Séjour N° 15 du samedi 17 au dimanche 18 octobre 2026 Week-end en forêt de Tronçais

Animateur : Thierry
Nombre de participants : 12 animateur compris (8F, 4H)
Classement Atlas : facile
Distance : 32 km
Dénivelé : + 250 m (mon GPS garmin)
Carte : IGN 2426 SB
Météo : humide et couverte – mais pas de pluie pendant nos activités et 2 rayons de soleil quand même
Kilométrage auto 283 km pour 3 véhicules Temps de préparation et compte-rendu : 15 H

Jour 1 : Visite guidée de la forêt et découverte de Hérisson petite cité de caractère en Pays de Tronçais – 10 km – 6h30 de déplacement

La météo très pluvieuse rencontrée pendant le trajet aller n’incitait pas à l’optimisme même si secrètement cela faisait du bien de voir enfin l’eau tomber ! Heureusement pour le confort de notre petit groupe, la pluie cesse dès notre arrivée au Rond Gardien où nous attend notre guide Nathalie non pardon Christelle. 😊Elle abordera pendant près de 2h30 un certain nombre de thématiques sur la forêt et le pays de Tronçais. Explications sur son histoire, sur sa sylviculture et son devenir… La forêt de Tronçais a une superficie de 10583 hectares et est bornée au nord par Ainay le Château, par Epineuil le Fleuriel au SW et  Cérilly à l’E/SE. C’est une forêt domaniale qui appartient à l’État qui la gère via l’héritier de l’Administration des Eaux et Forêts, l’Office National des Forêts aujourd’hui. Elle est fortement marquée par l’histoire et quelques grands hommes. A commencer par Colbert qui par ses ordonnances royales de 1670 crée, délimite et organise la forêt dans les contours que nous lui connaissons aujourd’hui. Cette forêt doit produire le bois destiné à la construction des bateaux de la Marine de Guerre du Roi. En fait, Christelle nous apprend que ce ne sera pas le cas et tord ainsi le cou à une légende : très peu de bateaux seront construits à partir des chênes de la forêt ! Malgré tout, environ 1 million de jeunes plants de chêne sessiles seront mis en terre. Le 18ème siècle la verra à nouveau touchée par d’importants prélèvements pour le chauffage et la métallurgie naissante. Il faut attendre les années 1830 et Joseph Louis Buffévent, inspecteur des Eaux et Forêts à Montluçon pour décider du mode de gestion qui prévaut encore aujourd’hui : forêt gérée en futaie régulière (peuplement homogène en âge et en taille des individus) et en parcelles (442 aujourd’hui). Cette gestion ne peut se faire que sur le temps long qui est mesuré et qui correspond à la durée des révolutions (durée d’exploitation d’une parcelle de la jeunesse des arbres jusqu’à sa régénération). D’une durée de 180 ans décidée par M. Buffévent, elle est passée à 250 ans dans les années 1970. Un forestier ne voit donc jamais le résultat de sa plantation ou des soins qu’il apporte à de jeunes arbres.

L’objectif de l’exploitation des chênes de Tronçais est d’obtenir des arbres au tronc long et au diamètre régulier sans bas branchage et sans nœud, au grain très fin. Le principe de la haute futaie est basé sur une sélection naturelle des chênes qui cherchent à grandir pour gagner la lumière, moteur de leur croissance. Beaucoup d’appelés et finalement peu d’élus. 😊Du semis naturel ou glandée à une futaie mûre (250 ans), la parcelle et ses habitants vont connaître plusieurs stades de développement: semis avec près de 150000 individus à l’hectare, fourrés avec des chênes de 10 ans et de 3 m de hauteur. Le dégagement de la parcelle opéré par le forestier fait passer la population à 50000 individus. A 25 ans, les chênes ont une taille de 7-9 m environ. Les plus petits meurent par manque de lumière. Les tordus sont abattus… Il en reste alors 10000 à l’hectare. Pendant les cinquante années suivantes, le technicien forestier de l’ONF sélectionne les plus beaux spécimens et abat les autres pour en faire du bois de chauffage. A 70 ans, le chêne mesure entre 15 et 20 m et a une circonférence comprise entre 95 et 125 cm : il est juste adolescent. L’exploitation et le  travail sur le siècle et demi suivant (sélection, abattage) ne laisseront plus que 70 individus aux qualités recherchées : de 150000 à 70 chênes par hectare à la fin de la révolution. C’est bien le résultat d’une forêt exploitée sur le temps long. On prélève aujourd’hui des arbres qui ont entre 150 et 200 ans ! Les parcelles de régénération seront des parcelles où seuls quelques vieux chênes seront conservés pour la production des glands – la glandée – qui tombés au sol germeront et produiront la centaine de milliers de jeunes pousses évoquées plus haut.

En plus du chêne sessile, on trouve également d’autres essences de feuillus comme le hêtre (10% de la surface) et le charme (5%). A ces arbres s’ajoutent des résineux (pins sylvestre) sur 7% de la surface. S’il n’a pas servi à construire des bateaux, le bois des plus beaux spécimens est utilisé pour la fabrication des tonneaux dans lesquels sont élevés des vins ou des spiritueux d’exception : grands Bordeaux et grands cognacs. Ce savoir-faire de la tonnellerie s’appuie sur le travail des mérandiers qui fabriquent les douelles (lattes) qui forment les tonneaux à partir des plus beaux spécimens de la futaie. Cette activité au sens large occupe plusieurs dizaines de personnes autour de Cerilly, capitale de la forêt de Tronçais et constitue la principale source de revenus tirés de la forêt ! Les chênes destinés à la merranderie sont vendus sur pied à l’occasion des enchères d’octobre auxquelles participent tonneliers et mérandiers du monde entier. Les arbres achetés sont ensuite abattus et transportés par les équipes de bûcherons des acheteurs et pas par les équipes de l’ONF. Les bois de moindre qualité sont abattus et débités sur place avant les étapes de débardage et leur d’être vente de gré à gré….

Après nous avoir donné des explications très complète, notre guide nous conduit vers la fameuse futaie Colbert qui contient une majorité de chênes en fin de vie et qui a été transformée en réserve biologique de près de 20 ha où les arbres mourront de leur belle mort sans en favorisant la biodiversité végétale et animale (troncs et branches se décomposant sur le sol, nombreuses espèces d’insectes, d’oiseaux et de chauves-souris). Elle évoque également la pression exercée par la trop nombreuse population de sangliers. Il n’y aurait pas suffisamment de chasseurs pour effectuer les prélèvements nécessaires !  Sans parler de la population de cervidés et de chevreuils friands des jeunes pousses d’arbres. Autre ennemi peut être encore plus terrible pour la futaie c’est le changement climatique en cours qui assèche les sols et fragilise tout l’écosystème forestier. Si l’on a 30-35° à la base de l’arbre, la température peut atteindre 55° au niveau du houppier. Deux arbres remarquables dont l’un le Charles-Louis Philippe (4.60 m de circonférence et âge=: 350 ans) sont entrés cet été dans un « coma » dont l’on ne sait pas s’ils sortiront vivants. Si les feuilles ne réapparaissent pas au printemps prochain, les forestiers acteront alors de leur mort.  Il y a d’autres très vieux arbres remarquables qui sont morts mais qui restent toujours ancrés sur le sol en attendant leur chute causée par des impacts de foudre ou des tempêtes. Les hêtres sont encore plus sensibles à la chaleur et à la sécheresse… Des études sur l’implantation de nouvelles espèces d’arbres  plus résilientes sont en cours : chênes pubescents, chênes du Caucase, etc…

Puis Christelle nous conduit vers un chêne remarquable à proximité de la futaie Colbert, le chêne Stebbing, du nom d’un professeur écossais passionné par les arbres de Tronçais qui avait coutume de venir chaque été accompagné par ses étudiants. En nous dirigeant vers ce beau chêne de 380 ans et d’une circonférence de 4,87 m,  nous passons devant une de ces parcelles-nurseries peuplés de chênes jeunes âgés d’environ 25 ans. Ils sont serrés les uns contre les autres. C’est l’expertise et l’œil  du technicien de l’ONF qui choisira les arbres à conserver ou à éliminer, passage après passage. Ils ne sont que 10 techniciens pour s’occuper de toute la forêt (hors travaux de bûcheronnage et de débardage évidemment !). Pour les aider dans leur suivi, l’ensemble de la forêt est cartographié et chaque arbre en place est identifié et mémorisé. Le même type de suivi se faisait manuellement depuis 2 siècles…

La visite se termine à la fontaine de Viljot. On trouve dans une belle maçonnerie circulaire une eau d’une grande pureté, dixit Christelle. Cette fontaine a donné naissance à de multiples légendes colportées par la tradition orale. Comme celle-ci : jeter une épingle à cheveu dans la colonne de bulles remontantes produites par les vibrations au sol; si l’épingle s’enfonce droite dans le fond de la fontaine alors la jeune fille qui aura accompli ce geste se mariera dans l’année. 😊Sur cette belle évocation nous quittons notre guide qui nous aura apporté de précieuses connaissances avec ses explications très claires.

Il est midi et j’ai décidé de passer l’après-midi à Hérisson, petite cité de caractère forte d’un riche passé médiéval, au bord de l’Aumance, au milieu d’un paysage de bocage verdoyant. Après notre repas pris sur les bords de l’Aumance, nous montons vers les belles ruines du château des Ducs de Bourbon bâti en pierre de grès au 14 ème siècle. Trois des quatre tours sont ruinées mais permettent bien d”imaginer l’emprise et l’allure général de la forteresse il y a presque 7 siècles. En redescendant du tertre, nous parcourons les venelles du vieil Hérisson bordées pour certaines par de beaux hôtels Renaissance.

Nous terminons notre découverte du pays d’Hérisson par un rapide aller-retour à l’église St Pierre de Chateloy, bel édifice du 12eme siècle à l’intérieur recouvert de remarquables fresques murales que nous ne verrons pas car les visites s’arrêtent le 30 septembre. Après notre retour à Tronçais, nous nous installons dans notre gîte forestier proche de l’étang de Tronçais. La soirée sera douce, savoureuse et réchauffée par un beau feu de cheminée allumé par deux expertes de notre groupe.

Jour 2 : Randonnée dans la forêt – 22 km – 215 m D+ –  7h de déplacement

Itinéraire : étang de Tronçais, ligne des Etrangers, Rond Neuf, E étang de Morat, Rond du Vieux Morat, GR303A vers chênes remarquables les Jumeaux et la Sentinelle, Rond de Richebourg, Route forestière de Richebourg, Rond des Thiers , le Gouleau, la Paquetterie, Bouis, Rond de Bouis, Rond du Meslier, Rond de la Cave, Rond de Serviette (pardon de Viljot), Rond Daubrée, GR303, Rond des Carrières, Ruisseau de Planche, E de l’étang de Tronçais, anciens bâtiments des forges de Tronçais

Nous partons ce dimanche du siège de Cap Tronçais qui nous a loué le gîte pour leur ramener les clés. Cette association organise des formations liées à l’animation. Un stage BAFA y est justement en cours…

Le parcours va nous permettre de découvrir quelques étangs qui sont à l’intérieur ou à l’extérieur du boisement et quelques-uns des chênes remarquables qui peuplent la forêt. Ticket d’entrée pour mériter ce titre d’arbre remarquable ? Avoir plus de 350 ans, mesurer 35 m au moins et avoir une circonférence de plus de 4 m ! Après un petit échauffement le long de la ligne des Étrangers, nous tombons vite sur l’étang de Morat que nous longeons un moment ; ces LIGNES sont comme de grandes avenues rectilignes qui coupent la forêt et d’autres lignes sur les ronds-points qu’on appelle ROND à Tronçais; on en dénombre 57 dans toute la forêt. Sur chaque Rond, on trouve des panneaux indicateurs des grandes directions à suivre avec les kilométrages correspondants. Mais il vaut mieux posséder la carte IGN du secteur pour se sentir bien et pas trop “pommé” surtout quand on commence à suivre les petites sentes qui innervent la forêt. Les étangs du secteur ont tous un étiage assez bas. Fontaines, ruisseaux et étangs communiquent entre eux. Certains étangs comme celui de Tronçais ou celui de Morat étaient les réservoirs d’eau des forges qui les jouxtent et dont on aperçoit les grandes cheminées encore dressées vers le ciel. Les Forges de Tronçais ont été créée par un Lorrain Nicolas de Richebourg. Elles produiront tout au long du 19ème siècle de la fonte et des aciers de qualité. Les câbles des ascenseurs de la Tour Eiffel  ont été fabriqués avec de l’acier de Tronçais. Peu après, nous nous inclinons devant le chêne Saint Louis (âge=450 ans, circonférence=6,50 m)avant de poursuivre le GR pour aller à la rencontre des Jumeaux (âge=400 ans, circonférence=4,10 m et 4,50m) et de la Sentinelle, le plus gros chêne de la forêt (âge= 446 ans, 28 m  et circonférence de 6,50 m). 

La Sentinelle

Notre déambulation nous permet des mettre des images sur les mots de Christelle: nous sommes presque capables de reconnaître le stade de développement de chaque parcelle numérotée que nous longeons.

Nurserie ou parcelle en régénération, parcelle d’arbres à maturité ou presque et parcelle de jeunes adolescents…. J’avais peur de proposer cette rando forestière, craignant la monotonie. C’est tout le contraire ! Il y a de la diversité dans ces ambiances mêlant parcelles de feuillus aux feuillages et structures différentes. Dans les parcelles suffisamment éclaircies, de grandes fougères arborescentes comblent les vides en tapissant les sous-bois. Après le rond des Thiers, nous sortons des bois pour nous retrouver dans un paysage de prés verdoyants, très ouvert. Nous traversons quelques fermes et Bouis petit hameau tranquille sauf quand les tirs de chasseurs résonnent au loin. Vite, nous rentrons dans la forêt pour trouver notre salle à manger : deux rangées de plusieurs grumes alignées en oblique de chaque côté de la longue route forestière de Beauregard.

Ce sont des chênes de grande taille, des élus, qui attendent d’être transportés dans une des merranderies du secteur pour en extraire les douelles de futurs tonneaux ! Nous reprenons vite la route car le froid commence à nous saisir. La forêt est aussi exploitée touristiquement : le long de certains tronçons apparaissent des panneaux explicatifs sur certains grands hommes de Tronçais ou sur certains événements qui s’y sont déroulés. Comme pendant la 1ere Guerre mondiale, où près de 1500 hommes ayant une certaine expertise forestière furent détachés à Tronçais pour produire planches, pieux et piquets destinés à la construction des tranchées du front de l’Est. Un chemin touristique a aussi été aménagé dans la nouvelle futaie Colbert 2 qui explique à travers plusieurs panneaux le travail des forestiers et les principes de gestion de cette futaie régulière. Elle n’était malheureusement pas sur notre tracé. Dans l’après-midi nous avons rencontré de nombreuses parcelles de pins sylvestre à l’écorce partiellement arrachée comme s’ils desquamaient. La lumière mêlée à quelques rayons de soleil donne à tous ces arbres une teinte orangée qui devraient ravir tout bon aquarelliste. Encore quelques ronds et un dernier chêne remarquable, le chêne Carré (âge=400 ans, 30 m, circonférence=6,35 m) avant le retour à Tronçais par le sud et l’est de l’étang .

Fin d’une superbe rando dans la plus belle chênaie d’Europe !

Un grand merci à Bénédicte pour ses photos.

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Séjour n° 14 du 5 au 12 septembre 2026 – Le Verdon

Secteur géographique : Parc naturel régional du Verdon
Animatrice : Mady
Nombre de participants : 12 animatrice comprise (9F, 3H)
Classement Atlas du séjour : (F/M sur 1 jour)
Distance totale parcourue à pied : 102,14 km
Dénivelé total effectué : 4426 m
Kilométrage pour 3 voitures : 4013 km comprenant, l’aller Clermont-Fd / gîte Ferme des Cavaliers à Aiguines, les déplacements sur place et le retour du gîte à Clermont-Fd.
Météo : beau temps très chaud les 3 premiers jours, moins chaud les 2 derniers, un peu pluvieux le mercredi.
Les données kilométriques et altimétriques des randonnées sont le résultat d’une montre GPS, Garmin Fenix 7.
Temps de préparation et rédaction : 50 h

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JOUR 1 samedi 05 septembre

Départ de Clermont-Ferrand à 8 h 00, arrivée au gîte la ferme des cavaliers vers 17 h 45 après un arrêt avant le pont du Galetas pour aller voir de plus près le lac de Sainte-Croix. Le gîte, ancienne bâtisse rénovée par le Conservatoire du littoral, est situé au cœur d’un domaine protégé de 250 hectares sur la commune d’Aiguines, rive gauche des Gorges du Verdon.

Selon la légende locale, c’est le premier occupant de la bastide, Jacques Rouvier, surnommé Cavaliè  pour ses talents de dresseur de chevaux, qui aurait donné son nom à l’Étroit des Cavaliers, passage resserré dans les Gorges du Verdon situé à proximité de la ferme.
Le parc naturel régional du Verdon qui va être notre terrain de jeu pour la semaine est un territoire d’exception, reconnu pour la qualité de ses patrimoines et de ses paysages. Des sommets, de douces collines, des à-pics vertigineux, de vastes lacs, beaucoup de contrastes autour de la rivière du même nom, le Verdon qui le traverse .
Du fait de son double climat alpin et méditerranéen, d’une variation d’altitude et de milieux (falaises, garrigues, forêts) le parc abrite une biodiversité d’une richesse exceptionnelle et offre un refuge à de nombreuses espèces rares et protégées.

JOUR 2 dimanche 06 septembre

Le Grand Margès et le ravin de Vaumale

Distance :  15,88 km
Dénivelé positif : 976 m
Durée de marche : 6 h 06’
Durée de déplacement : 8 h 35’

Avec ses 1576m, le Grand Margès 3ème sommet du Var est notre objectif du jour. Contrairement à ce que font la plupart des randonneurs, nous ne partons pas du col d’Illoire, le GR99 qui mène au sommet passe en effet très près de notre hébergement. La première partie de la montée se fait dans une hêtraie, ce qui peut paraître surprenant dans ce climat méditerranéen. Mais sa situation sur le versant nord de la montagne, l’altitude, la fraîcheur et l’humidité des gorges ont favorisé son développement. Classée en réserve biologique, statut de protection propre aux forêts publiques, cette forêt est gérée en libre évolution, aucune coupe d’arbres n’a lieu. Les arbres accomplissent leur cycle de vie complet et le bois mort laissé sur place permet le développement de nouvelles vies : oiseaux forestiers, chauves-souris, mousses, lichens y trouvent le gîte ou le couvert.

Quant à nous, nous apprécions l’ombre que nous offrent ces arbres. Arrivés au pas de Garimbeau, le paysage change du tout au tout. La forêt cède sa place à quelques arbres épars, mais surtout à une garrigue et une pelouse sèche d’où s’élèvent des parfums de thym, de buis et de lavande. Des panneaux nous rappellent alors que nous traversons le camp militaire de Canjuers et qu’il est strictement interdit de quitter le tracé du GR. Le Grand Margès décoré de rochers se dessine de plus en plus nettement. Après le franchissement de petites combes, un dernier effort dans la pente finale nous propulse au sommet. Là-haut, le panorama est à couper le souffle : au nord, les massifs et sommets des Alpes et Préalpes ; à l’ouest, le lac de Sainte-Croix, le plateau de Valensole et, se découpant à l’horizon, le mont Ventoux. Dans le ciel, vautours et hirondelles nous survolent.  

Sur la crête du Grand Margès

Après avoir longé la crête, nous amorçons la descente avec prudence sur un sentier caillouteux, les yeux rivés sur le lac de Sainte-Croix qui se dévoile de plus en plus. Nous croisons de nombreux marcheurs, alors que notre montée s’était faite dans une solitude totale. À l’approche du col d’Illoire, nous retrouvons le couvert forestier, l’endroit idéal pour notre pause pique-nique.

Au col, un belvédère surplombe les hautes gorges. En contrebas une multitude de petits points blancs, bateaux, pédalos, se détachent sur les eaux vert émeraude du Verdon.
Nous nous engageons dans le ravin de Vaumale, rive gauche des Hautes Gorges, 6 kilomètres et 3 heures sont annoncés sur un panneau. L’itinéraire oscille entre des points de vue plongeants sur le Grand Canyon et des portions ombragées bienvenues et le terrain se révèle particulièrement varié et technique : sentiers escarpés et caillouteux, pierriers, et passages rocheux parfois équipés de câbles.

