Secteur géographique : Parc naturel régional du Verdon
Animatrice : Mady
Nombre de participants : 12 animatrice comprise (9F, 3H)
Classement Atlas du séjour : (F/M sur 1 jour)
Distance totale parcourue à pied : 102,14 km
Dénivelé total effectué : 4426 m
Kilométrage pour 3 voitures : 4013 km comprenant, l’aller Clermont-Fd / gîte Ferme des Cavaliers à Aiguines, les déplacements sur place et le retour du gîte à Clermont-Fd.
Météo : beau temps très chaud les 3 premiers jours, moins chaud les 2 derniers, un peu pluvieux le mercredi.
Les données kilométriques et altimétriques des randonnées sont le résultat d’une montre GPS, Garmin Fenix 7.
Temps de préparation et rédaction : 50 h

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JOUR 1 samedi 05 septembre

Départ de Clermont-Ferrand à 8 h 00, arrivée au gîte la ferme des cavaliers vers 17 h 45 après un arrêt avant le pont du Galetas pour aller voir de plus près le lac de Sainte-Croix. Le gîte, ancienne bâtisse rénovée par le Conservatoire du littoral, est situé au cœur d’un domaine protégé de 250 hectares sur la commune d’Aiguines, rive gauche des Gorges du Verdon.

Selon la légende locale, c’est le premier occupant de la bastide, Jacques Rouvier, surnommé Cavaliè  pour ses talents de dresseur de chevaux, qui aurait donné son nom à l’Étroit des Cavaliers, passage resserré dans les Gorges du Verdon situé à proximité de la ferme.
Le parc naturel régional du Verdon qui va être notre terrain de jeu pour la semaine est un territoire d’exception, reconnu pour la qualité de ses patrimoines et de ses paysages. Des sommets, de douces collines, des à-pics vertigineux, de vastes lacs, beaucoup de contrastes autour de la rivière du même nom, le Verdon qui le traverse .
Du fait de son double climat alpin et méditerranéen, d’une variation d’altitude et de milieux (falaises, garrigues, forêts) le parc abrite une biodiversité d’une richesse exceptionnelle et offre un refuge à de nombreuses espèces rares et protégées.

JOUR 2 dimanche 06 septembre

Le Grand Margès et le ravin de Vaumale

Distance :  15,88 km
Dénivelé positif : 976 m
Durée de marche : 6 h 06’
Durée de déplacement : 8 h 35’

Avec ses 1576m, le Grand Margès 3ème sommet du Var est notre objectif du jour. Contrairement à ce que font la plupart des randonneurs, nous ne partons pas du col d’Illoire, le GR99 qui mène au sommet passe en effet très près de notre hébergement. La première partie de la montée se fait dans une hêtraie, ce qui peut paraître surprenant dans ce climat méditerranéen. Mais sa situation sur le versant nord de la montagne, l’altitude, la fraîcheur et l’humidité des gorges ont favorisé son développement. Classée en réserve biologique, statut de protection propre aux forêts publiques, cette forêt est gérée en libre évolution, aucune coupe d’arbres n’a lieu. Les arbres accomplissent leur cycle de vie complet et le bois mort laissé sur place permet le développement de nouvelles vies : oiseaux forestiers, chauves-souris, mousses, lichens y trouvent le gîte ou le couvert.

Quant à nous, nous apprécions l’ombre que nous offrent ces arbres. Arrivés au pas de Garimbeau, le paysage change du tout au tout. La forêt cède sa place à quelques arbres épars, mais surtout à une garrigue et une pelouse sèche d’où s’élèvent des parfums de thym, de buis et de lavande. Des panneaux nous rappellent alors que nous traversons le camp militaire de Canjuers et qu’il est strictement interdit de quitter le tracé du GR. Le Grand Margès décoré de rochers se dessine de plus en plus nettement. Après le franchissement de petites combes, un dernier effort dans la pente finale nous propulse au sommet. Là-haut, le panorama est à couper le souffle : au nord, les massifs et sommets des Alpes et Préalpes ; à l’ouest, le lac de Sainte-Croix, le plateau de Valensole et, se découpant à l’horizon, le mont Ventoux. Dans le ciel, vautours et hirondelles nous survolent.  

Sur la crête du Grand Margès

Après avoir longé la crête, nous amorçons la descente avec prudence sur un sentier caillouteux, les yeux rivés sur le lac de Sainte-Croix qui se dévoile de plus en plus. Nous croisons de nombreux marcheurs, alors que notre montée s’était faite dans une solitude totale. À l’approche du col d’Illoire, nous retrouvons le couvert forestier, l’endroit idéal pour notre pause pique-nique.

