannière. Une descente puis un chemin en courbe de niveau permettent de reprendre son souffle avant une nouvelle montée pour arriver à l’ouest de Beauvaleix. Sur le plateau, alors que nous n’avons plus les bois pour nous protéger, une petite averse de grésil se charge de nous rafraîchir. Regroupement à la Croix de St Priest avant de prendre la direction de Charbonnières-les-Varennes et du point d’arrivée, le parking du manoir de Veygoux où nous arrivons dans le délai prévu chaleureusement accueillis par les participants à la randonnée qui suit. Il nous reste à souhaiter bon courage à ceux du groupe qui continuent pour les étapes suivantes voire sur la totalité du parcours.


Segment B. Randonnée classique. Manoir de Veygoux, plaine sous le col de Ceyssat (aire d’atterrissage des parapentes)

Date : samedi 09 avril 2022
Animatrice : Christelle

Météo : correcte avec quelques averses de grésil.
Terrain : souple
Nombre de participants (animatrice comprise) : 28 (17F; 11H)

Après le manoir de Veygoux

Durée du parcours : 5h50 (déplacement), 4h47 (randonnée)
Distance : 24,9 km.  Dénivelé positif 550 m et 220m de dénivelé négatif.

Challenge vraiment sympathique que cette boucle autour des Puys avec lesquels nous avons joué à cache-cache pendant ces quelques heures.
Pour respecter le timing j’ai donc demandé à tous de suivre une cadence un peu plus soutenue que d’habitude. Tout le monde a joué le jeu avec entrain ! pour une fois pas le temps d’observer les jolies fleurs printanières mais quand même quelques pauses pour alimenter les moteurs et pour prendre un petit cliché de l’œuvre de Courtadon située à hauteur du Louchadière.
Un bon rythme qui  nous a même permis d’arriver  en avance après 5h50 de cheminement (pauses incluses) pour profiter de quelques gourmandises bienvenues avant de passer le relais à Sébastien!

Encore bravo à tous les participants et grand merci à l’équipe dirigeante pour l’organisation

Segment C. Marche sportive, plaine sous le col de Ceyssat à Zanières.

Date : samedi 09 et dimanche 10 avril 2022
Animateur : Sébastien

Météo : ciel dégagé, températures froides puis négatives
Terrain : souple, se durcissant au fil de la chute des températures
Nombre de participants (animateur compris) : 7 animateur compris (2F, 5H)
Durée : 4h15 de déplacement, 2 pauses de 5 mn comprises
Distance : 25 km

L’équipe au départ, déjà 35 kilomètres au compteur…

Itinéraire : Aire d’atterrissage des parapentes, Fontaine du Loup, Parc d’Allagnat, La Moréno, passage entre les puys de Monteillet et de Pourcharet, Château de Montlosier, Col de la Ventouse, passage entre les puys de Combegrasse et de la Rodde, Puy de l’Enfer, Saulzet-le-Froid, Mareuge, Zanières.
Progression dynamique et agréable pour débuter, le long de belles allées de hêtres, magnifiques dans la lumière du crépuscule. L’arrivée de températures négatives n’a pas suffi à refroidir la bonne humeur du groupe. Petit rappel historique tout en continuant à marcher en passant devant le château de Montlosier : c’est en effet au comte de Montlosier que nous devons le reboisement de la chaîne des Puys au début du XXe siècle, reboisement qui a fortement contribué à la diversité des écosystèmes qui la composent aujourd’hui. Après un détour pour contourner le Puy de Monténard, le groupe est arrivé à Zanières au cœur de la nuit.
Remarques : Véronique a commencé à éprouver une douleur au genou vers la Garandie, douleur qui est devenue particulièrement importante dans la descente du Puy de l’Enfer et qui l’empêchait de suivre le rythme initial de progression. Après discussion, j’ai demandé à Pascal de la raccompagner jusqu’à Zanières en passant par la route la plus courte, par le Moulin de Saulzet, pendant que nous faisions le tour du Puy de Monténard.