Dans le ravin de Vaumale

Comme prévu, il nous faut trois heures complètes pour regagner les voitures. Une belle randonnée, un brin sportive mais parfaitement sécurisée.

JOUR 3 lundi 07 septembre

Vieux Quinson (le matin) et sentier du Garde Canal (l’après midi)

Distance : matin 8,25 km / après midi 10,30 km  Total journée 18,55 km
Dénivelé : matin 236 m / après midi 359 m Total journée 595 km
Durée de marche : matin 2 h 14’/ après midi 3 h 13’ Total journée 5 h 27’
Durée de déplacement : matin 2 h 51’/ après midi 3 h 54’ Total journée 6 h 46’

Aujourd’hui, direction les basses gorges du Verdon, situées en aval du lac de Sainte-Croix, pour deux randonnées bien distinctes. La première nous mènera sur les hauteurs de Quinson et la seconde au cœur même des basses gorges. Initialement, la notice d’information prévoyait une excursion vers Baudinard, mais mon séjour en kayak en juin dernier m’a poussé à revoir mes plans.

Une fois stationnés à Montmeyan-Plage (Var), il nous suffit de traverser le Verdon pour basculer dans les Alpes-de-Haute-Provence. Depuis le pont, nous profitons d’un premier aperçu des basses gorges, notre terrain de jeu de l’après-midi. Après avoir longé la route sur quelques mètres, nous atteignons la chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours. L’histoire raconte qu’il existait autrefois trois édifices religieux près du pont de Quinson ; deux d’entre eux auraient été vendus à des particuliers afin de financer la restauration de celui-ci.

C’est ici que débute le sentier grimpant vers le Vieux Quinson. Malheureusement, un arrêté municipal, discret mais bien en vigueur, en interdit l’accès pour fermeture. Un rapide appel à l’office de tourisme me confirme la situation. Je décide donc de continuer tout droit pour rattraper le GR 4 un peu plus loin, modifiant ainsi notre itinéraire. L’ascension, régulière et agréablement ombragée sous une forêt de chênes, nous conduit à une intersection. Je quitte alors le GR pour bifurquer à droite, afin de monter sur le plateau pour faire une boucle et reprendre le GR au retour.

Sur le plateau, les massifs forestiers cèdent la place aux paysages agricoles. Après avoir longé une vigne, nous récupérons le GR pour entamer la redescente vers Quinson. Arrivés à un nouveau croisement, la direction du Vieux Quinson est indiquée. Malgré l’arrêté municipal de nouveau affiché, l’envie de tenter le coup est trop forte. Au lieu de tourner à gauche, nous filons tout droit. Le chemin est en excellent état, des traces de pas sont visibles et des branches de buis fraîchement coupées nous laissent espérer que le sentier reste praticable jusqu’à Quinson… Mais à peine un kilomètre plus loin, une chaîne barre définitivement le passage. Qui aurait pu prédire qu’un chemin affiché “fermé” le serait véritablement ? Heureusement, la tentative n’est pas tout à fait vaine : nous sommes au lieu-dit « le Vieux Quinson », un éperon rocheux dominant le Verdon qui nous offre une vue lointaine sur le barrage. On a tenté, on a perdu, il faut faire demi-tour. Nous regagnons rapidement l’embranchement du GR pour achever la descente vers Quinson, puis nous longeons les berges du lac avant de franchir à nouveau le pont. Surprise : un kayak remonte les gorges exactement au même moment ! C’est Michel, qui compose entre kayak et randonnée au gré des points de départ pour ménager son dos. On pique-nique tous ensemble sur la plage et quelques courageux et courageuses s’offrent une baignade rafraîchissante.

Après cette pause méridienne bien agréable, c’est le sentier du Garde Canal qui nous attend. En 1857, pour pallier les besoins en eau d’Aix-en-Provence et des communes environnantes, la construction du canal du Verdon (ou canal d’Aix) fut décidée. Commencé en 1863 et achevé en 1875, l’ouvrage était flanqué sur toute sa longueur d’un sentier destiné à son entretien. Dans les années 1960, la mise hors service du canal et la création du barrage de Gréoux ont fait monter les eaux, noyant une partie de ce chemin. Partiellement réaménagé en 2014, l’itinéraire permet aujourd’hui de longer les gorges sur plus de 3 kilomètres.

Sur le sentier de Garde Canal

Le parcours est enchanteur : belvédères, passerelles, escaliers et étroits sentiers accrochés à la falaise se succèdent dans un rythme de montées et de descentes, enserrés entre les eaux du Verdon à notre droite et les vestiges du canal à notre gauche.  En parallèle, on devine des tunnels qui servent aujourd’hui de sites d’hivernage et de reproduction pour les chauves-souris. La cabane du gardien, autrefois chargé de la surveillance et de la régulation de l’ancien canal, tient toujours debout, entourée de panneaux explicatifs qui retracent l’histoire des lieux. Juste après, nous nous engageons dans un tunnel d’environ 120 mètres de long. À l’entrée, des consignes demandent de respecter un silence absolu pour ne pas effrayer les chauves-souris. Il me faut insister lourdement sur les panneaux pour faire cesser les discussions qui allaient bon train !

À la sortie, nous nous éloignons du Verdon pour monter vers la chapelle Sainte-Maxime, plongeant dans une ambiance radicalement différente. Nous traversons une forêt sombre où les lichens suspendus aux branches donnent au décor de faux airs de jungle tropicale. Pour l’ultime ascension vers la chapelle, le paysage s’ouvre à nouveau : le terrain devient découvert, sec, rocheux et généreusement ensoleillé. Une petite pause à l’ombre des arbres entourant le monument est accueillie avec bonheur. L’heure tourne et le temps presse pour le retour. J’abandonne donc l’idée de prolonger la marche par les hauteurs du plateau et, au carrefour de la Draille des Vaches, j’oriente le groupe vers le sentier qui plonge directement vers le Verdon. Avec ses quelques 300 marches, cette descente s’avère un peu “casse-pattes”, mais a un intérêt. Elle nous permet de franchir une passerelle ignorée à l’aller et de longer à nouveau la rivière. Quelques embarcations jouent les prolongations, tout comme nous. Ce n’est pas le cas de Michel, qui a accosté depuis plus d’une heure déjà. Après une dernière baignade pour les plus motivés, nous reprenons la route du retour, les yeux encore pleins de ces paysages exceptionnels.

JOUR 4 mardi 08 septembre

Sentier Blanc Martel

Distance : 17,94 km
Dénivelé :  694 m
Durée de marche : 5h43’
Durée de déplacement : 6h52’

Mandaté par le Ministère de l’Agriculture pour trouver de l’eau potable pour la Provence, le spéléologue Alfred-Edouard Martel monte une expédition. Accompagné d’une équipe et de villageois, dont l’instituteur et naturaliste local Isidore Blanc, il entreprend en 1905 la première traversée intégrale du grand canyon du Verdon. L’équipe réalise cet exploit en quatre jours, reliant le Couloir Samson au Galetas. Dans les années 30, le Touring Club de France aménage et ouvre officiellement le tracé actuel, qui relie la Maline au Couloir Samson. Le sentier est baptisé en hommage à ses deux pionniers.

C’est en taxi à partir du parking du couloir Samson que nous nous rendons au chalet de la Maline. Le sentier commence par une descente en lacets dans le ravin de Charençon. Après le passage du Pas d’Issane facilité par un escalier, nous arrivons à l’embranchement qui conduit à la passerelle de l’Estellié et au sentier de l’Imbut, sentier interdit depuis un éboulement en 2022. Après le Pré d’Issane où une plage de galets donne accès au Verdon, le chemin s’engage dans un défilé rocheux, resserré par des falaises, l’Étroit des Cavaliers. Il remonte ensuite vers l’Éboulis de Guègues, grand pierrier qui se franchit à l’aide d’aménagements, marches, escaliers, câbles.

Eboulis de Guègues

Le sentier mène ensuite au carrefour de La Mescla. Nous faisons l’aller retour pour admirer la confluence entre le Verdon et l’Artuby. De retour sur l’axe principal, une courte montée raide mène à la Brèche Imbert et tout le groupe fait ensuite l’effort de grimper sur l’étroite plate forme en belvédère au dessus des gorges. Suit un escalier métallique abrupt composé de 6 échelles totalisant 252 marches pour le franchissement du dénivelé négatif de 100 mètres. 

Escaliers de la Brèche Imbert

Le sentier alterne ensuite des portions hautes et basses le long de la rivière tantôt à l’ombre tantôt au soleil et plusieurs baumes, nom qui désigne une cavité naturelle ou une petite grotte abritée sous les falaises, se succèdent.
Arrivent les 3 tunnels, qui sont empruntés par le sentier. Conçus à une certaine époque dans le cadre d’aménagements hydroélectriques ils ont été abandonnés après la guerre de 1939-1945. Ratant le premier d’entre eux le Tunnel des Baumes, car il est également possible de le contourner, nous retrouvons à sa sortie 3 participants qui eux l’ont emprunté. Le passage par les 2 tunnels suivants est obligatoire. D’abord le Tunnel de Trescaire, long de 110 m  puis le dernier, le Tunnel du Baou, long de 670 mètres. Peu après son entrée, à environ 250 mètres, dans une courbe, une fenêtre découpée dans la roche permet d’accéder à la Baume aux Pigeons. Encore une vue exceptionnelle sur les gorges. À la sortie de ce dernier tunnel, on redescend au bord du Verdon où des adeptes de randonnées aquatiques se préparent. Un peu de dénivelé montant pour arriver à la passerelle qui permet de franchir le Baou, affluent du Verdon, et c’est la fin du sentier. Le chemin permettant de remonter au parking où nous sommes garés étant fermé, nous sommes obligés de suivre la route…

JOUR 5 mercredi 09 septembre

Autour du lac de Sainte-Croix

Distance : 22,87 km
Dénivelé : 665 m
Durée de marche : 6 h 00
Durée de déplacement : 8 h 00

C’est aux Salles-sur-Verdon que nous débutons cette randonnée. Installé au bord du lac, le village actuel est assez récent puisqu’il a été entièrement reconstruit après la disparition de l’ancien village, englouti lors de la mise en eau du barrage de Sainte-Croix dans les années 1970. Garés près d’une mise à l’eau, Michel partant pour une sortie en kayak, nous avons face à nous de l’autre côté du lac, le plateau de Valensole où les éclairs illuminent le ciel et les antennes du centre émetteur de Roumoules, qui a permis à Radio Monte-Carlo (RMC) en 1974 d’étendre sa zone d’écoute sur l’ensemble du territoire français et italien jusqu’en mars 2020, date à laquelle le centre a cessé ses émissions grandes ondes. Nous empruntons le GR Tour du lac de Sainte-Croix mais après environ deux kilomètres, nous le quittons pour suivre un chemin qui part en direction des Pérassées. Au point coté 556 m, une belle ouverture dans la végétation nous offre un superbe panorama sur le lac. Nous profitons quelques instants de cette vue avant d’amorcer une petite descente qui nous permet de rejoindre à nouveau le GR.

Le sentier s’élève alors à travers un agréable bois de feuillus. La pente d’abord régulière devient plus soutenue, jusqu’à atteindre un plateau à 700 mètres d’altitude. Nous entamons ensuite la descente vers Bauduen, en empruntant la gorge de Caletty. Peu à peu, nous perdons de l’altitude et le lac réapparaît au détour du chemin. Nous arrivons finalement à proximité du port de Bauduen. C’est le moment de profiter du bord du lac avec Michel qui nous a rejoint en faisant la pause-nique et toujours une baignade volontaire ou pas pour certaines.

Après le repas, nous prenons le temps de découvrir Bauduen, charmant village médiéval.

Eglise de Bauduen



Ses ruelles étroites, ses maisons en pierre et son atmosphère provençale en font une étape particulièrement agréable. Au début du chemin où commence le GR 99B qui suit les berges du lac, un panneau informe que le GR est débalisé invitant à suivre le GRP Tour du lac de Sainte-Croix, pour poursuivre l’itinéraire. Nous continuons toutefois jusqu’à une intersection, avec un chemin qui remonte, rejoindre le GRP. Celui-ci d’abord agréable, avec le passage sympathique d’un petit défilé, change progressivement et devient nettement moins confortable. Le sol se couvre de nombreuses pierres verticales et coupantes, un  véritable lapiaz, qui rend la progression pénible.

Le GRP…

Et comme si cela ne suffisait pas, la pluie commence à tomber. La difficulté augmente encore dans la descente à partir du croisement de Garuby. La pente, les pierres saillantes et l’humidité rendent cette partie particulièrement délicate. La prudence est indispensable, notamment dans les passages où les appuis sont moins sûrs.

Arrivés au niveau du lac, la pluie a cessé et nous retrouvons des chemins plus larges et beaucoup plus praticables. Nous poursuivons alors tranquillement notre itinéraire en longeant Sainte-Croix au plus près de l’eau jusqu’à notre point de départ aux Salles-sur-Verdon.

 JOUR 6 jeudi 10 septembre

Le belvédère des vautours

Distance : 17,17 km
Dénivelé :  738 m
Durée de marche : 4 h 48’
Durée de déplacement : 6 h 20’

Ce matin-là, en franchissant le seuil du gîte, c’est un air vif et piquant qui nous accueille : le thermomètre affiche un petit 7°C. Le Grand Canyon, que nous longeons en voiture pour rejoindre notre point de départ, a entièrement disparu, les falaises vertigineuses littéralement noyées dans une mer de nuages compacte.

Notre destination, le village de Trigance, est lui aussi enveloppé dans la brume et on devine à peine la silhouette imposante de son château fort du XIe siècle, flanqué de ses quatre tours crénelées qui veillent sur les lieux depuis le Moyen Âge.
Nous débutons sur le GR 49, d’abord goudronné pour desservir les habitations des hauteurs, avant de fouler un agréable sentier en balcon. La montée, douce et régulière, alterne entre sous-bois et espaces dégagés. Le soleil perce enfin et nous réchauffe. Les panoramas se dévoilent : à gauche la Cime de Biach, à droite le sommet de Breis, et face à nous le sommet du Robion.

Juste après avoir dépassé le paisible hameau d’Entreverges, nous quittons le GR pour nous enfoncer au cœur de la forêt de la Colle de Breis. C’est un véritable jeu de piste qui commence : nous cheminons sur de charmantes petites sentes sauvages qui changent constamment de cap. Le sentier vire au nord, plonge au sud, remonte au nord, oblique à l’est, avant de s’orienter définitivement vers le nord. Après une dernière montée un peu plus soutenue, l’effort est récompensé de la plus belle des manières.

Nous débouchons soudain sur le fil d’une crête spectaculaire : le belvédère des Vautours.

Sur le belvèdère

Le spectacle est grandiose : des dizaines de rapaces planent au-dessus du vide. Disparus de Provence, le vautour fauve, réintroduit en 1999 et le vautour moine en 2005 forment aujourd’hui une colonie florissante de plus de 300 individus. Sous nos pieds, les falaises plongent verticalement pour marquer le début du Grand Canyon du Verdon. En contrebas, nous apercevons le pont de Carajuan, notre objectif d’après-pique-nique.

La descente vers le Verdon, que nous redoutions difficile, se fait facilement sur un chemin en parfait état. Nous atteignons le pont de Carajuan, un bel ouvrage en pierre à deux arches qui reliait autrefois les chemins muletiers entre Castellane et Moustiers-Sainte-Marie. Nous entamons alors la dernière partie de notre boucle. Un court mais indispensable détour nous mène au pont de Sautet. Ce magnifique pont médiéval en dos d’âne, d’architecture romane, édifié à la fin du XVIIIe siècle (vers 1780) enjambe d’une seule arche le Jabron, affluent du Verdon qui s’est frayé un chemin à travers la roche calcaire, creusant un canyon miniature particulièrement étroit et profond. Regarder le torrent bouillonner tout en bas de ce pont de pierre suspendu au-dessus du vide doit être un moment magique que nous devons imaginer car il est au moment où nous passons complètement à sec.

Après ce saut dans le temps, nous reprenons notre marche. Le village de Trigance et les lignes fières de son château fort se dessinent à nouveau à l’horizon, cette fois-ci baignés par la lumière de l’après-midi.

Sur la route du retour en voiture, une halte finale au belvédère de la Mescla nous offre un coup d’œil vertigineux sur la confluence de l’Artuby et du Verdon. Un superbe écho à notre randonnée sur le sentier Blanc-Martel, où nous avions admiré ce même croisement depuis le fond des gorges. Découvrir ce paysage grandiose sous une toute nouvelle perspective boucle cette  journée de la plus belle des manières.

JOUR 7 vendredi 11 septembre

Col de plein Voir

Distance : 9,73 km
Dénivelé : 758 m
Durée de marche : 3 h 47’
Durée de déplacement : 5 h 00


Pour ce dernier jour, le groupe se divise à nouveau : nous laissons Michel pour une sortie kayak sur le lac de Sainte-Croix et Régine qui préfère faire une pause, juste avant le pont du Galetas. Quant à nous nous allons jusqu’au parking de Félines. Après la portion commune menant au col de l’Âne, nous obliquons à droite sur un sentier en courbe de niveau, parallèle à la route. Le cheminement en sous-bois est d’abord facile, avant de se corser par de courtes montées abruptes pour franchir les rochers et contourner les falaises.
Très vite, le paysage s’ouvre magistralement. Le lac de Sainte-Croix s’étend en contrebas, d’un calme absolu, à peine troublé par le sillage d’une seule embarcation (est-ce Michel ?). Un bel à-pic dévoile les Hautes Gorges, désertes avant l’assaut des bateaux de location.

Falaise penchée

Nous remontons en longeant d’immenses parois calcaires où s’activent plusieurs cordées de grimpeurs. De retour en forêt, nous partons à la recherche des grottes du site de Saint-Maurin. Une première tentative sur une sente encombrée s’avère infructueuse. Nous rebroussons chemin pour trouver, quelques mètres plus haut, une trace plus nette, rapidement confirmée par un poteau de balisage. Nous débouchons sur une clairière où des monticules verticaux sont dissimulés sous des bâches noires. Corinne évoque certainement avec raison, l’hypothèse de fouilles archéologiques. Malheureusement, pas de grandes grottes comme sur les photos, seulement quelques petites cavités peu significatives. Nous faisons demi-tour et face à l’absence de panneaux pour la variante de la résurgence et au dénivelé restant, la sagesse l’emporte : nous reprenons le cap vers le col.

La pente s’accentue nettement. Contournant ou longeant des falaises, aidés par les racines entremêlées et les blocs de roche qui forment des marches naturelles pour le franchissement de parties très raides, nous atteignons les 1023 mètres d’altitude. Un magnifique belvédère sur le lac nous permet de souffler avant le dernier kilomètre. Au col de plein Voir, nous rejoignons la crête et nous découvrons un panorama embrassant à la fois le lac de Sainte-Croix et les Hautes Gorges (cf photo entête). Malheureusement, le soleil a capitulé et c’est sous un ciel bien gris que ce paysage grandiose se dévoile à nous.

Après le pique-nique, nous amorçons le retour en allant en direction du col de l’Âne. Si la première partie se déroule sur un beau chemin, le col passé le sentier devient instable, tapissé de pierres qui roulent sous nos chaussures, provoquant de nombreux dérapages. La prudence est de mise, pas question de gâcher ce dernier jour de randonnée. Nous  retrouvons enfin l’intersection du matin et rejoignons nos voitures sous un magnifique ciel bleu retrouvé.

Nous rejoignons Régine et Michel au pont de Galetas. Nouvelles activités : baignade, initiation au kayak, chacun choisit ce qui lui convient le mieux, voire les deux si l’envie est là. Nous terminons la journée à Moustiers-Sainte-Marie, joyau provençal blotti contre la falaise, à la célèbre étoile suspendue. Après une gourmandise dégustée tous ensemble, chacun part à la découverte du village avant de regagner notre hébergement pour une dernière soirée.

JOUR 8 samedi 12 septembre

Jour du retour à Clermont -Fd

Une belle surprise sur la route, peu après le départ du gîte, un chamois descendu de la forêt, court pendant quelques instants devant la voiture avant de plonger dans la pente. C’est le seul aperçu de tout le séjour, apparemment moins effrayé par le bruit des voitures que par les randonneurs.