Au col, un belvédère surplombe les hautes gorges. En contrebas une multitude de petits points blancs, bateaux, pédalos, se détachent sur les eaux vert émeraude du Verdon.
Nous nous engageons dans le ravin de Vaumale, rive gauche des Hautes Gorges, 6 kilomètres et 3 heures sont annoncés sur un panneau. L’itinéraire oscille entre des points de vue plongeants sur le Grand Canyon et des portions ombragées bienvenues et le terrain se révèle particulièrement varié et technique : sentiers escarpés et caillouteux, pierriers, et passages rocheux parfois équipés de câbles.

Dans le ravin de Vaumale

Comme prévu, il nous faut trois heures complètes pour regagner les voitures. Une belle randonnée, un brin sportive mais parfaitement sécurisée.

JOUR 3 lundi 07 septembre

Vieux Quinson (le matin) et sentier du Garde Canal (l’après midi)

Distance : matin 8,25 km / après midi 10,30 km  Total journée 18,55 km
Dénivelé : matin 236 m / après midi 359 m Total journée 595 km
Durée de marche : matin 2 h 14’/ après midi 3 h 13’ Total journée 5 h 27’
Durée de déplacement : matin 2 h 51’/ après midi 3 h 54’ Total journée 6 h 46’

Aujourd’hui, direction les basses gorges du Verdon, situées en aval du lac de Sainte-Croix, pour deux randonnées bien distinctes. La première nous mènera sur les hauteurs de Quinson et la seconde au cœur même des basses gorges. Initialement, la notice d’information prévoyait une excursion vers Baudinard, mais mon séjour en kayak en juin dernier m’a poussé à revoir mes plans.

Une fois stationnés à Montmeyan-Plage (Var), il nous suffit de traverser le Verdon pour basculer dans les Alpes-de-Haute-Provence. Depuis le pont, nous profitons d’un premier aperçu des basses gorges, notre terrain de jeu de l’après-midi. Après avoir longé la route sur quelques mètres, nous atteignons la chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours. L’histoire raconte qu’il existait autrefois trois édifices religieux près du pont de Quinson ; deux d’entre eux auraient été vendus à des particuliers afin de financer la restauration de celui-ci.

C’est ici que débute le sentier grimpant vers le Vieux Quinson. Malheureusement, un arrêté municipal, discret mais bien en vigueur, en interdit l’accès pour fermeture. Un rapide appel à l’office de tourisme me confirme la situation. Je décide donc de continuer tout droit pour rattraper le GR 4 un peu plus loin, modifiant ainsi notre itinéraire. L’ascension, régulière et agréablement ombragée sous une forêt de chênes, nous conduit à une intersection. Je quitte alors le GR pour bifurquer à droite, afin de monter sur le plateau pour faire une boucle et reprendre le GR au retour.

Sur le plateau, les massifs forestiers cèdent la place aux paysages agricoles. Après avoir longé une vigne, nous récupérons le GR pour entamer la redescente vers Quinson. Arrivés à un nouveau croisement, la direction du Vieux Quinson est indiquée. Malgré l’arrêté municipal de nouveau affiché, l’envie de tenter le coup est trop forte. Au lieu de tourner à gauche, nous filons tout droit. Le chemin est en excellent état, des traces de pas sont visibles et des branches de buis fraîchement coupées nous laissent espérer que le sentier reste praticable jusqu’à Quinson… Mais à peine un kilomètre plus loin, une chaîne barre définitivement le passage. Qui aurait pu prédire qu’un chemin affiché “fermé” le serait véritablement ? Heureusement, la tentative n’est pas tout à fait vaine : nous sommes au lieu-dit « le Vieux Quinson », un éperon rocheux dominant le Verdon qui nous offre une vue lointaine sur le barrage. On a tenté, on a perdu, il faut faire demi-tour. Nous regagnons rapidement l’embranchement du GR pour achever la descente vers Quinson, puis nous longeons les berges du lac avant de franchir à nouveau le pont. Surprise : un kayak remonte les gorges exactement au même moment ! C’est Michel, qui compose entre kayak et randonnée au gré des points de départ pour ménager son dos. On pique-nique tous ensemble sur la plage et quelques courageux et courageuses s’offrent une baignade rafraîchissante.