Segment D. Randonnée nocturne, Zanières à Beaune-le-Chaud

Date : dimanche 10 avril 2022
Animateur : Thierry

Météo : Nuit claire et très froide
Nombre de participants : 5 animateur compris (1F-4H)
Durée : 5h40
Distance : 27,7 km   (Iphigénie). Dénivelé positif : 490 m (Iphigénie) 

Itinéraire : Zanières, Pindin, Pierre Longue, Phialeix, Poudure, GR 30 – Pont de l’arche- au bord du lac d’Aydat jusqu’à la D90, nord de Fontclairant, vers puy de Charmont, intersection  D 213, GR4-441 jusqu’à la Cassière, tunnel sous D2089, nord Fontfreyde, Cheire de Mercoeur (Creux du Pialoux), D5, est du puy de la May, PC 943, Beaune le Chaud

Arrivés à Zanières avec Gwladys vers 23h30, suivis de peu par Frédéric, nous nous élançons autour de 0h50 vers Beaune le Chaud rejoints par Fabien et Laurent qui entament leur 4ème tronçon du Tour. La nuit est très froide et étoilée : elle le restera jusqu’au terme de la rando. L’éclairage aurait pu être parfait si la lune avait été pleine, elle n’en était qu’à son premier quartier 😊. On comptait donc sur nos lampes pour éclairer nos pas et la carte (pour l’animateur). Les chemins d’exploitation empruntés au début nous permettaient une mise en jambe parfaite… Trop car emporté par ma fougue je loupais un tourne à gauche évident corrigé 300 m plus loin.  En passant au sud de Phialeix, à l’occasion d’un reflet, nous devinons le lac au loin. Nouvelle petite erreur avant Phialeix, nous quittons à tort le GR que nous retrouvons après un retour sur nos pas… Ce seront de mémoire les deux seules erreurs de navigation sans conséquence. Naviguer la nuit n’est pas simple : lecture de carte et confirmation sur le terrain vont de pair plus encore que le jour.  Nous longeons Phialeix dont nous devinons les maisons sur la gauche et parvenons à Poudure endormi… Nous suivons le GR jusqu’à trouver l’embranchement à Pont de l’Arche qui nous mènera en suivant le lac jusqu’au camping et à la route où nous laisserons le pauvre Laurent souffrant de maux gastriques dans les mains des « anges-gardiens » Michel et Yves qui le ramèneront chez lui… Je les avais appelés avant de parvenir à ce point pour éviter une trop longue attente pour notre infortuné collègue. La suite à 4 donc jusqu’à Fontclairant puis la Cassière sera simple par le nouveau tracé du GR4-441 qui passe au sud de la D2089 et qui chemine en partie en forêt à travers Ribe haute et Ribe longue. Je n’avais encore jamais emprunté cette partie résultant de la modification du tracé qui arrivait autrefois directement au col de la Ventouse et qui passe dorénavant à la Cassière… Une fois sortie de Fontfreyde, la navigation jusqu’à l’arrivée sera triviale. Petite surprise pour nos randonneurs, le petit coup de cul dans la cheire de Mercoeur pour sortir du creux (bien nommé) du Pialoux. Longeant la D5 sur quelques dizaines de mètres, nous sommes croisés autour de 5h30 par deux coureurs à pied trottinant vers le puy de la Vache… préparant une grosse course ? Si non pour quelles raisons sortir si tôt par une nuit si fraîche ? Bref de quoi m’occuper l’esprit deux minutes (avec des questions sans intérêt en fait 😊) puisque la navigation est terminée ou presque. Nous retrouvons près du Mercoeur, le beau chemin qui nous mène en 2 km à Beaune. A quelques centaines de mètres de l’arrivée, Yves surgit de la nuit finissante pour accompagner nos derniers pas. De grandes stabulations sont déjà éclairées nous rappelant que le travail des éleveurs commence très tôt et ne connaît pas de week-ends. Le jour se lève à peine et nous sommes accueillis par les collègues qui vont partir en marche dynamique sur le tronçon E jusqu’à la Nugère. Je les envie un peu car ils vont avoir droit à un somptueux lever de soleil.
Remarques : Marche dynamique avant l’heure avec de bons randonneurs. La nuit froide n’incitait pas à lambiner non plus… A priori, l’exercice a plu. Il faudra reproposer de belles marches de nuit en toute saison pour développer encore plus le sens de l’orientation (pour l’animateur-trice)  et les sens tout court, à l’occasion de ce type de déplacement naturel mais plus trop pratiqué : on a un public pour cela je pense.

Je profite de ce compte-rendu pour remercier Michel et Yves pour leur organisation tip top et efficace : de la préparation des randos à la planification des transports et à leur aide pendant le tour dans la préparation des ravitaillements et lors des transports entre les sites. Une belle expérience qui soude une association je pense. Et bravo à Fabien, épatant de résistance. C’est beau la jeunesse ! 😊 !

Segment E randonnée dynamique, Beaune-le-Chaud au col de la Nugère.