Des embouteillages sur l’A 7 puis sur l’A 75 entre Issoire et Coudes, ont rallongé la durée du trajet.

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Séjour n°13 du samedi 29 août au mardi 8 septembre 2026 GR10 3e épisode

Animateur : Thierry
Nombre de participants : 5 H
Météo : Très ensoleillée et températures élevées – 1 journée complète de brume-bruine
Distance : 163 km
Dénivelé : 10302 m
Carte :  3537ET, 3637OT, 3536ET
Classement Atlas : HC
Kilomérage auto : 1000 km pour 1 véhicule + train + bus
Temps préparation et CR : 15 h

Jour 1 : Aulus les Bains – Marsoulis  – 19 km / 1300 m D+  / 1046 m D-  / 8h45 de déplacement

Nous voici de retour à Aulus deux ans après… Encore une belle distance jusqu’à Luchon et de belles grimpettes devant nous. Après une bonne nuit dans notre petit camping fétiche, nous rejoignons le GR juste après le centre thermal passé. Dès le premier mètre de chemin, ça grimpe et ça grimpera jusqu’au col d’Escots, 7 km plus loin et 1250 m de D+ plus haut. Le sentier s’élève donc d’abord dans l’épaisse forêt qui surplombe Aulus.  Une petite seconde d’inattention nous oblige à rechercher le GR quelques minutes. Drôle de début. On mettra ça sur le compte du démarrage et du poids des sacs,  environ 16 kg par marcheur: 8 petits dejs, 8 picnics et 7 dîners… La pente est raide. Heureusement, nous croisons un couple du cru qui monte également. On parle itinéraire et ours. Nous allons marcher dans la partie de l’Ariège la plus peuplée avec près de 100 individus. Le monsieur nous apprend que des effaroucheurs de l’Office français de la biodiversité pratiquent surtout l’effarouchage simple, à base de cris, coups de sifflet et cornes de brume, de lumière puissante et d’aboiements des patous. Peu d’armes utilisées dans le cadre d’effarouchage renforcé. Sur 10 ours rencontrés, deux à trois ne bougent pas. Munis de ces informations intéressantes et ayant retrouvé un second souffle d’après démarrage, nous continuons la montée à pas mesurés. Nous passons à côté de notre première cabane du séjour, la cabane de Bazets. Le sous-bois s’amincit, les fougères apparaissent, signe que les bêtes vont sortir du bois. Avant de retrouver des panoramas, nous faisons un petit détour vers la cascade du Fouillet, bien en eau. Nous approchons du verrou glaciaire et le sentier traverse le ruisseau du Fouillet en direction du col qui approche. Après la rudesse des premières pentes, la douceur d’un cheminement en balcon nous fait du bien. Quelques petits efforts encore et nous voilà arrivés sur les pelouses du col d’Escots. Il y a du vent et du soleil: parfait pour faire sécher nos tentes.

Un petit café pris au resto du col nous requinque pour l’après-midi et la longue descente qui s’annonce. Au sud, la piste qui passe à proximité monte au sud vers le cirque de Gerac et les pics voisins de Freychet et de Cerda. En quittant Guzet-Neige, dans la descente, nous commençons à deviner puis voir l’étroite vallée par-delà la crête au premier plan.

Cette vallée se ferme par le cirque de Cagateille et sa Pointe de la Hillette qui le domine. Nous avions arpenté ces chemins de la Liberté lors d’un précédent séjour dans la vallée d’Ustou toute proche. On devine bien un peu plus au SW le port et le pic de Couillac. En avançant encore un peu au NW, on se met un peu plus dans l’axe de la vallée d’Ustou et c’est alors le port de Marterat qui se dévoile. Encore une rando qu’on avait faite 😀l’Espagne est juste derrière cette ligne de crête ! Mais concentration sur la descente plutôt que sur ces belles cimes frontières ! A notre NE, on aperçoit une belle concentration de chalets parfaitement intégrés dans les bois qui enserrent Guzet: c’est la station de Prat Mataou. Après une heure et demie de descente, nous entrons dans la vallée d’Ustou, près de St Lizier. Petite pause au camping pour se désaltérer et nous entamons la dernière partie de la rando en direction de Marsoulis, à l’ouest de notre vallée. Après deux heures de descente, il faut remettre le bleu de chauffe pour grimper vers ce hameau. Nous suivons une large piste-route qui dessert quelques belles propriétés. A partir de là, il nous faut trouver notre bivouac: à l’écart du passage, prairie suffisamment plate et cours d’eau à proximité. Il faudra pousser la rando encore un peu avant de trouver notre lieu de résidence avec ces trois critères remplis. Quelques parties de CHIPS (super jeu de voyage) et un bon repas plus loin, nous pouvons nous endormir pour une nuit réparatrice.

Jour 2 : Marsoulis – cabane de l’étang d’Areau – 20 km / 1800 m D+ / 850 m D- / 9h15 de déplacement

On s’était couché sous un temps ensoleillé la veille, on se lève sous un ciel bas, enveloppés de brume. Température en baisse, il faut pourtant y aller. Il nous faut d’abord rattraper le GR qui passe bien au-dessus de notre bivouac. Un peu de hors-piste s’impose. Une fois sur le chemin, nous rencontrons aussitôt de fortes pentes dans la forêt qui ont vite fait de nous réchauffer. Heureusement le sentier est bien tracé et la forêt de hêtres nous rappelle les nôtres. Après 600 m de grimpette en moins de 3 km nous atteignons le col de la Serre du Cot à 1546 m.

Col de la Serre du Cot

C’est le GR 10, après une montée vient de suite une descente. Celle-ci nous mène jusqu’à Couflens sur la route de Salau. Nous traversons plusieurs hameaux minuscules aux maisons ruinées mais plus bas les hameaux sont habités et les maisons restaurées ou en voie de l’être. Cheminement agréable sur un sentier pierreux pour résister aux passages. Sûr que les flancs de la montagne étaient cultivés en terrasse car quelques murets subsistent encore. L’ardoise est omniprésente: le sous-sol est fait de schistes ardoisiers. Le matériau était proche… Nous faisons une petite halte au gîte de Rouzé d’en Bas. Nous admirons le potager qui est d’une luxuriance folle. On avait oublié qu’un potager pouvait être aussi vert ! Un ruisseau bien en eau coule à deux pas, ceci expliquant cela. La ferme abrite de beaux animaux dont deux magnifiques porcs noirs qui s’ébrouent sur de belles pentes boueuses rien qu’à eux. Plus loin sur le chemin qui s’est aplani à l’approche de Couflens, un gros bœuf écossais nous barre le chemin, son compère est un peu plus bas dans un pré. La bête est pacifique et répond bien à nos “sollicitations”. Nous arrivons peu après à Couflens sur la route entre Seix et Salau. Salau et sa mine de tungstène dont l’exploitation a cessé au début des années 70 et dont on annonce aujourd’hui la remise en route après son rachat par un consortium canado-australien. Les recours sont toujours à l’instruction mais l’indépendance énergétique n’ayant pas de prix…. Ça fait mal d’imaginer cette tranquille vallée du Salat traversée par des norias de camions. Couflens et son étroite rue principale à peine parcourue, il faut recommencer à monter. Et ça ne s’arrêtera que 8 km plus loin et 1000 m plus haut. L’ascension  commence sur une petite route qui dessert quelques hameaux de fond de vallée. Nous prenons notre pause déjeuner à Raufaste et profitons d’une petite accalmie de la pluie pour essayer de faire sécher nos tentes. Un peu plus haut, à Faup, autre hameau, nous trouvons une petite boutique pour se réapprovisionner, sans surveillance et en accès libre avec la confiance du propriétaire que les randonneurs paieront bien ce qu’ils ont acheté. Petite épicerie où le GRtiste trouve tout ce dont il a besoin. La montée au col de Pause se fait sur une belle piste qui permet aux bergers / propriétaires et autres personnels des Eaux et Forêts de monter plus vite dans les estives. 2 km après le col où nous avons fait une bonne….pause, nous parvenons à notre bivouac, la cabane d’Areau. Il bruine toujours et la fraîcheur va finir de nous pénétrer quand on s’arrêtera de bouger. La cabane est vaste mais fermée. 😭Rien ne se prête à un bivouac de 5 tentes aux alentours. J’ai repéré au-dessous un parc à moutons avec une bonne surface et propre. Je suis le seul convaincu, les collègues ne veulent pas dormir en prison. Un km plus loin et avec encore de la dénivelée, il y a l’étang d’Areau et une cabane… A regret je quitte mon enclos et les suis de loin… Après de rudes pentes, l’étang et la cabane qui le domine apparaissent. Elle a l’avantage d’être équipée d’une terrasse protégée et d’une grande table.

La cabane à l’étang d’Areau

On dispose nos tentes comme on peut sur un petit périmètre. Après une toilette plus ou moins poussée selon chacun, c’est l’heure du repas bien mérité pris en compagnie d’un randonneur québécois très sympa avec qui on a échangé sur un tas de sujets dont Robert Charlebois. Je me suis endormi en pensant à Lindbergh….

Jour 3 : cabane de l’étang – Aunac – 21km / 390m D+ / 1500 m D- / 8h de déplacement

Peu de montée aujourd’hui mais une longue descente jusqu’à la route de Seix. Après une journée hier sans rien voir, le ciel est dégagé ce matin. Tout l’environnement de la cabane se dévoile sous un autre jour… Nous commençons par une petite grimpette dans les rochers et les pelouses. Tout doucement, le Vallier se dévoile : d’abord la crête sommitale puis l’édifice complet jusqu’à sa base une fois parvenu à notre point haut de la journée à près de 2000 m.

Vue sur le Vallier

Nous progressons à l’W et les grandes barres rocheuses de Lanet Clau et des Cuns d’Aula au sud nous dominent. La TransPyr (nouveau nom de la HRP) y passe… Le paysage mérite bien quelques minutes de contemplation avant d’entamer la longue descente vers la cabane d’Aula. Après quelques minutes, on devine bien le vallon de Peyre Blanc et la légère sente qui est partie de la cabane jusqu’au col de Peyre Blanc à 2627 m. C’est une façon de monter au Vallier sans prendre le chemin classique par le refuge des Estagnous. Le couloir de Peyre Blanc qui permet d’accéder au col est truffée de gros blocs que l’on voit bien de notre position. Au col, on doit progresser vers le Petit Vallier et le col de Faustin d’où l’on rejoint la voie classique et sa dernière rampe avant le sommet à 2839 m. Je me promets de faire cette rando un de ces jours… Pour l’heure la descente continue par un sentier bien tracé qui serpente dans la pente sans jamais fatiguer. Pas d’eau à la cabane mais on trouve la source un peu plus bas, sur la droite du GR. Nous descendons en suivant le ruisseau de l’Artigues, tantôt à sa hauteur, tantôt en surplomb. Vers la cabane du même nom, on est sur un vaste replat où broutent tranquillement un troupeau de chevaux plus ou moins sauvages. Face à la cabane, au nord tombe la majestueuse cascade d’Arcouzan.

Cascade d’Arcouzan

La sente parait longue jusqu’à la pause méridienne que certains prennent les pieds dans l’eau. En début d’après-midi on quitte les sentes étroites du matin pour marcher sur des chemins plus larges qui se transforment en petite route en amont du hameau d’Estours. En aval du hameau la route est bouchée : des travaux de nettoyage du flanc de montagne est en cours et d’énormes blocs de pierre parsèment la chaussée. Peu après, c’est le hameau de Couflens de Betmajou qui marque la fin de la longue descente de 10 km et où l’on trouve encore une petite épicerie en libre-service mais beaucoup moins pimpante que celle de la veille à Faup 😊. Nous empruntons alors un tout petit tronçon de la route qui va à Seix avant de finir par la remontée à Aunac en suivant une petite route et une piste jusqu’au col de l’Oule et Aunac quelques centaines de mètres plus loin. Pas de bivouac sauvage à Aunac mais un gîte qui nous propose un espace de camping économique avec toutes les commodités. Ce soir, on ne mangera pas de lyophilisé, ni de purée mousline / saucisson mais un bon plat de rougail -saucisses arrosé d’un beau vin de Cahors.

Jour 4 : Aunac – cabane de Taus du Vallier  – 20 km / 1750 m D+ / 750 m D- / 8h15 de déplacement

Une journée longue encore aujourd’hui ! Celà commence en douceur par une petite descente au départ d’Aunac vers le ruisseau d’Esbints puis par une sente en balcon en légère montée au-dessus du vallon où coule le ruisseau. Après 5-6 km, à hauteur du gîte d’Esbints (où le responsable nous recommande de mettre des pastilles de micropur dans l’eau de source qui jaillit là), la pente se cabre soudainement et reste rude jusqu’à la cabane de Tariolle, 3,5 km plus loin. Peu après, au début des prairies d’estive, le grondement des motos nous dit que le col routier de la Core approche.  Du col la vue porte à 360° sur tout le Couserans. Au sud, on distingue facilement le mont Valier et le col du Cruzous. Le col de la Core est un point de départ pour de multiples randonnées et nous croisons des gens sympas dont un couple garé à proximité qui ravitaille en eau un de nos collègues. Un panneau nous apprend que le GR est dévié après le col d’Auréole à 3,6 km de notre position. Cela remet en cause notre bivouac du soir prévu à côté de la cabane d’Aouen. Pascal qui a découvert un site bien fait et très complet sur les cabanes et refuges des Pyrénées nous indique une cabane accessible sur la portion déviée. Ce peut être la cible de l’après-midi mais pour le moment il faut se remettre en route en direction du col.  Le sentier suit une courbe de niveau et offre un petit répit. Lorsque la vue est dégagée, la vallée de  Bethmale apparaît avec de grandes échappées au nord. Nous progressons le plus souvent dans une petite forêt de sapins à l’ombre rafraîchissante.  La progression en est facilitée et à mi -chemin du col nous nous arrêtons pour prendre notre déjeuner.  Heureusement, à la reprise, la pente est légère et laisse le temps à la digestion d’opérer 😊. Seul bémol, le col se dérobe toujours, on croit y parvenir mais ce sont toujours des mouvements de terrain trompeurs. Finalement on le voit presque à la fin de la montée. Bonne nouvelle, une source nous attend un peu plus loin sur ce petit plateau sommital. Le rafraîchissement est le bienvenu car à plus de 1700 m, la chaleur est bien présente.

Col d’Auréole

Le GR a été détourné à partir de ce col car un incendie récent a fragilisé le sol  et des risques de chute de pierres menacent le sentier passant en contrebas. Ce détour va nous rallonger le parcours sachant qu’il reste encore plus de 600 m de D+ à avaler. La sente est néanmoins balisée PR. La suite sera donc une alternance de petits coups de cul et de parties plus planes dans un terrain minéral.

A l’est, au-dessus de nous une grande barre rocheuse nous surplombe avec de petits pics (tucs) culminant à plus de 2400 m. Un peu plus loin, à l’approche  du col de la Crouzette, nous tombons sur une petite caravane. C’est un groupe de propriétaires et leurs mulets qui apportent un gros ravitaillement à leurs bergers à la cabane d’Espugues un peu à l’écart de la sente. A priori, ce sont de bons vivants et l’apéro devrait durer un moment… Une fois le travail accompli et les bêtes dans leur enclos of course. La fin de la rando approche mais la descente vers la cabane du Taus est piégeuse et la sente peu évidente. Une dernière barre rocheuse franchie et la cabane apparaît sur un grand replat. Elle est occupée par un couple de jeunes locaux venus se mettre au frais pour quelques jours. Ingénieurs de formation, ils sont maintenant tisserand et vannière à Bethmale et vivent très chichement…. Après cette grosse journée, le repas sera serein, plus que le début de nuit troublé un long moment par des chevaux qui se sont mis en tête de slalomer entre nos tentes…😁

Jour 5 : cabane du Taus – cabane de l’Arech – 20 km / 1526 m D+ / 1790 m D- / 8h de déplacement 

On quitte à regret notre bivouac et nos amis d’un soir sous un beau soleil pour une journée à grosses descentes… Nous continuons la variante de la veille par une toute petite montée et un début de descente jusqu’au Cap des Lauzes où nous retrouvons le GR. La sente forme de beaux S et est très agréable à suivre de bon matin. Je me suis arrêté pour envoyer quelques SMS et les autres ont pris pas mal d’avance. Je presse le pas pour les retrouver près de la cabane d’Aouen blottie contre un versant escarpé. Nous aurions eu du mal à caser notre bivouac si nous avions suivi le GR comme prévu …. La vue sur le fond de la vallée profondément encaissée donne le vertige. La pente du sentier justifie le beau tracé tout en S qui rend la longue descente presque confortable. Parvenus dans la vallée après 5 km , une piste le long du Riberot nous amène à la grande Maison du Vallier. Petite pose salutaire avant d’entreprendre la rude montée vers le Tuc du Coucou 950 m plus haut et moins de 4 km plus loin. Comme tous les jours, nous rencontrons peu de randonneurs sur notre GR et en majorité ils viennent tous de l’Atlantique ; la plupart voyagent seuls. Après un premier km où le sentier montait droit dans la pente, la suite est moins raide mais exige de bien pousser sur les bâtons. Les cabanes filent les unes après les autres. Cabanes de l’Artigue, du Trapech du milieu du Trapech d’En haut et du Clot du lac où nous finissons par manger. La moitié de la rando du jour est derrière nous et restent quand même une grande descente en plein cagnard et une dernière montée vers notre cabane d’Arech et le bivouac. Peu après le repas, nous passons près de la cabane du Besset devant laquelle un troupeau de chevaux forment un cercle en plein soleil. Quelle est la signification d’une telle géométrie ? Nous essayons de gagner au plus vite la partie forêt de la descente car la chaleur est forte en ce tout début septembre. Nous buvons beaucoup et il nous tarde de trouver une source ou un torrent. Presqu’au bas de notre descente, nous tombons sur un ruisseau qui se jette dans l’Orle, le ruisseau qui irrigue la vallée. Au ruisseau ou à la source, ce sont toujours les mêmes gestes qui prennent  du temps : filtrage ou pastilles… Je suis le seul à ne pas avoir de bouteille de filtrage donc j’en prends pour une heure à chaque fois sauf quand des collègues serviables me prêtent leur filtre voire me filtre l’eau 😉 De là-haut on discernait bien une piste qui semblait se diriger vers l’implantation supposée de notre cabane mais son point de départ paraît plus bas dans la vallée. Soupirs… Encore de la distance avant la montée finale ! Heureusement le GR est bien conçu et nous trouvons une passerelle qui traverse le ruisseau de l’Orle plus haut dans la vallée. Dans la continuité, une sente se dessine qui monte progressivement dans une belle forêt de hêtres. Dans sa partie terminale, elle avale les 200 m de D+ restant par une série de petits S très serrés qui nous mènent (presque sans effort) sur la piste qui nous parait presque plate et qui mène à la cabane de l’Arech.