Après cette pause méridienne bien agréable, c’est le sentier du Garde Canal qui nous attend. En 1857, pour pallier les besoins en eau d’Aix-en-Provence et des communes environnantes, la construction du canal du Verdon (ou canal d’Aix) fut décidée. Commencé en 1863 et achevé en 1875, l’ouvrage était flanqué sur toute sa longueur d’un sentier destiné à son entretien. Dans les années 1960, la mise hors service du canal et la création du barrage de Gréoux ont fait monter les eaux, noyant une partie de ce chemin. Partiellement réaménagé en 2014, l’itinéraire permet aujourd’hui de longer les gorges sur plus de 3 kilomètres.

Sur le sentier de Garde Canal

Le parcours est enchanteur : belvédères, passerelles, escaliers et étroits sentiers accrochés à la falaise se succèdent dans un rythme de montées et de descentes, enserrés entre les eaux du Verdon à notre droite et les vestiges du canal à notre gauche.  En parallèle, on devine des tunnels qui servent aujourd’hui de sites d’hivernage et de reproduction pour les chauves-souris. La cabane du gardien, autrefois chargé de la surveillance et de la régulation de l’ancien canal, tient toujours debout, entourée de panneaux explicatifs qui retracent l’histoire des lieux. Juste après, nous nous engageons dans un tunnel d’environ 120 mètres de long. À l’entrée, des consignes demandent de respecter un silence absolu pour ne pas effrayer les chauves-souris. Il me faut insister lourdement sur les panneaux pour faire cesser les discussions qui allaient bon train !

À la sortie, nous nous éloignons du Verdon pour monter vers la chapelle Sainte-Maxime, plongeant dans une ambiance radicalement différente. Nous traversons une forêt sombre où les lichens suspendus aux branches donnent au décor de faux airs de jungle tropicale. Pour l’ultime ascension vers la chapelle, le paysage s’ouvre à nouveau : le terrain devient découvert, sec, rocheux et généreusement ensoleillé. Une petite pause à l’ombre des arbres entourant le monument est accueillie avec bonheur. L’heure tourne et le temps presse pour le retour. J’abandonne donc l’idée de prolonger la marche par les hauteurs du plateau et, au carrefour de la Draille des Vaches, j’oriente le groupe vers le sentier qui plonge directement vers le Verdon. Avec ses quelques 300 marches, cette descente s’avère un peu “casse-pattes”, mais a un intérêt. Elle nous permet de franchir une passerelle ignorée à l’aller et de longer à nouveau la rivière. Quelques embarcations jouent les prolongations, tout comme nous. Ce n’est pas le cas de Michel, qui a accosté depuis plus d’une heure déjà. Après une dernière baignade pour les plus motivés, nous reprenons la route du retour, les yeux encore pleins de ces paysages exceptionnels.

JOUR 4 mardi 08 septembre

Sentier Blanc Martel

Distance : 17,94 km
Dénivelé :  694 m
Durée de marche : 5h43’
Durée de déplacement : 6h52’

Mandaté par le Ministère de l’Agriculture pour trouver de l’eau potable pour la Provence, le spéléologue Alfred-Edouard Martel monte une expédition. Accompagné d’une équipe et de villageois, dont l’instituteur et naturaliste local Isidore Blanc, il entreprend en 1905 la première traversée intégrale du grand canyon du Verdon. L’équipe réalise cet exploit en quatre jours, reliant le Couloir Samson au Galetas. Dans les années 30, le Touring Club de France aménage et ouvre officiellement le tracé actuel, qui relie la Maline au Couloir Samson. Le sentier est baptisé en hommage à ses deux pionniers.

C’est en taxi à partir du parking du couloir Samson que nous nous rendons au chalet de la Maline. Le sentier commence par une descente en lacets dans le ravin de Charençon. Après le passage du Pas d’Issane facilité par un escalier, nous arrivons à l’embranchement qui conduit à la passerelle de l’Estellié et au sentier de l’Imbut, sentier interdit depuis un éboulement en 2022. Après le Pré d’Issane où une plage de galets donne accès au Verdon, le chemin s’engage dans un défilé rocheux, resserré par des falaises, l’Étroit des Cavaliers. Il remonte ensuite vers l’Éboulis de Guègues, grand pierrier qui se franchit à l’aide d’aménagements, marches, escaliers, câbles.

Eboulis de Guègues

Le sentier mène ensuite au carrefour de La Mescla. Nous faisons l’aller retour pour admirer la confluence entre le Verdon et l’Artuby. De retour sur l’axe principal, une courte montée raide mène à la Brèche Imbert et tout le groupe fait ensuite l’effort de grimper sur l’étroite plate forme en belvédère au dessus des gorges. Suit un escalier métallique abrupt composé de 6 échelles totalisant 252 marches pour le franchissement du dénivelé négatif de 100 mètres. 