Date : dimanche 10 avril 2022
Animateur : Yves

Météo : Très frais au départ, plus doux et soleil en fin de matinée.
Nombre de participants (animateur compris) : 10 (6F, 4H)
Durée : 4 h 07 pauses comprises
Distance : 20.8 km . Dénivelé positif : 280 m

Itinéraire : Beaune le Chaud, PC 944, PC974, PC978, Laschamp, PC952, Croix Espinasse, PC924, Péage, Chemin des gouris, PC930, Bruyère des moines, PC965, Parking des Goules, PC917, PC892, PC877, Bois du Girardet, Bois de Pérol, Bois Coubert, Bois des Charots, Col de la Nugère.

Moins 4° C ce dimanche matin au départ de Beaune le Chaud. Gants, bonnets, polaires et nous voilà partis. Il est 6h30 le jour commence à pointer son nez, les frontales sont à peine nécessaires, d’ailleurs la mienne restera éteinte. Malgré l’heure matinale le groupe accompagné de Fabien qui marche maintenant depuis samedi 12 h est d’autant plus motivé.
Sur les premiers kilomètres le sol est bien gelé, bien craquant, et une petite brise nous cingle le visage. Les chevaux du centre équestre de Laschamp, revêtus de leur couverture ont l’air étonné de voir des marcheurs dynamiques à cette heure de la journée.

Ouf le soleil arrive !

Sortis de Laschamp, avant de s’engouffrer dans le bois de Charmes, nous assistons à un magnifique lever de soleil qui vient soudainement réchauffer nos épaules. Dans le bois jusqu’au golf des Volcans nous serons protégés du vent, mais le soleil n’ayant pas encore pénétré, la fraîcheur sera toujours de mise. Petite montée à découvert face au Pariou où une petite pause s’impose, avant de nous diriger vers le parking des Goules. L’allure prévue est respectée, nous devrions honorer le timing imparti.
Passé le parking, dans les ornières du chemin, gelées et glissantes nous sommes vigilants. Les Sarcoui, grand et petit à notre gauche, nous marchons plein nord pour rejoindre l’intersection de la D775 au pied du Puy de Chaumont. Après le deux micros pauses faites jusque-là, nous nous octroyons un arrêt plus conséquent. Ce dernier permet à Fabien de s’alimenter convenablement afin de pouvoir aller au bout de ses 120 kilomètres.

Le groupe à la fin de la randonnée dynamique…

Segment F. Marche nordique allure soutenue du col de la Nugère à Volvic

Date : dimanche 10 avril 2022
Animateur : Michel J.

Météo : quelques passages nuageux. Chaud au soleil.
Terrain : sec
Nombre de participants (animateur compris) : 9 (3F; 6H)
Durée du parcours : 2h10
Distance : 13 km 650, 6,3 km/h de moyenne (montre Gps). Dénivelé positif : 100 m. Dénivelé négatif : 475 m (montre altimétrique).

Itinéraire : col de la Nugère, Puy des Littes, bois Latia, à droite du Puy Desmaret, à droite du Puy des Marais, contournement par l’ouest et le nord du Puy de Paugnat, sud du terrain de football de Moulet-Marcenat, ouest de le Chalard, Cheyres de Bruvaleix, parking des eaux de Volvic.

En cette fin de parcours, les organismes fatigués ne répondent plus. Certains sortis du lit au dernier moment n’ont pas eu le temps de se changer et sont venus en tenue de nuit !

Nous ne pourrons pas atteindre les habituels 7,2 km/h mais c’est déjà une réussite de finir. Pour l’un des participants les 120 kilomètres se ressentent, d’autres ont les jambes lourdes après avoir réalisé plus de 70 kilomètres. Véronique après quelques heures de repos a tenu a être présente avec le groupe pour finir malgré quelques douleurs.

A l’arrivée, une haie d’honneur est faite à Fabien qui a effectué la totalité du parcours par des participants aux segments précédents et une coupe lui est remise en souvenir du bel effort effectué.

La haie d’honneur pour Fabien !


Un pique nique offert par Atlas clôture ce week-end.

Fin de ce challenge sous le soleil.

Bravo à tous pour votre participation et votre bonne humeur….

Et à tous ceux qui ont participé à l’organisation pour faire de ce challenge de 25 heures une réussite.

Participation par segment :

A : Mady, Fabien, Laurent, Didier, Pascal, Véronique, Sandrine, Pierre, Régine, Martine, Daniel, Frédéric, Alain S., Michel J. Sophie F.

B : Christelle, Fabien, Laurent, Didier, Pascal, Véronique, Sandrine, Pierre, Régine, Martine, Daniel, Monique, Jean-Marc, Dominique F., Anny, Élisabeth, Dominique R., Lionel, Alain C., Régis, Marie-Hélène, Lucette, Dominique M., Florence, Claude, Eric, Isabelle, Anne..