Direction cabane de l’Arech

Sur cette photo on voit bien en zoomant un peu les « S » terminaux, la piste et notre cabane d’Arech. Nous y trouverons un berger et trois randonneurs qui viennent d’Hendaye. Ils nous proposent d’occuper les deux places restantes mais nous préférons planter notre bivouac un peu plus bas. Ce soir-là, outre la bonne bière vendue opportunément par le berger, nous aurons droit à un cours de descente d’estives d’un troupeau de 800 bêtes, donné par une bergère et ses chiens ! Quel spectacle apaisant avant le dodo 😊

Jour 6 : cabane de l’Arech – refuge de l’étang d’Araing -16 km / 1500 m D+ / 300 m D- / 8h45 de déplacement

Nous voilà repartis ce matin en forme après un beau bivouac. Le troupeau est remonté pâturer un peu plus tôt. Il occupe rapidement une grande partie des pentes autour de la cabane. La montée au col de l’Arech, au-dessus de la cabane, se fait à bonne allure. Au col, nous croisons le berger, peu disert ce matin. Il nous demande de couper dans la pente pour ne pas gêner ses bêtes qui occupent le GR. Nous lui obéissons sans discuter. 😁Au début de la descente, nous avons déjà Eylie en point de mire, pourtant si loin, si bas dans la vallée… Les premiers vestiges de l’exploitation minière de la montagne apparaissent peu après l’abri sous le col: rien que des câbles et des pylônes  rouillés. A l’approche du hameau, deux éclaireurs partent vers le gîte pendant que j’attends un collègue retardataire. Je rate la bonne bifurcation et nous arrivons finalement au Bocard d’Eylie, plus bas, devant les ruines des bâtiments d’exploitation des mines de Bentaillou que nous atteindrons en début d’après-midi. On a extrait 1000 m plus haut en pleine montagne et pendant un siècle environ du blende (zinc) et du plomb argentifère. Les terres extraites là-haut étaient transportées par un réseau de câbles aériens et de transbordeurs vers Eylie où elles étaient nettoyées dans les bâtiments que nous longeons. Nous revenons sur nos pas au prix de quelques mètres de D+ en plus et nous retrouvons le chemin du gîte où nous attendent les collègues. Le gîte est fermé mais le plein d’eau est effectué à sa fontaine. Nous sommes au pied d’une montée ininterrompue de 6 km et de près de 1350 m de D+ ! Beau programme avant d’arriver au refuge de l’étang d’Araing ! Jusqu’aux mines, la pente est assez raide et ne laisse pas beaucoup de répit. Les ruissellements sur le sentier ne facilitent pas la progression. Nous ne sortirons pas de la forêt avant le déjeuner malgré nos efforts. Nous mangeons donc dans la pente aussi bien installés que possible. Malheur à celui qui laisse échapper sa bouteille d’eau sur la sente  (moi !!)😊. Ragaillardis par la pause, nous avalons les derniers 300 m de dénivelée avant de sortir de la forêt et d’atteindre les premiers vestiges de la mine, à la station La Rouge. Il faut se hisser plus haut encore pour atteindre la station Narbonne et le gros des bâtiments ruinée.

Vestiges de la mine de la Rouge

Nous remontons le long d’une grande barre rocheuse percée à 100 m de distance par des entrées de galeries fermées par des plaques d’acier. A l’époque, 10 km de galeries furent creusées sous la montagne, à près de 2000 m. A l’apogée de l’exploitation en 1907, la mine employait près de 500 ouvriers dont la plus grande partie vivait autour des mines,  coupés du monde pendant 8 mois de l’année. L’exploitation cessa en 1963. Il faut imaginer les conditions de vie de ces hommes surtout en plein hiver ! Un musée retrace cette épopée à Eylie.  Pendant toute la traversée de ces vestiges qui n’ont jamais été nettoyés, on fait face à une montagne défigurée.  On continue à prendre de l’altitude mais souvent, la sente se discerne mal et la confusion avec le balisage du GR T51 nous met sur une fausse piste. Ce n’est qu’une fois parvenus à la stèle commémorant la disparition de 3 employés d’EDF (on ne dit rien des circonstances de leur disparition…) que nous sommes certains d’être sur la bonne sente. La chaleur est accablante et l’ascension n’en finit pas. C’est donc avec soulagement qu’on atteint le point haut du jour à 2222 m peu après. Ce décor de ruines et de montagne souillée comme un décor de Far West me laisse un goût amer même si en levant un peu les yeux on aperçoit au-dessus de ce désastre le pic de Maubermé culminant à 2880 m. Il est enfin temps de basculer vers l’étang d’Araing et son barrage 400 m plus bas.

L’étang d’ Araing

C’est avec un certain plaisir qu’on atteint le refuge perché au-dessus du lac. Trois éclaireurs ont pu faire trempette en nous attendant. 😁La bière et le bon repas pris au refuge finiront de nous réconforter après cette journée harassante. 

Jour 7 : refuge de l’étang d’Araing – Fos  – 16,3 km / 240 m D+ / 1600 D- / 7h45 de déplacement

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : que de la descente ou presque aujourd’hui. Des vacances en somme ! On comptera pour presque rien la montée du refuge au col d’Auéran,150 m plus haut. De là, une sente part en direction du pic de Crabère, 500 m au-dessus de nous. Des personnes rencontrées au refuge ont décidé de le grimper : pas nous 😊 Nous préférons plutôt suivre le beau cheminement au NW qui file en très légère descente vers la grande cabane d’Uls occupée par deux bergers. Nous voyons l’un d’eux couper les sentes en courant pour se positionner en contrebas près de ses bêtes. Le GR coupe presque le troupeau et les patous nous font bien comprendre qu’il faut passer son chemin sans discuter. Ils opèrent une sorte de tenaille qui nous pousse naturellement loin de leurs protégés. Beau spectacle !  Comme tout ce qu’on voit autour de nous car le regard porte loin : une grande muraille au SW formée de plusieurs petits pics dans l’alignement avec le pic de Crabère. Des pentes très boisées au NW avec un trait de vallée profonde qui se révèlera être la vallée où coule la jeune Garonne… Quand nous quittons ce beau promontoire, nous tombons sur de fortes pentes qui nous font passer un verrou rocher prononcé avec de l’eau à tous les étages dont la cascade d’Auède bien alimentée. Passé ce tronçon difficile, nous retrouvons plus bas une belle allée forestière qui sent la montagne habitée. Plus nous descendons, plus l’habitat se révèle, ruiné ou en bon état. La toponymie qu’on lit sur la carte montre un grand nombre de hameaux ou fermes isolées. Avant la forêt, l’agriculture vivrière devait dominer dans cette petite vallée.  Les gîtes succèdent aux résidences secondaires. Nous mangeons à la fin du chemin juste avant la route bitumée qui va nous mener après quelques km à Melles, village de Haute-Garonne connu pour avoir été le premier site d’implantation de l’ours en 1996. La route qui continue jusqu’à Fos plus bas est un four. Des randonneurs rencontrés sur les étapes précédentes nous ont parlé d’un espace de bivouac dans le village près de l’école. La rentrée scolaire vient d’avoir lieu et a dû mettre fin à ce service proposé. Et bien non, le camping est toujours possible dans la cour de l’école des filles désaffectée ; seule l’école des garçons est occupée par une classe unique dont l’instit habite un appartement dans le groupe scolaire.

Le temps de planter le bivouac et nous filons en direction de la Garonne dans laquelle nous prenons et bon et long bain réconfortant. La soirée sera à l’unisson de ces beaux moments de détente. La journée de demain sera le dernier gros morceau à avaler…

Jour 8 : Fos-cabane de Saunères  – 17 km / 1750 m D+ / 640 m  D- / 7h45 de déplacement

Dernier morceau de « bravoure » aujourd’hui. De Fos on devine bien l’effort à fournir pour passer cette grosse bosse à l’ouest de la ville. En fait, il nous faudra 6 heures de montée ininterrompue pour parvenir au second point haut de la journée au col d’Esclot d’Aou à 2093 m. Avant cela, nous quittons Fos en suivant le canal d’alimentation hydro-électrique pour nous présenter peu après au pied de la crête de Sacaube, au pied d’un bien bel épaulement ! Nous sommes partis avec une heure d’avance sur notre horaire quotidien pour profiter de la relative fraicheur matinale. La montée toute entière dans la forêt se fait par un beau chemin pentu mais bien dessiné. Après près de 950 m de D+ la sente redescend vers le ruisseau de Parlaquère où nous aurions dû faire un peu d’eau. Puis la sente remonte jusqu’à la cabane d’Artigue 100 m plus haut. Avant la cabane, nous tombons sur le corps d’un chevreuil égorgé qui barre la sente : nos enquêteurs se perdent encore en conjectures sur les cause de la mort 😊 … A la cabane, pas d’eau. Il faut monter encore un peu plus pour recroiser à nouveau le ruisseau. Cette fois-ci pas d’hésitation ! Nous faisons tous le plein d’eau : au moins 2,5 l par personne. Un couple rencontré à Fos nous dépasse avec leur chien. Ils sont partis de Wissenbourg au nord de Strasbourg en suivant le parcours de l’Hexa Trek qui va les mener à Hendaye. La littérature nous apprend que la distance totale du parcours est de 3012 km pour 146719 m de D+ !!!  Ils sont donc « presqu’arrivés ». Ça me fatigue rien que d’y penser. Vu leur cadence de marche nous les laissons filer. Une demi-heure plus tard, la cabane des Courreaux marque la sortie de la forêt et la pause repas ! Mais il reste encore plus de 600 m jusqu’au col. Ils sont finalement avalés sans trop de mal même si, comme souvent, le point haut se dérobe souvent au regard. Finalement le col d’Esclot d’Aou est franchi vers 14 h. Le plus dur est fait même si des bosses vont se présenter jusqu’au pic de Bacanère à 2193 m qui est le point haut du jour. Ce ne sera plus que de la descente jusqu’à Luchon le lendemain. Pendant 3, 4 km avant le pic, nous marchons le long de la frontière avec des bornes (de 405 à 399) qui jalonnent le GR. Nous nous approchons du but, la cabane de Peyrehitte, un peu à l’écart du chemin. Las, il n’y a pas d’eau et les abords sont recouverts de crottes de moutons. En fait tout le secteur est impropre au bivouac. Il faut consentir à 2 km de plus pour parvenir à la cabane de Saunères auprès de laquelle la carte montre la présence d’une fontaine… Pascal et Pierre partent en reconnaissance et trouvent effectivement la fontaine en contrebas. L’emplacement est magique (1000 m en surplomb de Luchon), il y a de l’eau et à peine de quoi mettre trois tentes sur une sol à peu près plat.

Cabane de Saunères

Ça tombe bien, la cabane est ouverte, propre et propose deux couchages que nos deux éclaireurs ont bien mérité d’occuper 😊. Notre dernière soirée en altitude sera douce et déjà baignée d’une petite nostalgie de fin de séjour…

Jour 9 : cabane de Saunères  – Bagnères de Luchon– 13 km / 46 m D+ / 1080 m  D- / 4h de déplacement

Dernière demi-journée de rando ce matin. Nous prenons donc notre temps pour lever le bivouac… Descente tout le long. Nous profitons d’un petit promontoire pour avoir un dernier regard sur la vallée de Luchon vue d’en haut.

Vallée de Luchon

Puis une large piste nous amène dans le charmant village d’Artigues (encore un Artigue qui signifie dans un large SW : espace récemment défriché) dans lequel nous déambulons tranquillement. Sa petite église et son cimetière sont tellement accueillants… Quelques bergeries occupent encore le village. Dès la route quittée, la sente descend brusquement par de larges « S » en direction de Sode dans un sous-bois de petits chênes et de noisetiers.  Puis le GR joue avec la route qu’il coupe avant chaque virage…. jusqu’à Juzet de Luchon. Ca y est, nous sommes dans la vallée et plus de montée jusqu’à l’année prochaine 😊. Il est temps de prouver que nous sommes bien allés jusqu’au terminus annoncé dès l’automne dernier et de clore ce long CR.

Séjour classé hors catégorie car 6 étapes à plus de 1300 m D+ dont 5 à plus de 1500 m D+. Bonne entente et entre-aide entre les participants. Un régal de séjour. 

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Séjour n°12 du samedi 22 au samedi 29 août Massif du Montcalm

Animateur : Yves
Nombre de participants : 12 animateur compris (7 F, 5 H)
Météo : ensoleillé dans l’ensemble
Distance : 72 km
Dénivelé : + 6500 m / – 6430 m
Durée :  47 h de déplacement pauses comprises
Classement Atlas : moyen à difficile
Kilométrage auto : 3540 km pour 3 véhicules
Préparation et rédaction : 50 H
 
– Jour 1 : trajet Clermont-Ferrand / Marc 09220 Auzat  520 km 7h30

Nous arrivons en Haute Ariège en fond de vallée de Vicdessos, au pied du massif du Montcalm, que nous allons découvrir cette semaine.

– Jour 2 : 12 km  + 1100 m   – 1100 m   8h35

Aujourd’hui journée des étangs (ou lacs). Nous gagnons les Orris du Carla (abris de berger en pierres sèches) à l’extrémité sud de l’Etang de Soulcem : lac de barrage formé suite à la construction du barrage du Pla de Soulcem de 1980 à 83 alimenté par le ruisseau éponyme. Après quelques explications nous voilà partis le long du ruisseau de Soulcem sur ce vaste plateau autrefois voué au pastoralisme où sont encore présents de nombreux orris çà et là. Un troupeau de Gascogne gris clair, et de Mérens à la robe noire, nous ignorent au passage. 
A la cascade de Labinas une odeur désagréable vient perturber notre odorat, pourtant point de bête crevée à proximité, question ??
La progression plein sud au dénivelé régulier continue gentiment le long du ruisseau. 

Face à l’orri des Estrets direction sud-ouest, le sentier qui serpente s’élève brutalement et nous conduit, après une petite pause à mis pente, à l’étang de la Soucaranne dominé par le pic du même nom qui se reflète dans une eau transparente. Deux ou trois escalades de rochers nous évitent de passer trop près du bord. Nous sommes à quelques encablures du Port du Bouet frontière avec l’Espagne.

Il est bientôt midi nous décidons d’aller manger à l’Etang de Roumazet tout proche. Petit ressaut passé, nous dominons ce deuxième lac plus petit, presque parfaitement rond, entouré d’une végétation verdoyante. Malheureusement, suite à une interdiction de la commune sur ce secteur, on ne pourra pas faire trempette, ne serait-ce que les pieds, pendant le pique-nique. Pendant la pause nous essayons de repérer le sentier qui nous conduira au prochain étang, pas facile à voir mais pourtant il existe. Après 300 m positif, difficile en pleine digestion sous le soleil, nous surplombons les étangs de la Gardelle à l’eau verte, bleue ou grise car ici quatre lacs s’étalent sous nos yeux entre pics, pointes et sommets en tout genre. 

Etang de la Gardelle

De là 900 m de négatif nous attendent pour regagner la vallée. La descente est régulière sur une sente étroite mais bien marquée. Avant les voitures il nous faut traverser le fameux ruisseau qui alimente la retenue par une passerelle également empruntée par les vaches en liberté. Un gentil monsieur nous viendra en aide car les bêtes apeurées par la dégradation de la passerelle sont pétrifiées et n’osent avancer.

Vaches sur la passerelle

Première journée de mise en jambe dans un environnement déjà de haute montagne, enrichi par tous ces étangs plus jolis les uns que les autres.

– Jour 3 : 10 km  + 850 m   – 950 m   7h

Ce matin, nous nous éloignons du massif du Montcalm pour visualiser, d’un célèbre sommet du Couserans, les sommets des jours suivants. Face au parking du port de Lers, bien connu des cyclistes professionnels, on aperçoit une petite sente assez raide. On débute doucement, chacun à son rythme, pour une montée jusqu’aux crêtes. Vers 1900 m le chemin s’adoucit pour laisser place à une large vue sur les sommets environnants avec le pic des 3 Seigneurs qui trône en maître. On en prend plein la vue, régal !
Du pic de Fontanette au pic de Barrès le sentier monte et descend parmi les rochers sur la crête. Parfois nous contournons sur la gauche ou la droite mais toujours avec précaution afin de ne pas se trouver face à un rocher infranchissable. On arrive au point de jonction pour rejoindre le Pic, un peu d’hésitation, car suite à un éboulement le tracé a été modifié et l’ancien n’a pas été effacé.
La trace monte à pic entre les rochers il faut mettre les mains. Par trois fois on a cru être arrivés, illusion d’optique. Seules les 3 croix nous confirment que l’on a atteint le sommet. La légende raconte que les trois seigneurs des vallées voisines se retrouvaient là pour définir leurs droits respectifs.

Au sommet des 3 Seigneurs

Retour au point de jonction pour le déjeuner, puis direction l’étang d’Arbu. On se laisse doucement guider par les marquages et les cairns en désescaladant les rochers prudemment, jusqu’à découvrir soudain l’étang précité au creux du vallon.
Quelques nuages ont apparu dans la descente et à l’étang les premières gouttes arrivent, on ne s’attarde pas. Nous pressons le pas avec attention car les glissades sur les pierres mouillées commencent. Sur notre droite le déversoir du lac nous offre une magnifique cascade que nous prenons à peine le temps de contempler car les gouttes se transforment en grésil.
Au pont de Ganioule nous délaissons les cailloux pour un chemin plus confortable, et retrouvons quelques arbres absents depuis ce matin. La pluie s’intensifie. Les chauffeurs courent pour approcher les voitures car nous sommes tous bien trempés et par chance se sera la seule fois de la semaine.

– Jour 4 : 8 km   + 1300 m   – 110 m   5h50

Traversée de Marc par le GR10 puis direction ouest par un petit chemin très agréable en forêt qui nous conduit à l’Artigue, hameau de quatre ou cinq maisons au décor original et admirablement entretenues. Nous continuons direction les cascades. Après avoir aperçu la première sans prétention nous continuons vers une deuxième beaucoup plus importante légèrement cachée derrière une végétation abondante. Photos prises nous retournons par une petite sente escarpée vers le GRT retrouvé dans le bois de Fontanal, axe principal pour le refuge du Pinet. Dans le bois, de rudes lacets jonchés de racines protubérantes nous font transpirer. Pause à la lisière du bois pour un pique-nique à l’ombre. Encore deux trois efforts et l’on arrive aux orris du Pla de Nouzère avec une belle vue sur le massif de Bassiès.

Le sentier s’élève fortement avec divers passages de rochers, on passe un ruisseau, au dessus d’une source, un petit raidillon et nous arrivons sur une croupe. Après plusieurs replats et grimpettes on peut observer sur notre gauche l’Etang Sourd et sa cabane. On cherche le refuge, on le devine mais on ne le verra qu’après avoir passé le déversoir de l’Etang du Pinet. Ca y est on le découvre enfin avec l’étang à ses pieds.

Arrivée à l’étang du Pinet

Nous arrivons donc en milieu d’après-midi, toujours avec un temps idéal, soleil et température raisonnable, à cet étrange bâtiment , belvédère à 360° sur ce paysage minéral. En fin d’après-midi le brouillard commence à arriver, se déplace par saccades et finit par envelopper totalement le refuge. La météo annonce du vent fort pour cette nuit et demain sur les sommets.

– Jour 5 :  13 km   + 1080 m   – 2100 m   9h55

Il est 7 H le jour se lève, les frontales restent dans les sacs. Malgré le vent fort nous décidons de monter au moins jusqu’aux étangs dans un premier temps. Nous partons cap sud pour s’élever sur un plateau qui domine le refuge avant d’entrer dans un goulet au dessus du torrent qui vient des étangs d’Estats et du Montcalm, suivi d’une traversée à faible dénivelé. Le vallon se referme au niveau de l’Etang d’Estats visible en contre bas et le sentier s’élève sur la gauche pour parvenir à l’Etang du Montcalm où flotte un petit névé sur une eau au vert soutenu.
Le vent vient du sud, comme nous grimpons coté nord nous ne sommes pas contrariés, d’où la décision de continuer.

L’ascension se poursuit donc sur un terrain très rocheux dans la partie la plus raide du parcours jusqu’à parvenir d’abord au col de la Coumette puis à celui du Riouffret. Maintenant nous prenons à gauche la direction du Pic du Montcalm, le souffle court dû à l’altitude nous arrivons enfin au sommet au milieu des rochers et gros cailloux. Les violentes rafales nous secouent sur la crête et nous empêchent de faire la traditionnelle photo de groupe. Malgré cela, la vue sur les sommets avoisinants et plus lointains est extraordinaire. On ne s’attarde pas car la température ressentie est proche de zéro, nous décidons de redescendre au premier étang pour un pique-nique bien mérité.

Descente à l’Etang du Montcalm

Pause finie, 2000 mètres de désescalade nous attendent. Nous n’avons plus qu’a nous laisser glisser vers le bas en suivant l’itinéraire de montée jusqu’au refuge. Au Pinet nous reprenons les affaires que nous avions laissées pour alléger nos sacs et empruntons le sentier qui passe par l’Etang Sourd plus régulier et plus confortable.

Refuge du Pinet dans la desente

Après l’Etang Sourd nous rejoignons le chemin de la montée aux orris du Pla de Nouzère avant de s’enfoncer dans la forêt pour descendre les derniers 500 mètres de négatif. Ayant amené une voiture à la centrale afin d’éviter une portion de route non intéressante les trois chauffeurs dévalent ces 500 mètres au petit trot pour récupérer les deux autres véhicules avant l’arrivée du groupe au parking. Chose faite, démarche appréciée de tous. Journée exigeante terminée, le toit de l’Ariège objectif majeur du séjour atteint, participants fatigués mais ravis et pressés de prendre une bonne douche.