Escaliers de la Brèche Imbert

Le sentier alterne ensuite des portions hautes et basses le long de la rivière tantôt à l’ombre tantôt au soleil et plusieurs baumes, nom qui désigne une cavité naturelle ou une petite grotte abritée sous les falaises, se succèdent.
Arrivent les 3 tunnels, qui sont empruntés par le sentier. Conçus à une certaine époque dans le cadre d’aménagements hydroélectriques ils ont été abandonnés après la guerre de 1939-1945. Ratant le premier d’entre eux le Tunnel des Baumes, car il est également possible de le contourner, nous retrouvons à sa sortie 3 participants qui eux l’ont emprunté. Le passage par les 2 tunnels suivants est obligatoire. D’abord le Tunnel de Trescaire, long de 110 m  puis le dernier, le Tunnel du Baou, long de 670 mètres. Peu après son entrée, à environ 250 mètres, dans une courbe, une fenêtre découpée dans la roche permet d’accéder à la Baume aux Pigeons. Encore une vue exceptionnelle sur les gorges. À la sortie de ce dernier tunnel, on redescend au bord du Verdon où des adeptes de randonnées aquatiques se préparent. Un peu de dénivelé montant pour arriver à la passerelle qui permet de franchir le Baou, affluent du Verdon, et c’est la fin du sentier. Le chemin permettant de remonter au parking où nous sommes garés étant fermé, nous sommes obligés de suivre la route…

JOUR 5 mercredi 09 septembre

Autour du lac de Sainte-Croix

Distance : 22,87 km
Dénivelé : 665 m
Durée de marche : 6 h 00
Durée de déplacement : 8 h 00

C’est aux Salles-sur-Verdon que nous débutons cette randonnée. Installé au bord du lac, le village actuel est assez récent puisqu’il a été entièrement reconstruit après la disparition de l’ancien village, englouti lors de la mise en eau du barrage de Sainte-Croix dans les années 1970. Garés près d’une mise à l’eau, Michel partant pour une sortie en kayak, nous avons face à nous de l’autre côté du lac, le plateau de Valensole où les éclairs illuminent le ciel et les antennes du centre émetteur de Roumoules, qui a permis à Radio Monte-Carlo (RMC) en 1974 d’étendre sa zone d’écoute sur l’ensemble du territoire français et italien jusqu’en mars 2020, date à laquelle le centre a cessé ses émissions grandes ondes. Nous empruntons le GR Tour du lac de Sainte-Croix mais après environ deux kilomètres, nous le quittons pour suivre un chemin qui part en direction des Pérassées. Au point coté 556 m, une belle ouverture dans la végétation nous offre un superbe panorama sur le lac. Nous profitons quelques instants de cette vue avant d’amorcer une petite descente qui nous permet de rejoindre à nouveau le GR.

Le sentier s’élève alors à travers un agréable bois de feuillus. La pente d’abord régulière devient plus soutenue, jusqu’à atteindre un plateau à 700 mètres d’altitude. Nous entamons ensuite la descente vers Bauduen, en empruntant la gorge de Caletty. Peu à peu, nous perdons de l’altitude et le lac réapparaît au détour du chemin. Nous arrivons finalement à proximité du port de Bauduen. C’est le moment de profiter du bord du lac avec Michel qui nous a rejoint en faisant la pause-nique et toujours une baignade volontaire ou pas pour certaines.

Après le repas, nous prenons le temps de découvrir Bauduen, charmant village médiéval.

Eglise de Bauduen



Ses ruelles étroites, ses maisons en pierre et son atmosphère provençale en font une étape particulièrement agréable. Au début du chemin où commence le GR 99B qui suit les berges du lac, un panneau informe que le GR est débalisé invitant à suivre le GRP Tour du lac de Sainte-Croix, pour poursuivre l’itinéraire. Nous continuons toutefois jusqu’à une intersection, avec un chemin qui remonte, rejoindre le GRP. Celui-ci d’abord agréable, avec le passage sympathique d’un petit défilé, change progressivement et devient nettement moins confortable. Le sol se couvre de nombreuses pierres verticales et coupantes, un  véritable lapiaz, qui rend la progression pénible.

Le GRP…

Et comme si cela ne suffisait pas, la pluie commence à tomber. La difficulté augmente encore dans la descente à partir du croisement de Garuby. La pente, les pierres saillantes et l’humidité rendent cette partie particulièrement délicate. La prudence est indispensable, notamment dans les passages où les appuis sont moins sûrs.