C : Sébastien, Fabien, Laurent, Didier, Pascal, Véronique, Sandrine.

D : Thierry, Fabien, Laurent, Frédéric, Gwladys.

E : Yves, Fabien, Pierre, Monique, Geneviève, Christelle, Liliane, Luc, Marie, Aurélie.

F : Michel J., Fabien, Didier, Pascal, Véronique, Sandrine, Pierre, Alain S., Geneviève.

Kilométrage réalisé : 122,03

38 adhérents pour un total de 69 participations.



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Séjour n°1 Hivernale dans le Sancy transformé en Raid Hivernal pédestre entre Cézallier et lac Chambon.

Du samedi 12 au dimanche 13 février 2022
Animateur : Michel J.
Nombre de participants : 6 hommes.
Météo: temps couvert avec une température négative au départ se réchauffant en matinée (3 à 6°C), vent de Sud Est sensible tournant progressivement au Sud Ouest. Début de soirée avec quelques rayons de soleil au coucher, douceur nocturne, vent se levant en cours de nuit assez fort. Dimanche, ciel dégagé en matinée se couvrant progressivement par l’ouest Sud Ouest. Vent se renforçant en matinée devenant fort sous rafales du Sud. Partie Ouest du Sancy couvert, dégagé à l’Est.
Classement : difficile compte tenu des distances parcourues et des parties hors pistes.
Transport : dépose des participants avec deux véhicules, une Peugeot modèle 307 et une Peugeot 3008. Récupération des adhérents, dimanche vers 17h00 à la plage du lac du Chambon avec une Peugeot 3008 et une Renault Kangoo. Merci aux conducteurs Isabelle, Yves et Mady pour leurs disponibilités.
Kilométrage routier : 532
Temps de préparation du matériel et rédaction des divers documents : 10 heures
Cartographie utilisée : cartes Ign, série bleue au 1/25000 n°2534 Est, Top 25 n°2534 OT et 2432 ET.
Matériel mis à disposition : deux tentes Coleman modèle Cobra, cinq couvertures de survie Space Blanket orange, un sursac en goretex.

Quentin, Benoit, Sébastien, Régis, Claude, Michel j. au départ

Consignes sanitaires : compte tenu de la pandémie, il a été décidé que le couchage se ferait sous des tentes individuelles.
Faune rencontrée : quatre renards, un lièvre, un couple de grands corbeaux. La présence du vent a chassé les ongulés dans les bois.

Mot de l’animateur.
En accord avec les participants, il a fallu se résoudre à modifier par manque de neige cette hivernale qui devait se dérouler, raquettes aux pieds et en tirant des pulkas sur le massif du Sancy. Un itinéraire linéaire pédestre a été proposé dont le challenge consistait à partir du Cézallier et à se déplacer d’un point haut vers un autre point haut. Une grande partie du parcours s’est déroulée en hors piste (95 % le samedi et 60 % le dimanche).
Quelques chiffres : données fournies par une montre Sunto (dénivelés et durée du déplacement) et une application gps (distances parcourues).
Dénivelées positives : J1. Dénivelées positives 1045m négatives : 955m, kilométrage : 23
Heures de déplacement 8h23 (pauses comprises). J2. Dénivelées positives 850m négatives : 1105m, kilométrage : 23. Heures de déplacement 8h09 (pauses comprises).

Départ de l’itinéraire à la sortie Ouest d’Anzat-le-Luguet, à proximité du ruisseau de la Combe à une altitude de 1110m environ. L’échauffement se fait tranquillement en suivant un chemin pastoral qui conduit aux estives d’été. Passé le bois de la Barre, notre cheminement à travers les pâtures se fait maintenant à découvert et le vent sensible refroidit l’atmosphère. La progression est bonne et les quelques parties enneigées traversées se font sans difficulté sur une neige dure non verglacée. Nous laissons le Signal du Luguet (alt.1551m) à notre droite et poursuivons en lisière de forêt pour éviter les accumulations de neige en sous bois plus molle.

Pente sous le Mont Chamaroux

L’orientation est maintenant plein Ouest allant du point côté 1516 au 1491, au 1484, puis au 1481 avant d’atteindre le col de Chamaroux après une longue pente orientée Nord à moitié enneigée. La pose est prise au sommet du Mont Chamaroux (alt.1476m) facilement identifiable par sa croix en bois.