– Jour 6 :   14 km  + 780  – 780   6h

Après deux journées intensives arrive une journée plus calme et plus roulante agrémentée par la découverte de sites historiques. Nous quittons Vicdessos sur la trace de l’ancienne voie de chemin de fer qui reliait Tarascon sur Ariège à Auzat, construite en 1911 pour desservir les usines et mines de la vallée. Face au camping, nous prenons à gauche un sentier muletier ombragé qui nous mène au sommet d’un éperon calcaire où se trouvent les vestiges du château de Montréal de Sos. Bati fin 12°S les nombreuses explications nous apprennent qu’il s’agit du plus important château des Comtes de Foix qu’ils ont volontairement détruit. De la table d’orientation nous avons une belle vue plongeante sur Auzat et Vicdessos ainsi qu’un large panorama sur les montagnes voisines. Nous quittons la butte en direction d’Olbier par une sente aérienne équipée d’un câble, avant de traverser une grotte tunnel sombre, étroite, humide et très glissante. Tout le monde est attentif, pas de chute à déplorer.

Sortie de la grotte

Après avoir traversé le sympathique village d’Olbier le chemin monte régulièrement en sous bois pour arriver à la Croix de Massot où un banc est bienvenu pour une courte pause boisson. Nous avons rejoint Goulier où après un rafraichissement à la fontaine, nous suivons le GR10 jusqu’au col de Rizoul 300 mètres plus haut. Au col endroit idéal pour la pause méridienne au pied du Pic de Rizoul. Soleil pour certains, ombre pour d’autres tout le monde trouve sa place.

Après quelques douceurs nous reprenons notre chemin sous un ciel d’azur et une température supérieure aux jours précédents, abandonnons le GR et plongeons sur Sem à l’ombre à travers la forêt de Gelé. Nous ne pouvons pas passer à Sem sans découvrir le Palet de Sanson perché sur son promontoire. Il fait chaud nous sommes en plein soleil le groupe montre certaines réticences à ce dernier effort. Ma persuasion fait que nous nous retrouvons tous devant cet énorme bloc de granit déposé par le glacier qui a occupé cette vallée.

Palet de Sanson

Petit retour en arrière pour traverser le village de Sem connu pour les anciennes mines de fer de Rancié, plus importante exploitation des Pyrénées en son temps. Sur le carreau de la galerie de la République divers panneaux nous relatent la vie minière de la grande époque puis nous suivons le chemin de Cavallère, chemin utilisé par les muletiers avant l’existence de la trémie de Cabre dont l’empierrement reste encore visible de nos jours. La descente suit le ruisseau de Sem où une cassure de relief a créé l’imposante cascade de Carraucou dissimulée dans la végétation. Nous arrivons au pylône inférieur de la trémie peu entretenu, dommage ! Nous traversons la D8 pour remonter le long du ruisseau de Vicdessos par le chemin de Charlemagne, nous sommes à découvert et la chaleur se fait sentir. Cette petite journée à faible kilométrage et dénivelé a reposé les organismes avant une dernière journée plus dynamique.–

Jour 7 :  15 km  +1390 m   -1390 m   9h40

Dernière journée, afin de minimiser la distance, nous nous approchons au plus près en voiture après avoir slalomé entre les vaches en liberté qui déambulaient sur la route. Départ du plateau de Coumebière en direction de l’Etang de Labant. Les anciennes mines de plomb argentifère des Argentières dépassées, nous montons légèrement sur la droite de l’étang pour arriver à la sortie du bois. Le soleil inonde la vallée et met en valeur la petite ville thermale d’Aulus les Bains d’où partiront nos collègues du GR10 prochainement. Maintenant un beau chemin en balcon, qui reste en courbe de niveau nous repose. Face à nous le cirque de l’Etang du Garbet où un patou nous signale la présence d’un troupeau. Le sentier remonte progressivement vers le col de las Fouzès. La brume matinale joue avec les formes environnantes, tantôt découvertes, tantôt enveloppées en nous offrant un décor étonnant et surprenant. Au col waouh ! la vue sur les sept à huit étangs de Bassiés est exceptionnelle. Le chemin maintenant reste en crête, descend au col de Morech puis remonte au cot de Morech, plusieurs passages de rochers ralentissent l’allure. Soudain on quitte la crête pour contourner le Pic des Fouzès par la gauche et après une longue traversée sur le flanc Est on la rejoint. De nouveau nous la quittons pour évoluer sur la gauche du Pic de Caumale sur un pierrier interminable guidés par des cairns. En contre bas sortent de la brume les étangs des Lavants de l’Escale et devant nous, au sud, apparait nettement le sommet plat de la Pique rouge de Bassiès avec à sa gauche la Pique de Belcaire. Le sentier qui mène au sommet et un sentier de montagne traditionnel quelques cailloux et peu de rochers le pas est régulier et la pente reste constante. Nous sommes tous en haut, la vue sur le Montcalm est dégagée, plus de brume, nous voyons bien le cheminement emprunté il y a deux jours.

Sommet de la Pique de Bassiès

Le vent est toujours un peu présent et malgré le soleil nous préférons redescendre légèrement pour le pique-nique car il est 14 heures passées l’estomac crie famine. La fatigue accumulée se faisant sentir, le retour sur cette crête semble interminable. Au col de las Fouzès nous quittons la crête pour plonger à gauche retrouver notre magnifique chemin en balcon mais c’était sans penser que le troupeau aperçu ce matin aurait pu s’accaparer le chemin et trois patous nous regardent et se font entendre. Petite séance de hors-piste pour les contourner et nous regagnons le sentier de ce matin. La partie horizontale sur ce chemin herbeux et terreux nous repose avant la dernière descente qui nous ramène au parking.

Cette semaine, dans cet univers minéral, a marqué le groupe mais la météo très clémente nous a aidé à supporter la difficulté. Ce séjour finit sur une bonne note, tout le monde est content d’avoir pu aller jusqu’au bout et a retrouvé suffisamment d’énergie pour chanter à tue tête lors de la soirée Karaoké organisée par le centre de vacances. Merci à tous pour la bonne ambiance et merci aux deux futurs animateurs qui m’ont épaulé régulièrement.

– Jour 8 : trajet retour Marc /Clermont-Ferrand   520 km 7h30

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Séjour n° 11 du samedi 4 au dimanche 12 juillet Mon tour du Queyras

Animateur : Thierry
Nombre de participants : 4 animateur compris (2 F, 2 H)
Météo : Très ensoleillée et températures élevées – pas de pluie
Distance : 140km
Dénivelé : 9000 m – (11 cols à + de 2200 m)
Carte : 3537ET, 3637OT, 3536ET
Classement Atlas : Moyen à difficile
Kilométrage auto : 1 voiture 895 km 
Temps préparation et CR : 30h

Jour 1 : Ceillac- St Véran – 13,30 km –1136 m D+  – 9h de déplacement

Après un voyage et une installation sans souci dans le refuge de Ceillac le samedi, nous sommes ce dimanche matin au début du sentier qui va nous mener à Saint Véran après une étape assez courte qui va nous lancer pour le restant de la semaine. Les dénivelées assez faibles des premiers kilomètres sont trompeuses. Jusqu’au hameau du Villard, nous marchons en balcon au-dessus du ruisseau du Cristillan. Ce n’est qu’après le hameau sinistré du Rabinoux que les choses sérieuses commencent. Au revoir les crêtes des Eusselieres de l’autre côté de la vallée de Ceillac et bonjour les premières rampes dans la forêt de Mont-Dauphin. Au cours de la progression, nous croisons et recroisons toujours les mêmes têtes, sympathiques au demeurant. On voit déjà que l’ascension sera un vrai chemin de croix pour certains quand d’autres voltigent sur ces pentes exigeantes. Aux alentours de 2100 m nous quittons l’étage préalpin et les derniers arbres. On devine presque le col des Estronques 500 m au-dessus de nous au nord-est. Le sentier est bien tracé et monte assez régulièrement. Chacun a trouvé son rythme et progresse plus ou moins vite… Même si ce n’est ne sont pas des sacs à dos chargés pour une autonomie, leurs 10-12 kilos commencent à peser.  Parvenus finalement au col après 1000 m de dénivelée à 2651 m, la Tête de la Jacquette à 2757 est comme une invitation pour conclure dignement cette première matinée. Du sommet, on a une vue plongeante sur St Véran qui semble si petit et si loin.

Saint Véran

A l’est, c’est le mont Viso qui se montre pour la première fois. La descente sera longue me dis-je avant de rejoindre mes compagnons déjà installés pour un pique-nique bien mérité. Entreprise en douceur, la descente sera assez longue en effet mais sans stress car sans difficulté. Entrecoupé par quelques haltes salvatrices, l’après-midi filera assez vite. Parvenus au point ultime de la descente sur le ruisseau de la Blanche, il faut encore consentir un dernier gros effort pour prendre pied dans les premières rues de ce village perché qui mérite bien sa place de village le plus haut d’Europe, à près de 2120 m. Nous passerons le reste de l’après-midi à nous installer et à flâner longuement dans les rues du village pour observer l’architecture de ces belles maisons et les horloges solaires qui ornent leur façade.

Jour 2 : St-Véran- Refuge de la Blanche – Tour de la Tête des Toillies 15,18 km – 1160 m D+  – 1192 m  D-  7h 13 de déplacement

Journée presque sans GR ce lundi. L’objectif est en effet de faire le tour de la Tête des Toillies à partir du refuge de la Blanche. Nous prenons une navette à Saint Veran pour gagner du temps et quelques 2,3 km en fond de vallée le long du torrent de l’Aigue Blanche. Le bus nous libère à 2 km de la chapelle de Clausis, près d’une ancienne mine de cuivre ouverte en 1900 et fermée en 1960, au destin chaotique et finalement ruinée en 1957 suite à de grosses inondations. Deux kilomètres plus tard, nous atteignons la chapelle des Clausis perchée sur un petit promontoire avec en fond d’horizon le cirque glaciaire de la Blanche dominé par la Tête des Toillies. Nous arrivons peu après au presque neuf refuge de la Blanche où nous nous délestons d’une partie de nos affaires avant de partir pour la journée dans une boucle minérale autour de cette bonne Tête. La boussole que je viens de perdre en attendant la navette à Saint Veran me manque un peu lorsqu’il faut choisir le bon sentier parmi les 3 qui se présentent avec des directions assez proches. Finalement, nous prenons le bon et la direction du col Blanchet et de son petit lac éponyme en avalant presque sans s’en rendre compte les 500 m de dénivelée. Petite pause au lac juste sous le col. La borne frontalière numéro 50 nous apprend que nous allons descendre en Italie une fois le col juste franchi à 2897 m. 

Borne frontière n°50

De ce passage, le Viso s’impose à nous. Il n’est pas très loin à vol d’oiseau. La descente est facile  et la sente évidente au sud en direction de col de Longet. Nous n’avons perdu que 200 m depuis le col. Les lacs Bleu et Nera, en Italie, sont bien tentants mais c’est le col Longet, en France, qu’il nous faut atteindre. C’est chose faite sans trop d’effort car la dénivelée était minime pour repasser chez nous à 2650 m. Nous surplombons deux petits laquets aux eaux bleues. Nous pénétrons sur un vaste plateau glaciaire où l’eau imprègne tout le paysage. Proches et au-dessus de nous s’élèvent une muraille faite de plusieurs sommets dépassant les 3000 m comme le bric de Rubren ou la pointe de Cornascle. L’Ubaye est toute proche au sud-ouest. Nous avons déjà tourné à 200° autour de la Tête et la dernière partie de la rando va consister à monter au col de la Noire à 2955 m et à plonger vers le refuge 400 m plus bas.
Avant le col, nous avons admiré le beau lac de la Noire et toute la montagne qui continue au sud, par-delà la muraille que j’évoquais plus haut. Parmi ces belles découvertes de la journée un petit regret : ne pas être parvenus au sommet du pic de la Farneireta à 3134 m dont la longue crête au sud-ouest peut être atteinte à partir de notre col de la Noire. Arrivés 1 à 2 heures plus tôt, l’ascension était envisageable ! Idem pour le sommet de la Tête des Toillies encore plus proche par une crête qui s’amorce également du col en direction du nord est. Nous en prenons notre partie et nous regagnons le refuge après une courte descente. Mes regrets s’envoleront vite dans les vapeurs d’une bonne douche et les effluves d’une bonne IPA. 

Jour 3 : Refuge de la Blanche  – l’Echalp – 19,07 km – 849 m D+  – 1641 m D-   7h 45 de déplacement

Assez longue étape sur le GR aujourd’hui. Nous quittons le refuge en direction du GR au nord en essayant de trouver une trace. Il est tôt et les appels de marmottes sont incessants. La sente que nous avons retrouvée rapidement a le bon goût d’épouser les courbes de niveau proches et donc de nous échauffer en douceur. Malgré tout, un petit coup de c… s’impose finalement, pour prendre appui sur la GR qui vient de Saint Véran. La montée vers le col de Chamoussiere plus de 300 m au-dessus de notre position se fait à assez bonne allure : l’échauffement a rempli son rôle.
Comme souvent pendant ce séjour, nous rencontrons des randonneurs-euses jeunes qui marchent à deux avec un de leurs parents, un père le plus souvent. Sympa de voir la complicité qui s’installe entre l’aîné et le jeune adulte. Après une petite pause au col, nous profitons de sa proximité et de son accès facile pour monter au sommet du pic de Caramantran, à 3021 m. La courte dénivelée est vite absorbée et après un petit passage rocheux qui nécessite de s’aider des mains, nous atteignons le sommet. Nous retrouvons vers le sud une partie de notre boucle de la veille avec la Tête des Toillies et le col de la Noire au premier plan. Comme souvent les 360 ° au-delà des 3000 m dévoilent une grande partie des Alpes, de la Barre des Ecrins à l’ouest, aux Aiguilles de Chambaron et au Mont Thabor au nord, au Mont Blanc au nord-est et au Viso à l’est. Entre autres… Après une descente assez courte, nous voilà au col Agnel près à remonter sur le 3eme col du jour, le col Vieux à 2806 m. J’avais imaginé monter au Pain de Sucre 400m au-dessus du col. C’est une ascension facile mais avec un A/R de plus de 2 heures. Il est presque midi, il fait chaud et une descente de plus de 10 km / 1100 m D- nous attend. Je préfère nous économiser. Tant pis pour ce beau 3000, à la forme si caractéristique.

Le pain de sucre

Nous profitons du 1er lac, le lac Foreant pour déjeuner. Lui et son voisin du dessous, le lac Egorgeou sont des lacs glaciaires à la végétation protégée car témoin directe des Grandes glaciations d’il y a plus de 20000 ans. Jonc arctique, lèche bicolore et vinaigrette cotonneuse tapissent le sol. Les trempettes sont proscrites et l’interdiction bien respectée malgré la relative affluence des randonneurs venus du col Agnel. La descente de la vallée du Haut Guil va se poursuivre tout l’après-midi. Un groupe de jeunes marseillais en colonie de vacances à Ristolas nous accompagnera jusqu’à l’Echalp. Comme toutes les longues descentes, celle-ci finit par lasser notre petit groupe avec ces airs de “et non, ce n’ est pas encore fini”. Heureusement le dernier tiers se fait à l’ombre des mélèzes. Mais toutes les “bonnes choses” ont une fin et nous enjambons enfin le pont au-dessus du Guil en direction de notre gîte du jour où la salle à manger se révélera bien bruyante. 

Jour 4 : L’Echalp – refuge de la Monta – Ristolas – pic de Sparveyre – 24,50 km – 1504 m D+  – 1502 m D-   9h44 de déplacement

Seconde journée en dehors du GR 58 aujourd’hui. Plutôt qu’une boucle standard dans les alpages au-dessus de Ristolas/ Abries, j’ai choisi d’atteindre un petit 3000, bien au sud de Ristolas qui surplombe par son versant oriental la haute vallée du Guil que nous descendions la veille.  Avant cela, nous parcourons le petit kilomètre qui nous sépare de notre gîte du jour à la Monta où, comme au refuge de la Blanche,  nous abandonnons une partie de nos affaires afin d’alléger nos sacs. Le soleil est déjà chaud et nous sommes chanceux de suivre un beau sentier ombragé jusqu’à Ristolas, parallèle au Guil que nous entendons par intermittence. A hauteur de Ristolas, nous rejoignons une piste qui part au sud en direction des crêtes du Grand Queyras.  Premier objectif du jour le lac de Ségure, 700 m au-dessus de nous, loin au bout de de cette piste de Ségure qui permet aux bergers du secteur d’emmener leurs troupeaux dans les estives qui surplombent sur plusieurs kilomètres le torrent de Ségure. La large piste monte tranquillement ce qui nous va bien pour ce début de randonnée. Nous rencontrons justement le pickup d’une bergère qui se prépare à installer de nouvelles clôtures autour des futurs pâturages de son grand troupeau de près de 1500 moutons. Elle nous explique la “stratégie” : laisser paitre les moutons d’aval en amont sur des surfaces qu’elle clôture, déclôture » progressivement jusqu’en haut du cirque distant de 4 ou 5 km environ. Tout le monde restera sur ces pentes jusqu’en septembre. En chemin nous croisons un petit groupe mené par une animatrice de randonnée de la fédération. L’occasion d’échanger sur nos associations respectives.

Après une bonne heure et demi de progression, nous quittons la piste pour un sentier qui monte progressivement vers l’un des deux lacs de Ségure -le plus vaste- où nous prenons notre repas. J’en profite pour observer les sommets au-dessus du lac. Le pic de Ségure (2990 m) que j’avais choisi est abandonné au profit du pic de Sparveyre (3002 m) que j’observe en détail. La crête finale semble assez longue sans difficulté vu d’en bas. Reste à trouver le meilleur cheminement pour cette longue montée hors sentier. Nous commençons l’ascension en suivant un ruisseau à sec. Puis ce seront de grands zigs et zags pour choisir à chaque fois la plus faible pente dans ce grand versant herbeux. Néanmoins, il faut bien grimper pour avaler ces 700 m de D+. Après une bonne heure de progression, nous arrivons dans les premiers éboulis. Une dame apparaît au détour d’un petit épaulement, ce qui valide la direction suivie jusque-là. Elle nous dit que la fin de l’ascension est pénible. On verra… C’est la seule randonneuse rencontrée dans ce secteur isolé. La progression dans un environnement maintenant complètement minéral continue à vue. Un cairn apparaît de temps en temps mais une très légère trace dans les cailloux nous guide sûrement jusqu’au vrai sommet qui se mérite car se dérobant souvent derrière les derniers plis rocheux de cette belle montagne. Séance photos à 360° sur la vaste plateforme sommitale pour se souvenir de ces paysages étonnants, comme toujours en haute montagne. Le regard englobe à la fois le Pain de Sucre, le Viso et le lac de Foréant que nous longions la veille. 

Pain de sucre, Viso, lac de Foréant

Finalement, l’ascension nous aura pris un peu plus de 2 heures d’effort dans un terrain pas facile du tout. J’essaie de retrouver notre itinéraire de la montée pour faciliter la descente. Je la retrouve par intermittence. Le lac de Segure, point de repère évidemment n’apparaît que tardivement. Mais j’avais retrouvé le lit du torrent emprunté tout à l’heure que nous suivons avec Sandrine jusqu’à la berge du lac. Il nous reste une bonne dizaine de kilomètres pour le retour : on ne s’attarde pas trop. Nous aurons la chance d’apercevoir un gros troupeau de jeunes bouquetins dévalant en colonne les pentes boisées vers le torrent de Segure. Surveillés par quelques adultes – des femelles ? – nous les suivons à la jumelle pendant leurs folles chevauchées. Difficile de s’arracher à un tel spectacle. Ce sont eux qui mettront fin au spectacle en remontant tous les uns après les autres dans leurs pentes boisées. La suite de la marche sera encore efficace car nous atteindrons la Monta un peu après 18h. Fatigués mais certains d’avoir vécu une de nos plus belles journées du séjour (mon avis). 

Jour 5 refuge de la Monta – Abriès – Font de Cervières  16 km – 1317 m D+  – 820 m D-   7h25  de déplacement

Reprise du GR aujourd’hui. Après un court trajet en bus à partir de la Monta, nous partons d’Abriès pour gagner les Fonts de Cervières, grand hameau à la même latitude que le col de l’Izoard et notre point le plus septentrional du séjour. Le sentier commence par un beau balcon au-dessus de la vallée du Guil d’où l’on devine le village d’Aiguille en aval, avant de virer au NW et de remonter le torrent de Malrif pendant 2 km environ. Cheminement paisible à l’ombre des mélèzes. Le sentier se fraye parfois un passage étroit dans la paroi rocheuse. Nous arrivons bientôt à la partie basse du hameau du Malrif où s’élève la chapelle Ste Marguerite, dans la pente rocheuse. Elle a la particularité d’avoir un clocher désolidarisé du bâti; il est installé sur un piton rocheux et est haut de 5 m. Grâce à cette particularité, les cloches et les alertes donc pouvaient mieux être entendues des habitants de la partie haute du hameau. Au milieu du 19e siècle, il comptait 19 maisons et 150 habitants. Ne restent aujourd’hui que des ruines et seulement 3 chalets rénovés mais plus d’habitant sinon en été dans un chalet gîte. Malrif signifie mauvais ruisseau ou mauvaise vallée signe d’une implantation difficile. Nous traversons le ruisseau en face des premières barres rocheuses de la Serre de l’Aigle. Les difficultés commencent….

Le sentier se cabre soudainement sur plusieurs centaines de mètres et il faut trouver son rythme. C’est pour éviter cet effort soutenu que les aménageurs ont fait une boucle moins pentue qui remonte plus au nord et qui revient progressivement sur le tronçon que nous suivons qui se révèle donc être une variante du GR qui nous élève de 600 m en direction du col du Malrif à 2902 m. Dans une partie en balcon, la pente  du sentier s’est un peu adoucie permettant le regroupement de l’équipe juste avant l’arrivée au lac du Grand Laus où nous prenons notre pique-nique. Le col est encore 300 m au-dessus de nous. Il existe une variante qui s’élève plus à l’ouest par les lacs Mezan et du Petit Laus et qui rejoint après un passage hors sentier le col. Nous ne le tentons pas. Lorsque nous parvenons enfin au col au prix d’un effort encore un peu soutenu, nous entrevoyons au loin au NW un chalet qui pourrait bien signifier le bout de la rando du jour. A confirmer ! Encore une superbe plateforme pour admirer les paysages à 360° : au NW, toute la chaîne des Ecrins s’impose majestueusement !

Chaine des Ecrins en fond

Il faut pourtant s’arracher et se lancer dans la descente un peu rapide et pierreuse sur les premiers 500 m. Puis tout se calme et s’aplanit presque. Nous marchons maintenant au bord du torrent de Pierre Rouge qui nous accompagnera jusqu’au Fonts. La chaleur aidant, il me paraît presque normale d’aller faire trempette qqes minutes. Patrice, à l’arrière, m’a devancé. Je profite d’une belle vasque et d’une petite chute d’eau pour prendre un bon bain. Patrice s’y plonge également lorsqu’il nous rejoint.  Nous descendons le sentier encore sur 3, 4 km  avant d’atteindre les “faubourgs” des Fonts de Cervières, grand hameau aux grands chalets pas tous en grande forme. Je les photographierai sous tous les angles à l’occasion d’une promenade digestive.

Jour 6 :– Font de Cervières – Souliers  18 km – 1113 m D+  – 1325 m D-   6h52 de déplacement

Passage de deux cols pour le prix d’un aujourd’hui avant d’arriver dans le charmant village de Souliers. La montée au premier col, le col des Marsailles, se fait par un sentier forestier bien tracé qui nous amène au beau lac des Cordes. Ce dernier fait l’objet de plusieurs expérimentations menées par des laboratoires français et italiens sur l’impact des changements climatiques sur les écosystèmes comme l’étude des bactéries et des microbes au fond du lac ou la mesure des polluants et de leur impact. On voit des dispositifs de mesure installés au milieu du lac. Nous continuons jusqu’au col à 2602 m. Nous sommes sur une variante du GR 58. Nous descendons du col dans le ravin des Coutiers, au pied du grand pic de Rochebrune qui culminé là-haut a 3302 m. Nous rejoignons rapidement la section du GR qui monte directement des Fonts. Après avoir pris un petit raccourci, nous sommes déjà dans la montée au col de Péas, le second col du jour à 2629 m. Nous rencontrons deux randonneuses qui font une sortie à la journée et sont membres d’une association de Briançon qui est distante de 13 km seulement de leur point de départ du jour. Effectivement, par le col des Portes et le col Perdu, le col de l’Izoard est à à peine 1 km à l’ouest. Pour l’heure nous gagnons le col en partie en hors-piste pour faire un peu de pierriers ce qui change un peu la nature de l’effort et décuplé le besoin d’attention. Au col, l’orage menace et, malgré l’heure, le vent n’incite pas à la pause casse-croûte. La descente facile est assez longue et la pente remonte même quelques centaines de mètres un peu avant la traversée de la Serre de Crepaud. Le sentier file au SW en balcon au-dessus du vallon qui mène à Château-Queyras plein sud. Je n’en ai pas encore parlé mais comme partout dans les prairies d’alpage la flore locale est à son top de floraison. La centaurée uniflore rose-violette, le jaune hélianthème commun, les lilas d’Espagne roses tapissent les pelouses. La gentiane au bleu intense s’accroche aux rochers… Enfin, un sentier dans un beau mélézin descend en douceur par mille virages au village de Souliers et pour nous amener à l’accueillant gîte de la Grande Rochebrune où nous avalons tardivement notre pique-nique du jour et dans lequel nous passerons une excellente soirée.

Jour 7 : Souliers – Bramousse 17,23 km – 718 m D+  – 1122 m D-   6h52 de déplacement

Dernière journée complète du séjour aujourd’hui. Je prends un moment, de bon matin, pour faire un petit tour de ce charmant village de Souliers aux maisons toutes serrées au-dessus du vallon où coule un torrent impétueux. Pas de passage par les cols du Tronchet et Furfande ou par le gros village de Brunissard aujourd’hui pour finir en beauté et en suivant le GR. Non, j’ai choisi un parcours qui contourne la haute montagne et qui rejoint la vallée du Guil pour parvenir à Bramousse. Cela ne veut pas dire qu’il n’y aura que du terrain plat.

A la sortie de Souliers, nous tombons sur 3 cabanes en bois disposées bizarrement. Des cabanes de berger si proches du village ? Des abris pour le stockage des outils de jardinage ? Des cabanes à cochons ? Rien de tout ça ! Ce sont des constructions montées pour le tournage du Bossu de Philippe de Broca avec Daniel Auteuil en 1997. Ici se joua la scène où l’on voit Lagardère étendre les couches de la petite Aurore et observer l’approche des assassins du duc de Nevers qui recherchent son héritière…. Un peu de la magie du cinéma qui m’accompagne quelques instants… Une fois dépassé le petit lac de Roue nous amorçons une très longue descente en forêt par un étroit sentier qui rejoint après moultes virages la route du col de l’Izoard venant de Château-Queyras. Une fois contourné Villargaudin que nous avons atteint au prix d’une belle grimpette, nous empruntons un long sentier en balcon qui suit, 200 m au-dessus, la vallée du Guil. Par cette chaude matinée, il a l’avantage de traverser de grands mélézins qui nous protègent du soleil. Comme nous marchons sous de grandes barres rocheuses, le sentier traverse des grands éboulis et nous donne l’impression d’être en haute montagne.

Traversée d’éboulis

La marche se fait précautionneuse ! Nous rejoignons peu après une variante du GR qui nous amène après quelques kilomètres à proximité du très pittoresque hameau des Escoyeres qui est sur le passage du GR descendant du col de Furfande tout là-haut. Nous avons la chance de tomber sur une belle fontaine ombragée équipée de tables de pique-nique. Une fois retrouvé, nous ne lâcherons plus le GR 58 jusqu’à notre arrivée à Ceillac. Du hameau, nous voyons tout en bas le hameau de Bramousse, notre étape du jour. Grosse dégringolade en perspective ! On s’en fait une idée en regardant la carte et le tracé de la route qui part des Escoyeres vers la vallée tout en épingles à cheveux. Mais comme le matin et la traversée délicate des passages de pierres, le sentier est magnifiquement tracé et très bien entretenu. Après une heure de descente nous traversons la route et le pont sur le Guil, au pied de Bramousse que nous rejoignons enfin au prix d’un gros coup de c…. Le gîte ne figurera pas dans mon top 5 des hébergements du Tour, mais il saura nous protéger, une heure après notre arrivée, du terrible orage qui s’abattra ce samedi après-midi sur le Queyras, lessivant toutes les pentes et provoquant d’énormes coulées de boue sur la route descendant de Ceillac à Guillestre. Cette dernière ne sera réouverte que le lendemain, une heure avant notre passage sur la route du retour. 

Jour 8 :– Bramousse – Ceillac 10 km – 828 m D+  – 601 m D-   3h48 de déplacement

Encore une demie journée de marche avant la fin de la boucle. Et un dernier col à franchir 800 m plus haut après une belle montée sèche, en forêt quasi exclusivement. A mi-pente, nous entrons dans la zone des chalets de Bramousse. Bel ensemble de 15 chalets d’estive que les éleveurs habitaient de juin à septembre. Fauche des prairies et traite des vaches occupaient leurs longues journées. Jusqu’en 1953 ! Les alpages permettaient de nourrir les animaux tout l’été pendant que dans les vallées, on cultivait et fauchait l’herbe pour constituer les stocks pour tenir d’octobre à avril. Toujours en bonne forme, ces chalets sont soit des résidences secondaires, familiales parfois, soit des locations Airbnb ou autres. Une piste permet de monter en voiture de Bramousse.

De là, la pente jusqu’au col est moins exigeante et on continue de monter par un beau sentier, sous l’ombre protectrice des mélèzes. Malgré son aspect boisé, le col offre de beaux points de vue sur les pics qui s’élèvent à plus de 3000 m au-dessus de Ceillac : pics de la Font Sancte, pic des Houerts et pic des Heuviéres. La pause est plus longue que d’habitude car nous voulons capter le plus d’images possibles de ces belles montagnes que nous quittons à regret. Après une belle descente au cours de laquelle nous croisons de nombreux randonneurs, nous entrons dans Ceillac où un monsieur bien aimable attendra que nous soyons tous réunis pour nous tirer le portrait. 

Beau séjour dans un magnifique pays de montagnes et de prairies fleuries. De beaux villages ou hameaux, de belles maisons et des cols qui se méritent. On aimerait vite y revenir.

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Séjour 10. Du samedi 20 au vendredi 26/06/2026. Les grands lacs du Verdon en kayak


Animateur : Michel J.
Nombre de participants : 4 animateur compris (2F, 2H)
Météo : samedi et dimanche chaud y compris les nuits ; les autres jours plus agréables avec une tendance orageuse en fin d’après-midi et des nuits plus fraîches.
Classement : moyen
Matériel mis à disposition par l’association :

– 2 kayaks de mer ; 1 Bélouga, de marque Plasmor, 1 de marque Dag modèle Miwok. – équipement complémentaire pour les kayaks (jupes d’étanchéité, éponges, 1 cordelette de 10 mètres) – équipement pour les participants (gilets d’aide à la flottabilité, pagaies doubles et 1 de secours)
– pour le transport des bateaux et containers : une remorque routière équipée de l’adaptation « kayak»
– 1 tente MT 900 de marque Décathlon, 1 tipi modèle Lavoo de marque Bergans et 1 tarp médium de marque Bergans
Matériel de l’animateur mis à disposition :1 Bélouga de marque Plasmor, 1 Fury de marque Kayman (bateau de l’encadrant).

    Transport: à l’aide d’un véhicule en covoiturage Michel J. (Renault kangoo) tractant la remorque.
    Kilométrage général effectué par le véhicule : 1115 km
    Niveau d’eau : bon sur toutes les retenues
    Conditions de navigation : très bonnes.
    Kilométrage parcouru : 104 km sur les 6 jours à la moyenne de 5 km/h.
    Temps de navigation : 20 h 42
    Préparation du matériel, rangement, nettoyage et compte rendu : 20 heures

    Le mot de l’animateur.
    Pour préparer au mieux ce rendez-vous, l’animateur avait programmé pour les adhérents inscrits deux sorties sur un plan d’eau de proximité, les Fades à 60 kilomètres de Clermont-Ferrand, le jeudi 11 et mercredi 17 juin.
    Le groupe était complet mais, malheureusement à quelques jours du départ, une des « Marie », nouvelle dans l’activité déclarait forfait suite à un problème physiologique.
    Après avis du bureau de l’association, le séjour a été maintenu car la réservation des emplacements au camping était faite avec le versement d’un acompte. La réglementation locale interdisant le bivouac sur les berges et rives des différentes étendues d’eau que nous allons explorées, le choix du camping de Sainte-Croix-de-Verdon, s’imposait du fait de sa proximité avec le lac et sa position géographique par rapport aux autres retenues situées dans un rayon de 20 kilomètres.
    L’objectif proposé a été largement atteint. Nous avons parcouru le lac de Sainte-Croix, du barrage jusqu’aux gorges du Grand Canyon ; la retenue de Quinson avec les baies d’Artignosc, de Cadenon et les gorges de Baudinard ; la retenue d’Esparron ou barrage de Gréoux-les-Bains et les basses gorges du Verdon.
    Le Verdon prend sa source dans le cirque de la Sestrières et parcourt 175 kilomètres avant de se jeter dans la Durance près de Vinon-sur-Verdon. L’avantage majeur des plans d’eau choisis est que les bateaux à énergie thermique sont interdits ce qui permet de naviguer dans une certaine tranquillité malgré l’affluence toute relative de certains endroits.
    Compte tenu de la température extérieure et de l’eau, il a été fréquent de finir la journée par une bonne baignade. En fin de séjour, il a été proposé la mise en pratique d’exercices de sécurité afin de permettre à chacun de gagner en autonomie et de savoir réagir en cas d’imprévus.
    Au cours du séjour, nous avons pu observer une variété de libellules et demoiselles de multiples couleurs et tailles mais également du côté des oiseaux, de nombreuses familles de Grèbe huppé et rare à mon avis à cette saison et en ce lieu, un couple d’Échasses blanches…

    Le Flambé sur la plage de Montmeyan

    Relation des 7 jours par les différents participants.

    Samedi 20 par Michel J. Après le parcours routier et l’installation au camping « Les Roches » à Sainte-Croix-de-Verdon qui sera notre camp de base pour l’intégralité du séjour, je propose aux participants d’aller chercher un peu de fraîcheur en testant ce grand plan d’eau. Brève sortie au couchant pour remettre en mouvement le corps et retrouver les sensations. Un léger vent d’Ouest provoque de petites vagues qui pimentent cette courte aventure de fin de journée.
    Distance parcourue : 4,44 km ; durée de navigation : 50’
    Dimanche 21 par Marie D. Lac de Sainte-Croix. Au petit déjeuner, Michel nous annonce le programme de la journée.
    Exploration du lac de Sainte-Croix en matinée et retour au camping vers 14 h 00 afin d’éviter les grosses chaleurs «  Il faut être en capacité de s’adapter sinon… ». 9 h 00, nous sommes dans les kayaks (moteurs interdits sauf électriques). Tout est calme. Un sentiment de plénitude et de sérénité. Au bout de 3/4 heure, nous accostons à Bauduen. Charmant village provençal avec son marché. Nous en profitons pour acheter melons, tomates. Nous arpentons les ruelles, découvrons deux magnifiques fontaines « Paty » (prairie) et la grande fontaine. A l’époque, le châtelain détournait l’eau afin d’arroser son jardin. A la suite de nombreux procès, il s’engagea à ne plus troubler les habitants « dans la jouissance des eaux de la fontaine ». Nous reprenons la navigation et longeons la rive Sud-Ouest découvrant de petites criques sauvages difficiles d’accès avec des eaux turquoises dignes de lagons lointains. Côté Ouest, nous apercevons le barrage de Sainte-Croix-de-Verdon, nous nous approchons jusqu’à la limite autorisée. La température extérieure augmentant, Michel décide de rentrer au plus rapide. Nous arrivons au camping à 14 h 30 et pique-niquons. Après-midi tranquille, un club de lecture se forme. En fin d’après-midi, nous allons découvrir à pied le village de Ste-Croix-de-Verdon perché au dessus du lac. Au cours de cette matinée nous avons pu apercevoir des Goélands, des Grèbes huppés et un instant magique, le vol de deux Échasses blanches.
    Distance parcourue : 15,77 km ; durée de navigation : 3 h 09

    Village de Bauduen


    Lundi 22 par Pascal.
    Lac d’Esparron et gorges basses du Verdon.
    Le mot du rédacteur du jour « Caniculaire », caniculaire mais :
    – on dort la nuit avec un petit duvet
    – il ne fait pas trop chaud en naviguant voire même frais dans les gorges
    – le niveau des lacs est très haut malgré la sécheresse qui s’installe…
    Aujourd’hui, c’est décidé, on change de lac, direction le lac d’Esparron situé à environ 20 kilomètres du camping. On se lève tôt et on fait la check liste : chapeau, lunettes de soleil, crème solaire, affaires de rechange, gilet d’aide à la flottabilité, le pique-nique sans oublier les pagaies. Tout est « ok » pour tout le monde et nous partons avec la voiture et la remorque vers Esparron. La navigation routière est agrémentée d’une variante touristique. Nous arrivons au lac où la mise à l’eau s’avère compliquée. Nous posons les bateaux et Michel va stationner sur la rive opposée. La journée commence donc par un remorquage de kayak sur une courte distance. Nous remontons les basses gorges du Verdon jusqu’à Montmeyan plage. Au fur et à mesure de notre progression, les versants deviennent de plus en plus abrupts et les falaises plus nombreuses jusqu’à finir par un goulet étroit d’une vingtaine de mètres de large et là soudainement, une voiture de la poste suivie d’un vélo traversent les gorges…il y a un petit pont et l’on débouche alors sur un large lac paisible à la plage de Montmeyan. Après 9 kilomètres de progression, nous sommes contents de pouvoir accoster, boire et pique-niquer.
    Après une pause à l’ombre de peupliers, nous prenons le chemin inverse et admirons la géologie des parois sous un autre œil. Pour finir la journée, nous poussons jusqu’au lac principal et remontons une anse qui nous conduit presque jusqu’au dessous de la tour médiévale du village d’Esparron où coule un ruisseau le Sorbiou. De gros cumulonimbus se développent et le ciel s’assombrit, le vent se lève et des vagues se forment, il est temps de regagner notre point de départ et de rentrer…
    Et la faune dans tout çà ? Alliez-vous me demander…Nous avons surtout vu des canards traversant les gorges avec leur progéniture en file indienne, traversant au mépris du danger car la circulation de bateaux est dense, heureusement il s’agit de petits bateaux électriques de location peu bruyants et naviguant à faible allure. Nous avons également croisé de nombreux pigeons nichant dans les falaises et une grotte fermée volontairement servant de refuges entre 2500 et 3000 individus de différentes familles de Chauve-souris.
    J’allais oublier d’évoquer un sentier impressionnant rive gauche qui longe une partie des gorges. C’est peut-être une piste pour un futur séjour d’Atlas. Retour vers le camping, la route est bordée de champs de lavande, un petit arrêt photo et nous arrivons à bon port…il tombe quelques gouttes.
    Quelques explications concernant l’originalité du barrage dit de Gréoux-les-Bains. Il a été construit en 1963, c’est un barrage en terre et en enrochement. Le digue fait 67 m de haut et 260 m d’épaisseur à la base. Il a une superficie de 328 ha pour 80 millions de m³.
    Distance parcourue : 20,68 km ; durée de navigation : 3 h 58

    Les gorges basses du Verdon

    Mardi 23 par Mady. Artignocs, Quinson, Cadenon et gorges de Baudinard.
    Ce matin, destination le village de Montpezat sous lequel la mise à l’eau doit s’effectuer. Un peu de difficulté pour la trouver car la route qui mène à la base nautique est privée. Finalement c’est juste en face de celle-ci et près du pont Sylvestre que nous commençons la navigation.
    Un passage entre des falaises nous amène à un premier lac, dominé par le village de Montpezat, appelé la retenue de Quinson alors que le village éponyme se situe bien en aval. A nouveau un passage plus étroit pour aller vers le lac d’Artignosc dont les berges bien accueillantes permettent un accostage facile. C’est le moment de faire une pause, avant de continuer vers le barrage de Quinson. Le suivi des berges de ces 2 lacs permet d’apercevoir de belles carpes et la pause d’observer de beaux papillons. Comme tous les jours en fin de matinée le vent se lève, le paysage évolue peu, et Michel propose de faire demi tour pour aller plutôt découvrir les gorges de Baudinard.
    Nous remontons rive gauche ce que nous avons descendu rive droite et la matinée étant bien avancée l’arrêt pique-nique est fait au même endroit que la pause précédente avant de repartir vers le Pont Sylvestre. Après l’avoir passé, nous découvrons le lac de Montpezat (appelé aussi anse de Cadenon) qui permet d’accéder aux gorges de Baudinard. Moins connues que celles du Verdon, elles méritent pourtant le détour. Falaises encaissées, murs de mousse, petites cascades, eau vert céladon, le lieu est enchanteur. Et magique aussi car un effet d’optique donne l’impression de naviguer sur une pente descendante… Cette sensation serait due d’après Pascal à l’inclinaison légèrement montante des strates des falaises alors que le niveau de l’eau est à l’horizontal. Après le demi-tour obligatoire près des bouées EDF qui bloquent l’accès au barrage de Ste Croix nous avons la sensation inverse, la pente paraît montante mais la navigation reste tout aussi facile ! Michel repère sur les bords du lac de Montpezat un endroit propice au chargement des bateaux et décide alors de changer le point de débarquement. Chose dite, chose faite, nous allons jusqu’au point de départ du matin où il laisse son kayak à Pascal qui le prend en remorque et nous repartons vers le lac de Montpezat où il nous retrouve avec la voiture.
    Fin de cette belle journée avec 2 parties complètement différentes, qui se complètent agréablement.
    Distance parcourue : 20,16 km ; durée de navigation : 4 h 18

    Les étroites gorges de Baudinard.