Mont Chamaroux (alt. 1476m)

Du sommet du Haut de Chamaroux (alt.1429m), l’orientation Nord est abandonnée pour le Nord-Est afin de gagner le Testou (alt.1327m) que nous descendons pour contourner par l’Est, le lac de St Alyre.

Joli cirque à l’Est de la Montagne de Chamaroux

La pente est raide pour gagner les deux points hauts de la Montagne de Riocros Haute aidés par les nombreuses traces laissées par les animaux de ferme. Le terrain tourbeux avant la Noue Haute, nous prépare bien à la traversée de la tourbière de Jacquot non gelée où passant de tremblant en tremblant on essaie d’éviter de mettre les pieds dans l’eau (souvenir !). Le bois de Garde atteint, il nous faut changer d’orientation et prendre Nord-Ouest pour atteindre le Teston de Joran (alt.1323m) en zigzaguant dans une forêt parfois encombrée par des arbres tombés, des coupes à blanc et des plantations récentes où une végétation de lumière s’est mise en place. Ce cheminement irrégulier nous permet de découvrir de nombreux garde-mangers d’écureuils où les cônes d’épicéas déchiquetés par la base laissent des filaments effilochés. Passé le Sud du lac de Cureyre, nous progressons dans une pessière encombrée par des têtes d’arbres cassées par le vent ou sous la charge d’une neige à un moment abondante. Il est tard et nous devons trouver un lieu de bivouac et de l’eau pour le repas du soir et le petit déjeuner. Une pointe de bois légèrement surélevée, plate à l’abri du vent fort de Sud-Ouest avec un sol moelleux, sera notre havre pour la nuit. Une zone humide couverte d’une neige immaculée produira l’eau.

La soirée a été agréable, un feu égayant le repas. Le vent a faibli rapidement donnant une première partie de nuit calme et reposante. Vers quatre heures du matin, le bruit du mouvement des arbres a réveillé une partie de l’équipe et quelques oiseaux à l’aube naissante ont laissé entendre des chants printaniers. Il est 09h00 lorsque nous nous mettons en mouvement. Le col de la Chaumoune est vite passé, les obstacles se révèlent vers le nord. La Montagne du Ronzier franchie, le Puy de la Vaisse est rapidement atteint (alt.1359m).

Montée vers la Montagne du Ronzier
Vue du puy de la Vaisse

La descente versant Nord dans une superbe hêtraie recouverte par un manteau neigeux épais représente pour certains une difficulté à maîtriser, mais sont encouragés par le reste du groupe déjà au pied de la pente au soleil. A la lisière du bois les Fontlonges, un groupe apparaît à quelques centaines de mètres, il est vite identifié. En ces lieux, il est rare de rencontrer beaucoup de monde. Nous sommes dimanche, c’est bien des adhérents d’Atlas en compagnie de leur animateur qui viennent à notre rencontre. Salutations et échanges, et nous reprenons chacun en sens inverse nos directions respectives. Nous atteignons le point haut du Ferrand (alt.1303m) où nous pouvons découvrir sur notre droite sous un ciel lumineux le lac de Montcineyre pris par la glace.

Le Montcineyre, vue prise du Puy Ferrand (alt.1300m)

La hêtraie Jansenet passée, nous évitons les zones humides pour atteindre les contreforts Ouest du Montchal que nous contournons par le Nord afin de gagner la D978. Retour à la civilisation !.Petite pause à la Couze du Pavin, pour prendre de l’eau et suivant une petite route, puis un chemin et de nouveau une petite route nous atteignons le village de Leylavaux et le GR30. Le chemin coincé entre deux clôtures de barbelés et parfumé par l’épandage de fumier se dirige maintenant vers la forêt de Courbanges. Le bord sud atteint, nous suivons un large chemin d’exploitation « la Grande Allée » plus ou moins empierré qui doit servir au transport de grumes de bois. Progressivement, nous perdons de l’altitude. Vers l’ouest, le ciel se charge de nuages noirs alors que nous restons sous un ciel bleu. Nous sommes maintenant en parallèle du ravin du ruisseau de Courbanges sur un chemin magnifique à la pente douce avec comme fond sonore le bruit de l’eau qui nous arrive atténué par la végétation et l’éloignement. Jassat atteint, reste à franchir la crêtes vers le nord par une petite sente puis un chemin. Un petit moment de hors piste et nous découvrons à travers de grands arbres le lac de Chambon, terme de notre week-end.

Lac Chambon

Merci pour les photographes et la bonne humeur pendant ce court séjour. Je n’oublie pas de remercier l’épouse de Claude pour son succulent pain d’épices.

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