    Mercredi 24 par Michel J. Lac de Sainte-Croix et gorges du Grand Canyon.
    Lever comme chaque jour entre 06 h 30 et 07 h 00, la proximité du lac nous permet un départ rapide sur l’eau après un léger portage sur une centaine de mètres. Le temps est idéal et nous profitons à cette heure matinale d’un plan d’eau immense pour nous seuls sans une ride. Nos kayaks glissent vers le levant à bonne allure. L’idée est d’aller au plus direct afin de gagner le pont de Galetas et de pénétrer dans les gorges avant l’afflux des pédalos, des bateaux à énergie électrique, padels et autres. De nombreux loueurs sont installés de part et d’autre en aval du pont et peuvent rapidement libérer des dizaines et des dizaines d’engins. A notre arrivée sur site, les premières embarcations sont en mouvement mais nous profitons quand même d’une certaine quiétude dans le grand canyon que l’on peut remonter sur environ 3 kilomètres. Les falaises deviennent rapidement vertigineuses et abritent pigeons et hirondelles de rocher. Nous profitons du spectacle. Le décor mondialement connu attire un public étranger en majorité. Le retour nous contraint à quelques zig zag pour éviter l’arrivée en masse des autres visiteurs. Après le pont, le plan d’eau redevient un lieu paisible sans bruit. L’idée est de continuer son exploration par la rive gauche. Le pique nique se prend à proximité d’un espace argileux que des ongulés sauvages semblent fréquenter au vu des traces laissées sur le sol.
    Le vent se lève chaque jour plus ou moins fort entre 11 h 00 et 12 h 00 avec une orientation Sud-Ouest puis Sud et se stabilise à l’Ouest en fin de journée et donne rapidement un plan d’eau agité mais plaisant…
    Après les Salles-sur-Verdon, village entièrement reconstruit après la mise en eau du barrage, nous contournons par le Nord puis l’Est et enfin le Sud, la seule grande île « Costebelle ». Pour un court moment, nous retrouvons une navigation sur un plan d’eau qui a retrouvé son calme, protégé par les points hauts culminant à 719m d’altitude, côté Sud. Au débouché, les kayaks sont à nouveau secoués par de jolies vaguelettes qui arrivent par le travers et qui animent cette fin de sortie.
    Le lac de Sainte-Croix est situé entre les départements du Var et des Alpes de Haute Provence au cœur du Parc Naturel Régional du Verdon. 
    Cette retenue mise en eau en 1973, est la quatrième de France métropolitaine par sa superficie (environ 2 200 ha) après le lac du Der-Chantecocq, le lac de Serre-Ponçon et le lac d’Orient. 
    Distance parcourue : 24,80 km ; durée de navigation : 4 h 49

    En allant vers le grand canyon
    Entrée du Grand Canyon…
    Lac de Ste-Croix avec l’Île de Costebelle

    Jeudi 25. par Michel J. Lac d’Esparron appelé également barrage de Gréoux-les-Bains.
    Nous retrouvons avec plaisir ce plan d’eau qui passe pour la perle du Verdon où l’eau est la plus chaude. Il nous reste à parcourir les rives entre le village et le barrage. Parti du lieu-dit du Pont Coupé, nous gagnons rapidement le plan d’eau proprement dit et allons explorer les nombreux petits fjords qui pénètrent l’intérieur. Les rives et berges sont occupées de falaises calcaires de faibles hauteurs agrémentées de terrasses. Nous prenons le pique-nique après avoir côtoyé les bouées marquant la limite de navigation au niveau du barrage. Dans une anse à l’abri du soleil, je propose, l’eau étant à une température agréable, de mettre en pratique les éléments de sécurité évoqués lors du début du séjour, et ceci en 3 phases.
    – 1 s’immerger entièrement en se maintenant sous l’eau entre 5 et 15 secondes
    – 2 en place dans le kayak avec jupe fixée, se laisser retourner et maintenir la position au moins 5 secondes
    – 3 se faire retourner, enlever la jupe en tirant sur la languette et sortir du kayak calmement.
    La démonstration avait été fait par l’animateur le premier jour de navigation. L’exercice a été bien compris par les participants et exécuté avec sang froid !
    Après être passé à proximité d’une grosse station de pompage mobile, nous avons tranquillement, en profitant au maximum de ce coin idyllique regagné le point de départ. Un peu de nettoyage, les bateaux sur la remorque et c’est le retour au camping. Je propose d’aller visiter le village du Moustiers-Sainte-Marie à 18 kilomètres afin de finir de la meilleure façon ce séjour. Les vieilles ruelles, la grotte Ste-Madeleine, l’église Notre-Dame de l’Assomption, la fraîcheur des fontaines ont agrémenté les dernières heures du jeudi. De retour, une halte s’imposait au village de Sainte Croix pour se désaltérer avec vue sur le lac, instant, à peine troublé par quelques gouttes orageuses.
    Distance parcourue : 18, 04 km ; durée de navigation 3 h 35

    Lac d’Esparron
    Dans les rues du Moustiers…

    Vendredi 26. par Michel J. Retour sur Clermont-Fd en passant par l’Ardèche et la célèbre côte de Mayres qui passe de 600 à 1200 mètres en 10 kilomètres. Départ vers 09 h 15 et arrivée à 16 h 45. Merci pour l’aide apportée pour ranger les kayaks et matériel.

    Merci au photographe qui a donné de sa personne !


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    Séjour n° 9 : du samedi 6 au dimanche 7 juin 2026 – Massif du Pilat

    Animateur : Pierre
    Nombre de participants : 12, animateur compris (9 femmes, 3 hommes)
    Météo : ensoleillé et chaud ; température autour de 30°
    Distance : 38,2 km (21 km + 17,2 km)
    Dénivelé : 1715m (715 + 1000)
    Durée : 13H23 pauses comprises
    Classement Atlas : Moyen
    Kilométrage auto : 1053 km au total pour 3 voitures
    Préparation et rédaction : 20 h

    Itinéraire jour 1 : Parking de Planfoy, barrage du gouffre d’Enfer, La Creuse, les Gallières, Rochetaillée, Charteloup, la Driguière, la Violette, le Plateau, les Souchères, les Palais, Pont Souvignet, Bonnavion, Pont de la Barbarie, barrage du Pas du Riot, parking de Planfoy

    Itinéraire jour 2 : La Jasserie du Pilat, Col de l’Etançon, Crêt de l’Etançon, Col du Rachat, Crêt du Rachat, Col de Botte, Crêt de Botte, crêt de l’Oeillon, Chaux d’Egallet, La Trève du loup, Chaux de Toureyre, Collet de Doizieux, la Roche du Suaire, Doizieux, la Bredouze, la Roche, La Jasserie du Pilat

    Journée 1 :

    Douze participants se sont retrouvés pour ce week-end de randonnée dans le massif du Pilat, les samedi 6 et dimanche 7 juin. Si certains connaissaient déjà ce massif situé aux confins de la Loire, du Rhône et de l’Ardèche, beaucoup ne le connaissaient que de nom et découvraient pour la première fois ses paysages variés et son caractère montagnard. La météo s’est montrée particulièrement favorable. Après plusieurs jours de temps frais et changeant, peu conforme à une fin de mois de mai, le soleil était au rendez-vous durant tout le séjour. Les températures, nettement plus estivales, ont permis de profiter pleinement des panoramas, même si la chaleur s’est fait sentir au fil des kilomètres. La première randonnée, au départ des environs de Planfoy, nous a conduits sur un itinéraire d’une vingtaine de kilomètres alternant forêts de résineux et de hêtres, chemins en balcon, landes d’altitude et passages sur les crêts qui font la réputation du Pilat. Nous descendons vers le Furan, rivière qui connaît une retenue en deux endroits : le barrage du gouffre d’Enfer vers lequel nous nous dirigeons et le barrage du Pas de Riot où nous terminerons la randonnée.

    La mise en jambe est agréable après les 2H de voiture et le chemin très praticable. En direction du barrage du gouffre d’Enfer, inutilisé depuis 2003 sauf pour la régulation des crues, nous passons près d’un lieu restauré appelé la « Ventellerie ».

    Cette construction servira dans un premier à dévier le Furan pour la construction du barrage du Gouffre d’Enfer puis, entre autres, à maîtriser la hauteur du réservoir et à écrêter les crues. Après la traversée du Furan, nous suivons un charmant sentier longitudinal au Furan et à l’aqueduc des eaux du Lignon jusqu’au premier barrage, celui du gouffre d’Enfer.

    La vue du haut du barrage est saisissante et la tyrolienne qui signe la fin d’une via ferrata avoisinante vertigineuse. Nous laissons de côté la montée au rocher les surplombant et poursuivons en direction de Rochetaillée en passant sous la Roche Corbière, lieu prisé d’escalade.

    Arrivés à Rochetaillée, nous faisons un crochet par les vestiges du château du XIIe siècle puis poursuivons par le GR 42.

    Jusqu’à présent nous avons marché sur du plat et en descente mais à partir de maintenant il faut passer en dénivelé positif. La pente est longue et continue mais pas forte et partiellement ombragée. A la fin de la montée et près du point culminant de la randonnée, c’est l’heure du repas. Nous faisons halte dans un champ où le choix du soleil ou de l’ombre des arbres est permis. Au redémarrage, une petite marche arrière nous évitera un bout de route puis direction le lieu-dit Les Palais avant de continuer dans la forêt. Le sentier emprunté se devine puis vient à disparaître en raison d’une coupe de bois. Il nous faudra quelque peu jardiner et faire un peu de hors-piste avant de le retrouver.

    Au Pont Souvignet, nous commençons à croiser un peu plus de marcheurs en balade, preuve que nous nous approchons du dernier site du jour, le barrage du Pas de Riot. Ce barrage a été construit en 1873, 3 ans seulement après celui du gouffre d’Enfer, qui se montrait déjà insuffisant, afin de répondre à la demande grandissante en eau de l’agglomération stéphanoise. Nous cheminons sur la berge de la retenue et, après la traversée du barrage, finissons par une dernière petite montée vers les voitures. À l’issue de cette première journée, le groupe a rejoint le gîte du camping de Saint-Genest-Malifaux, où chacun a pu profiter d’un moment de détente bien mérité. Un apéritif en terrasse partagé avec modération avant le repas du soir,

    préparé et livré par un restaurateur local, a été particulièrement apprécié après cette belle journée de marche.

    Journée 2 :

    Le lendemain matin, le petit-déjeuner est préparé collectivement par les participants. La randonnée dominicale se fait au départ de la Jasserie du Pilat, ancienne ferme et station de ski où l’on peut encore admirer un tremplin en métal qui devait être réservé aux plus téméraires. Cette ancienne ferme, aujourd’hui transformée en restaurant, était également un gîte depuis 1939 et ce jusqu’en 2025.

    Notre marche débute en passant près d’un mémorial sur un chemin herbeux longeant un altisurface, piste d’atterrissage pour avion en montagne. Nous cheminons en passant plusieurs petits cols (Etançon, Rachat, Botte), quelques crêts dont celui de l’Etançon, point culminant du jour (1391m) et croisons des jeunes gens, tapis de sol sur le dos, venus faire du Pilates au Pilat ! Arrivés au crêt de l’Oeillon où se situe un émetteur de télévision, nous admirons le panorama grâce à une table d’orientation avec vue sur le Rhône.

    Nous entamons à partir de maintenant la longue descente jusqu’à Doizieux, point bas à 600m d’altitude, en commençant par un petit pierrier

    puis en alternant piste herbeuse et caillouteuse. Un site appelé l’« Hôtel Brûlé » près duquel nous passons nous rappelle que ce lieu était jusqu’aux années 1930 un lieu prisé par une riche clientèle.

    Avant d’arriver à Doizieux, nous prenons notre déjeuner, ce qui nous laissera le temps de digérer avant la longue remontée à la Jasserie.

    Le démarrage depuis Doizieux se fait sous le soleil et celui-ci est particulièrement chaud. Heureusement, une bonne partie du reste du chemin se fera à l’ombre des arbres.

    La montée aura été longue et éprouvante mais se fera au final sans encombre car il n’y aura pas de point d’eau avant l’arrivée.  A la Jasserie, chacun prendra plaisir de cette chaude journée qui d’une glace, qui d’une boisson, qui des deux.

    Malgré une chaleur plus marquée que la veille, le groupe a conservé un excellent rythme, profitant des passages ombragés des forêts et des pauses régulières pour admirer les paysages.

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    Séjour n°8. Du samedi 30 au vendredi 05 juin 2026. Descente de la Dordogne en canoë canadien.

    Animateur : Michel J
    Nombre de participants : 8 (3 femmes et 5 hommes).
    Météo : samedi nuages et soleil, température douce ; dimanche couvert, température douce ; lundi couvert avec quelques éclaircies ; mardi pluie fine par intermittence puis grosse averse orageuse entre 12 et 13h00 ; mercredi quelques averses dans l’après-midi ; jeudi, pluie abondante une partie de la journée ; vendredi averses orageuses en cours de matinée, température plus fraîche.
    Niveau d’eau : pour mémoire, j’ai relevé les débits suivants :
    dimanche 31 mai à Beaulieu : 44 m³/s
    vendredi 05 juin à Alles-sur-Dordogne 80,6 m³/s
    Classement : facile mais cela reste de l’aventure.
    Conditions de navigation : assez bonne avec une rivière qui a nécessité une attention particulière au passage de certains seuils.

    Kilométrage parcouru :178. Les données ont été fournies par une montre GPS de marque Garmin.Vitesse moyenne de progression sur les 5 jours de navigation : 7,2 km/h.
    Vitesse maximum enregistrée 17,1 km/h à deux reprises sur les J1 et J2.
    Classement de la rivière : J1 en 2 et les autres jours en 1

    Matériel mis à disposition par l’association :

    • 3 canoës canadien de marque Venture modèle prospector 17
    • 1 canoë canadien Nova Craft prospector 17
    • équipement complémentaire pour les canoës (4 pompes, 4 écopes, éponges, 4 cordes de 15 mètres, des mousquetons, des sangles)
    • pour les bagages, chaque participant avait à sa disposition un container de 60 litres et par bateau un autre de 30 litres plus un sac étanche de marque Zulupack.
    • pour le couchage individuel souhaité 1 tente de marque North Face modèle West Wind, 2 tentes Décathlon modèle MT900 (quatre participants avaient leur tente personnelle)
    • 1 tapis de sol complémentaire Space Blanket (orange)
    • équipement pour les participants (8 gilets d’aide à la flottabilité, 8 pagaies et 1 de secours)
    • pour le transport des bateaux et containers : une remorque routière équipée de l’adaptation « canoë »

    Eau : chaque équipier avait à sa disposition une bonbonne de 5 litres d’eau au départ.
    Nourriture : prévue par chaque participant et disposée dans les containers mis à disposition

    Accident : néant
    Incident : chavirage d’un bateau après 4,5 km de navigation dans la partie classe 2. 35 à 40 minutes ont été nécessaires pour récupérer les participants, le canoë et le matériel dans une eau relativement fraîche.
    Temps de préparation : 15 heures (découpage des journées de l’itinéraire, montage de la remorque, rassemblement et vérification du matériel, achat des bonbonnes d’eau, informations aux participants par mail et téléphone, compte rendu etc…)


    Organisation générale :
    Transport: à l’aide de deux véhicules en co-voiturage, Marie (Bmw) et Michel J (Renault kangoo) tractant la remorque. Nous nous sommes rendus en amont d’Argentat, lieu de la mise à l’eau. Le déplacement routier s’est fait en 2 h 30 environ.
    Un taxi retenu par avance est venu cherché les conducteurs le J6 et les a conduits au lieu de stationnement entre le barrage du Sablier et Argentat puis un véhicule a été laissé à Trémolat. Le J7 un mouvement court des deux véhicules a permis de les regrouper et il a été décidé à la majorité que compte tenu de la météo le retour sur Clermont-Fd se ferait le jour même. La récupération des véhicules a demandé 6 heures aller et retour.
    Kilométrage général effectué par les véhicules :   650 km (Marie) ; 696 km (Michel J) soit un total de 1346 km.
    Hébergement : en camping.

    Quelques éléments : la longueur de la Dordogne est de 483 kilomètres. Elle prend sa source sur le flan nord du Puy de Sancy à 1366 m d’altitude par la jonction de deux ruisseaux, la Dore et la Dogne. Elle conflue au bec d’Ambès avec la Garonne pour donner naissance à l’estuaire de la Gironde. C’est la cinquième rivière par sa longueur et elle traverse six départements, le Puy-de-Dôme, le Cantal, la Corrèze, le Lot, la Dordogne et la Gironde. Les différents barrages que l’on trouve sur son cours :
    Avant Argentat, celui de la Bourboule, de Saint-sauves, de Bort, de Marèges, de l’Aigle, de Chastang, du Sablier.
    Avant Bergerac, celui de Mauzac et de Tuillères.
    Après Bergerac, celui désigné sous le nom de Bergerac.

    Le mot de l’animateur : en amont de ce séjour et pour le préparer deux sorties d’entraînement sur la rivière Allier ont été programmées le samedi 02 mai et le vendredi 24 mai 2026. La seconde a été annulée à cause des mauvaises conditions météorologiques. Pour éviter les redites du compte rendu de la descente de 2025 que vous trouvez sur le site de l’association, j’indique ci-après les lieux de passage de chaque journée. Malgré une météo peu stable, cette aventure s’est passée avec un niveau d’eau plus favorable que l’an passé avec une moyenne de déplacement horaire assez similaire malgré tout. La pente de la rivière est faible avec quelques accélérations au niveau des seuils. Nous sommes passés de l’altitude de 165 m en amont d’ Argentat à l’altitude de 41 m à Trémolat, à la fin du parcours. Avant le départ les consignes habituelles ont été rappelées à l’ensemble des participants et plus particulièrement aux deux adhérents qui vont naviguer pour la première fois sur la Dordogne avec Atlas. Les éléments caractéristiques, ponts, châteaux, curiosités, villages seront donnés chaque matin au cours d’un briefing avant le départ et le kilométrage associé. Chacun est porteur d’un gilet d’aide à la flottabilité. Chaque bateau avait le même équipement listé ci-dessus, matériel mis à disposition par l’association.
    La richesse de cette rivière est un mélange entre le patrimoine bâti notamment la multitude de petits châteaux ; les éléments géologiques visibles, falaises, grottes ; la ripisylve avec une grande variété d’espèces, ormes, peupliers, tilleuls, frênes, aulnes glutineux, merisiers, chêne pédonculé, érable negundo ; la faune avec la bergeronnette grise sur tout le long du cours d’eau, et des ruisseaux (sur certains secteurs), les hérons cendrés abondants sur les deux tiers amont puis l’aigrette garzette les J5 et J7, des couples ou groupes de cygnes J4, J5, J7, dans le ciel ou perchés les milans noirs en nombre et quelques milans royaux ; les falaises sableuses J4 et J5 abritent les hirondelles de rivage. Au niveau des insectes, les demoiselles à la couleur d’un bleu brillant ont dominé les rives. Au niveau des plantes, trop long de tout énumérer mais ce qui s’est fait remarquer, la renoncule d’eau formant des nappes flottantes enracinées ondulant au gré du courant.
    Tous ces éléments vus permettent dans les moments un peu plus calmes de jamais s’ennuyer.
    Étant toujours en avance sur notre tableau de marche, nous avons pu consacrer quelques moments à travailler les techniques de navigation aussi bien pour le barreur que l’équipier et également améliorer la lecture de la rivière par l’observation. Merci à tous pour votre bonne humeur et votre participation active.

    Une demoiselle, insecte le plus côtoyé
    Renoncule d’eau, élément important pour la biodiversité.

    Les éléments rencontrés au cours de la descente sous forme topo… Abréviations (Rd) rive droite ; (Rg) rive gauche. En italique des informations résumées trouvées sur des sites.
    J1 : 28,84 km, temps de navigation 4h50, vitesse 7,2 km/h.
    A 2km, pont de Argentat-sur-Dordogne. Entre 5/6km (Rd) pont routier. Avant 10km bras à gauche à éviter, chaos rocheux. Entre 11/12km, le Port de Vaurs (Rd). Entre 14/15km, virage serré à gauche. Entre 16/17km, virage serré à droite. Entre 18/19km, pont de Brivezac (Rd). A 24km le bras de droite peut être pris avec un débit supérieur à 50 m³/s. A 25,800, (Rg) glissière pour éviter le barrage de Beaulieu. Camping Huttopia. Visite à pied de Beaulieu*
    – les rues médiévales, l’abbatiale de Saint-Pierre avec son tympan sculpté par des tailleurs d’images toulousains, la Chapelle des Pénitents avec son clocher mur sur les bords de la rivière

    Arrivée sur Beaulieu-sur-Dordogne
    Le tympan de l’abbatiale St-Pierre à Beaulieu

    J2 : 32,50 km, temps de navigation 6h18, vitesse 7,4 km/h.
    A 0,2km, pont routier puis à 1km (Rg) Altillac. A 2km, ligne HT, (Rg) usine.A 3km Château d’Estresses dont la construction a commencé au XVème Siècle (Rd). Entre 5/6km, virage serré à gauche. A 9km(Rd) Liourdres. Entre 10/11km, pont de chemin de fer puis le pont routier de Mols. Entre 16/17 (Rg) au lieu-dit Les Bastit château ruiné. A 18km, dérivation vers le port de Carennac (Rd), île de Prade suivi de l’île de Calypso sur notre droite.. Avant 19km pont routier.Visite du village de Carennac*. Glissière pour retrouver le cours de la Rivière Dordogne. (Rg) île du Grand Bourgnoux. A 24km (Rg) Mezels. Entre 25/26km pont routier. Entre 29/30km , belvédère de Copeyre avec sa croix. Après 30km, virage serré à droite. A 31km, pont routier, camping les Falaises (Rd) sur la commune de Martel, déjà l’occasion d’une pause en 2021 pour Atlas voir le compte rendu « Du Sancy à l’océan en suivant la Dordogne à vélorando ».
    – Carennac : le bourg se développe dès le 13ème siècle, autour de son riche prieuré constitué de bâtiments monastiques, d’une église, d’un cloître du château des Doyens, une bâtisse du XVIe siècle qui a abrité de 1681 à 1695 François de Salignac de Lamothe, dit Fénelon. Celui qui deviendra l’archevêque de Cambrai a écrit entre ces murs Les Aventures de Télémaque pour le petit-fils de Louis XIV, dont il était le précepteur.
    – en fin d’après-midi, visite à pied des abords de l’ancienne église Saint-Pierre-es-Liens à Gluges chère à Édith Piaf.

    Arrivée au port de Carennac
    On regagne le lit principal à la sortie de Carennac.

    J3 : 42,49 km, temps de navigation 7h18, vitesse 7,5 km/h.
    Entre 4/5km, virage prononcé à droite puis à gauche. A 9km (Rg) Meyronne et son château. A 10km, virage fermé à droite, ouvert à gauche km 11/12. Entre 14/15km serré à droite, un affluent, l’Ouysse apporte un peu d’eau et l’on peut voir sur l’éperon rocheux, le château Belcastel du Xème siècle. Entre 16/18km, grande boucle à gauche. Entre 18/19km, pont routier. A 20km, (Rg) château ruiné au lieu-dit Le Bastit. A 22km, A20 l’Occitanie, virages serrés. Entre 23/24km (Rg) château de Cieurac XII/XVI siècle (commune de Lanzac). Entre 26/27km, pont routier. A 29km, pont routier (Rd) Souillac. A 35km, pont de chemin de fer. Avant pot routier (Rg) camping le Bourniou. St Julien-de-Lampon.

    J4 : 30,07 km, temps de navigation 6h22, vitesse 7,1 km/h
    A 0km200, pont routier de St-Julien-de-Lampon. Entre 2/3km, (Rd) Calviac en Périgord. Entre 5/6km (Rd) Aillac. A 6km (Rg), château à proximité de Veyrignac. Entre 8/9km, pont routier puis pont de chemin de fer. Entre 10/11km, (Rg) Turnac. Entre 11/13,500, (Rd) le Cingle de Montfort et son château. Le château est cité en 866 sous le nom de « Castrum de Monte Forti ».Entre 17/18km, (Rd), Vitrac et le clocher de l’église, un pont routier. Entre 20/21km, sur les hauteurs (Rg) le village de Domme puis un pont routier (D46). Entre 25/26km, la Roque-Gageac, cité troglo-dytique incontournable du Périgord, classée Plus Beaux Village de France,virage prononcé à gauche, Manoir de Tarde du XVème siècle. A 26km, château de la Malartrie, château construit au XIXème siècle s’inspirant d’une architecture de fin de Moyen âge, début Renaissance. A 28,500km, pont routier. Entre 28/29km, (Rg) château de Castelnaud. Le château de Castelnau à Bretenoux. est une forteresse médiévale qui domine le village de Prudhomat. Il se situe proche du confluent de la Cère et de la Dordogne. Il fût construit au XI° siècle. Camping Les Magnanas (Rd) face au château de Fayrac.

    La Roque Gageac
    Château de Montfort
    Château de Castelnau

    J5 : 28,31 km, temps de navigation 5h35, vitesse 7,0 km/h
    Entre 0/1km, pont de chemin de fer. Entre 1/2km (Rd) Beynac et Cazenac avec l’église à gauche du Château et son donjon du XIIème siècle. A 3km, pont de chemin de fer. Entre 4/5km, on aperçoit au dessus des arbres, le château Les Milandes construit en 1489, ancienne demeure de Joséphine Baker. Entre 9/10km, pont routier. Entre 12/13km (Rd), Le Garrit, 3 ponts successifs, le second ferroviaire. A 19km, (Rg) Siorac-en-Périgord, pont routier. Entre 25/25,500, château (Rg) Le Peyrat. Camping du Pont de Vicq. Le Buisson-de-Cadouin. Visite à pied à environ 1km, au lieu-dit Cabans de l’église St-Pierre-ès-Liens, remanié au XIV, XVI et XIVème siècle.

    Château de Beynac et Cazenac


    J6. Nous profitons de la journée pluvieuse pour procéder à la récupération des véhicules laissés en amont d’Argentat. Le groupe profitant d’une éclaircie dans l’après-midi ira à pied visiter le village de Le Buisson-de-Cadouin.
    J7 : 15,21 km, temps de navigation 2h48, vitesse 6,9 km/h
    A 0,200km, pont de Vicq. A 1km, pont routier et pont de chemin de fer. Entre 1/2km, ligne à haute tension. A 3 km, pont de chemin de fer. Entre 4/5km, pont routier(RD) confluence avec la rivière Vézère, virage prononcé à gauche. A 8km, île de la Yerle. Entre 8/9km, pont de chemin de fer. Entre 13,500/*14km, pont de chemin de fer. A 14km(Rg) château d’eau. Entre 14/15km, pont routier(D31), village de Trémolat (Rd). Débarquement (Rd) au niveau du camping. Compte tenu de la météo annoncée pour l’après-midi, nous décidons de faire vers ?? Clermont-Fd. En cours de route, nous ferons une pause à l’ancienne gare de Carlux, renommée « La gare Robert Doisneau » où une partie des œuvres du photographe est exposée et notamment des descentes de la Dordogne avec des canoës en bois. A l’arrivée, tous les participants ont aidé à remettre les bateaux sur le rack.
    A bientôt pour une nouvelle aventure !


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    Séjour N° 7 du jeudi 14 au dimanche 17 mai 2026 – Le Cézallier au naturel

    Animateur : Sébastien Lecomte
    Nombre de participants : 5 dont 2 femmes et 3 hommes.
    Météo :
    Jour 1 : Nuageux le matin, pluie l’après-midi, températures douces, se rafraîchissant en cours de journée.
    Jour 2 : Après de fortes chutes de neige toute la nuit, matinée nuageuse, températures froides.
    Classement du séjour : annoncée facile, reclassée moyenne, compte tenu des conditions météo.
    Temps de préparation et de rédaction  : 12 heures


    Jour 1 : 17 km, 650 m +, 500 m –
    Compains, Lac de Montcineyre, Puy Ferrand, Les Fontlonges, Puy de la Vaisse, Montagne du Ronzier, Montagne de la Fage, Chaux d’Espinchal
    Nous commençons notre cheminement en nous dirigeant vers le lac de Montcineyre. Ce lac volcanique, qui marque la limite entre le Sancy et le Cézallier est une réserve d’eau potable pour toute la région d’Issoire. Nous le longeons par l’est, en empruntant un petit chemin escarpé, à flanc de côteau du Puy de Montcineyre, ce qui nous permet de profiter de belles vues sur les monts enneigés du Sancy. Notre objectif étant bien de séjourner dans le Cézallier et non dans le Sancy, nous continuons le contournement du lac jusqu’à nous orienter en direction du sud. Après quelques traversées de bois, la plus grosse difficulté de la journée nous attend : le Puy de la Vaisse. Sa montée s’avère en réalité assez aisée, témoignant de la bonne forme physique des participants. Nous avons même la surprise de croiser le chemin d’une biche et de son petit au sommet. Après quelques secondes d’observation mutuelle, ceux-ci décideront intelligemment de descendre dans la forêt, afin de se protéger de la pluie qui commence à tomber fortement… Et c’est en réalité à ce moment que la journée a commencé à se corser pour nous. Entre barbelés et chemins disparus, nous avons un peu « jardiné » sur les montagnes du Ronzier et de la Fage, avant de pouvoir enfin nous échapper en direction de la Chaux d’Espinchal, lieu prévu pour notre bivouac, heureux de pouvoir nous installer à l’abri d’un bois.

    Jour 2 : 9 km, 150 m +, 300 m –
    Chaux d’Espinchal, col de la Chaumoune, Cureyre, Compains.
    Au réveil, nous constatons qu’il a bien neigé tout au long de la nuit (5 à 10 cm) selon les endroits. Après discussion avec le groupe et consultation de la météo qui annonce d’autres chutes de neige sur les sommets pour la nuit suivante, nous décidons de rebrousser chemin, n’étant pas équipés pour un séjour en conditions hivernales. Nous redescendons donc en direction de Compains par un chemin beaucoup plus direct que la veille.

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    Séjour n°6. Du jeudi 07 au dimanche 10 mai 2026. La Montagne Bourbonnaise à vélorando.

    Animateur : Michel J.
    Nombre de participants : 7 dont 2 femmes et 5 hommes.
    Météo : jeudi, nuageux et fin de journée ensoleillée ; vendredi, frais et couvert en grande partie, orage court mais violent vers 21h00 avec tonnerre, éclairs et grosse pluie ; samedi, ciel dégagé le matin avec une forte humidité et périodes ensoleillées ; dimanche, pluie fine une partie de la nuit avec quelques coups de tonnerre lointains, averses en matinée puis éclaircies temporaires avant une grosse pluie sur les quelques kilomètres avant Clermont.
    Classement du séjour : moyen voire difficile pour les jours 2 et 3
    Temps de préparation et de rédaction  : 10 heures

    Le mot de l’animateur.
    Avant ce séjour 1 circuit de préparation a été proposé le dimanche 26 avril avec près de 70 kilomètres et 953 m de dénivelée positive se rapprochant du profil du séjour J2 et J3. Cinq adhérents ont participé à cette sortie sur la journée (voir compte-rendu).
    La météo a été assez clémente sur les 4 jours si on la compare aux informations reçues au cours de notre déplacement. Le cœur de ce petit massif était inconnu d’une majorité des participants. Nous avons circulé sur de petites routes à faible, voire sans circulation et des chemins d’exploitations faciles à l’exception de celui qui nous a conduit à la source de la Besbre où nous avons trouvé des amas de cailloux concassés nous obligeant à une attention particulière. C’est dans cette partie à la limite Est du Parc Naturel Régional du Livradois Forez que nous avons du composer avec des engins motorisés, 4 motos tout terrain et 5 quads qui ont eu l’amabilité de ralentir à notre contact. Globalement, le dépaysement a été total dans une nature à l’écart des grands axes, peu fréquentée à l’exception des rencontres mentionnées ci-dessus. Nous avons pu bénéficier pendant une majeure partie du parcours d’une tranquillité de roulage traversant de petits bourgs et lieux-dits à l’habitat bien entretenu, coquets et fleuris. La végétation sauvage n’a pas été en reste car ayant bien profité de la pluviométrie de l’hiver et du début du printemps, les verts des conifères ont mis en valeur le jaune éblouissant des genêts, les fleurs blanches des robiniers, des aubépines, des viornes et des prunelliers. Vers le Nord J3 et le retour J4, nous avons retrouvé une campagne composée de parcelles de blés, de jeunes plants de maïs, alignées également les premières feuilles de tournesol semé récemment, les champs denses de colzas défleuris à l’odeur entêtante, quelques prairies artificielles où les premières coupes ont déjà été assurées. Dans le ciel, à faible hauteur, milans royaux et buses variables à l’affût d’insectes et de campagnols dérangés étaient dans le sillage des machines.
    Le voyageur à vélo attentif peut voir ou découvrir de nombreux éléments en mouvement dans l’environnement, les hirondelles rustiques en quête de nourriture volant plus ou moins haut en fonction de la pression atmosphérique du moment, la poule faisane traversant la route sans crainte, l’écureuil sautant d’un arbre à l’autre sans se soucier des voyageurs, les chardonnerets quittant les hautes têtes des chardons un court instant à notre passage et que dire à l’approche des habitations des envolées bruyantes de moineaux domestiques. Même dans les moments qui peuvent paraître monotone, l’œil aux aguets peut surprendre quelque chose….
    Point le plus au Nord de notre périple, le château fort de Billy (XIIIème siècle) nous ramène vers la civilisation et le beau temps aidant, nous allons être en contact avec de nombreux cyclistes et piétons sur la voie verte qui longe l’Allier. La prudence sera de mise également pour la traversée de Vichy rive droite où de nombreuses personnes déambulent sans trop se soucier des autres pratiquants.
    Les objectifs de ce parcours d’un peu plus de 250 kilomètres annoncés dans la notice d’information ont été atteints même si seulement 3 participants ont réussi à gagner les sources de la Besbre par un chemin d’exploitation, il est vrai peu confortable. L’ambiance dans le groupe a été bonne et les relations agréables. Le nombre de 7 à 8 semble être un élément important et déterminant pour une bonne harmonie.


    ITINÉRAIRE. Données techniques fournies par une montre Garmin. Quelques petites différences sont à noter d’une montre à une autre.
    Kilomètres Dénivelé positif Dénivelé négatif Vitesse moyenne temps de roulage
    Jour 1 : 50,68 296 m 380 m 16,3 km/h 3h06’
    Clermont-Fd (musée Quilliot), Lussat, Lignat, les Martres d’Artière, Joze, Chez le Biaux, Nord de Lezoux, Étang de l’île, les Girauds Faures, Croix de chez Barry, la Croix Mozat, les Français, Puy Guillaume, camping municipal de Puy Guillaume.
    Les temps forts de l’étape : – les premières pentes de Chavaroux, et de Chez Marais
    – une harde de sangliers se dirigeant vers Chez le Biaux en ligne de crêtes
    – l’étang de l’île
    – la petite route à partir du lieu-dit les Français le long de la Dore
    – l’étang des graviers en soirée hors parcours

    Kilomètres Dénivelé positif Dénivelé négatif Vitesse moyenne temps de roulage
    Jour 2 : 57,46 1122m 760m 11,6 km/h 4h50’
    Puy Guillaume, Chez Pourrat, vallée de la Credogne, cascade du Creux Saillant, Palladuc, les Hommades, la Guelle, Laspiaux, Arconsat, col de la Charme, source de la Besbre (alt. 1193 m), les Quatre Chemins, carrefour des Charbons (alt. 923 m), St Priest-la-Prugne (alt. 719 m), camping Le Paradou à St Priest-la-Prugne.
    Les temps forts de l’étape :
    – environ 40 kilomètres de montée depuis Puy-Guillaume (alt 275 m) et le point le plus haut (environ 1200m) pour atteindre, les sources de la Besbre.
    – entre le kilomètre 38 et le kilomètre 45, la pente moyenne de la route comprise entre 7 et 11 %.
    – la vallée de la Credogne, rivière d’une longueur de 27,8 kilomètres qui prend sa source à proximité du lieu-dit « Les Etivaux » et qui se jette dans la Dore entre Puy-Guillaume et Limons.
    – la cascade du Creux Saillant
    – Arconsat et sa terrible montée à la sortie du village sur 300 mètres environ
    – le col de la Charme (alt. 1106 m).
    – les sources de la Besbre

    Cascade du Saillant sur la Credogne


    Une des sources de la Besbre

    Kilomètres Dénivelé positif Dénivelé négatif Vitesse moyenne temps de roulage
    Jour 3 : 88,26 983m 1413 m 16,00 km/h 5h31’
    St Priest, le col de Beaulouis (alt. 823 m) Matichard, le Moulin Neuf, Ferrières-sur-Sichon (alt. 555 m), la Croix des Barres (alt. 600 m), le Chat Blot, le Mayet-de-Montagne, Nizerolles, le Pouthier, La Croix Grangeon, Molles, la Bruyère, Domaine Neuf, St-Christophe, l’Alouette, D907, Périgny , Magnet, St Félix, Billy, voie verte de Billy jusqu’à Abrest, camping de la Croix St-Martin.
    Les temps forts de l’étape :
    – le col du Beau louis à 823 m d’altitude
    – le site des Bois Noirs Limouzat où a été extrait de 1954 à 1980, 6900 tonnes d’uranium actuellement un réaménagement est à l’étude…
    – la rivière Sichon en contrebas sur le gauche de l’itinéraire du Moulin Pommerie à Ferrières
    – le Pont des Soupirs
    – le passage d’une végétation fermée de type montagnard à un paysage plus ouvert collinéen.
    – le château de Billy
    – la voie verte le long de l’Allier…

    Le Pont des Soupirs
    Le Château fort de Billy

    Kilomètres Dénivelé positif Dénivelé négatif Vitesse moyenne temps de roulage
    Jour 4 : 62,1 932 m 488m 15,3 km/h 4h03’
    St Yorre, le Ruisseau, le casson, Montpensier, Demolle, les Maréchaux, les Fumoux, Vensat, Sanat, Maringues, St Ignat, Villeneuve l’Abbé, Ennezat, Targnat, Puy Chany, St-Beauzire, Gerzat, Clermont-Fd (musée Quilliot).
    Les temps forts de l’étape :
    – la vue sur la Chaîne des Puys avec la présence massive du Puy-de-Dôme
    – la quiétude des bourgs traversés
    – les voies semi-piétonnes de Maringues et le clocher dominateur de l’église Saint-Etienne.

    Maringues

    Accident : néant
    Problème mécanique : aucun
    Matériel mis à disposition par l’association : de marque Décathlon, 2 tentes modèle 900MT, 1 tente modèle 900MTL, 1 tarp (non utilisé).

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