Arrivés au niveau du lac, la pluie a cessé et nous retrouvons des chemins plus larges et beaucoup plus praticables. Nous poursuivons alors tranquillement notre itinéraire en longeant Sainte-Croix au plus près de l’eau jusqu’à notre point de départ aux Salles-sur-Verdon.

 JOUR 6 jeudi 10 septembre

Le belvédère des vautours

Distance : 17,17 km
Dénivelé :  738 m
Durée de marche : 4 h 48’
Durée de déplacement : 6 h 20’

Ce matin-là, en franchissant le seuil du gîte, c’est un air vif et piquant qui nous accueille : le thermomètre affiche un petit 7°C. Le Grand Canyon, que nous longeons en voiture pour rejoindre notre point de départ, a entièrement disparu, les falaises vertigineuses littéralement noyées dans une mer de nuages compacte.

Notre destination, le village de Trigance, est lui aussi enveloppé dans la brume et on devine à peine la silhouette imposante de son château fort du XIe siècle, flanqué de ses quatre tours crénelées qui veillent sur les lieux depuis le Moyen Âge.
Nous débutons sur le GR 49, d’abord goudronné pour desservir les habitations des hauteurs, avant de fouler un agréable sentier en balcon. La montée, douce et régulière, alterne entre sous-bois et espaces dégagés. Le soleil perce enfin et nous réchauffe. Les panoramas se dévoilent : à gauche la Cime de Biach, à droite le sommet de Breis, et face à nous le sommet du Robion.

Juste après avoir dépassé le paisible hameau d’Entreverges, nous quittons le GR pour nous enfoncer au cœur de la forêt de la Colle de Breis. C’est un véritable jeu de piste qui commence : nous cheminons sur de charmantes petites sentes sauvages qui changent constamment de cap. Le sentier vire au nord, plonge au sud, remonte au nord, oblique à l’est, avant de s’orienter définitivement vers le nord. Après une dernière montée un peu plus soutenue, l’effort est récompensé de la plus belle des manières.

Nous débouchons soudain sur le fil d’une crête spectaculaire : le belvédère des Vautours.

Sur le belvèdère

Le spectacle est grandiose : des dizaines de rapaces planent au-dessus du vide. Disparus de Provence, le vautour fauve, réintroduit en 1999 et le vautour moine en 2005 forment aujourd’hui une colonie florissante de plus de 300 individus. Sous nos pieds, les falaises plongent verticalement pour marquer le début du Grand Canyon du Verdon. En contrebas, nous apercevons le pont de Carajuan, notre objectif d’après-pique-nique.

La descente vers le Verdon, que nous redoutions difficile, se fait facilement sur un chemin en parfait état. Nous atteignons le pont de Carajuan, un bel ouvrage en pierre à deux arches qui reliait autrefois les chemins muletiers entre Castellane et Moustiers-Sainte-Marie. Nous entamons alors la dernière partie de notre boucle. Un court mais indispensable détour nous mène au pont de Sautet. Ce magnifique pont médiéval en dos d’âne, d’architecture romane, édifié à la fin du XVIIIe siècle (vers 1780) enjambe d’une seule arche le Jabron, affluent du Verdon qui s’est frayé un chemin à travers la roche calcaire, creusant un canyon miniature particulièrement étroit et profond. Regarder le torrent bouillonner tout en bas de ce pont de pierre suspendu au-dessus du vide doit être un moment magique que nous devons imaginer car il est au moment où nous passons complètement à sec.

Après ce saut dans le temps, nous reprenons notre marche. Le village de Trigance et les lignes fières de son château fort se dessinent à nouveau à l’horizon, cette fois-ci baignés par la lumière de l’après-midi.

Sur la route du retour en voiture, une halte finale au belvédère de la Mescla nous offre un coup d’œil vertigineux sur la confluence de l’Artuby et du Verdon. Un superbe écho à notre randonnée sur le sentier Blanc-Martel, où nous avions admiré ce même croisement depuis le fond des gorges. Découvrir ce paysage grandiose sous une toute nouvelle perspective boucle cette  journée de la plus belle des manières.

JOUR 7 vendredi 11 septembre

Col de plein Voir

Distance : 9,73 km
Dénivelé : 758 m
Durée de marche : 3 h 47’
Durée de déplacement : 5 h 00


Pour ce dernier jour, le groupe se divise à nouveau : nous laissons Michel pour une sortie kayak sur le lac de Sainte-Croix et Régine qui préfère faire une pause, juste avant le pont du Galetas. Quant à nous nous allons jusqu’au parking de Félines. Après la portion commune menant au col de l’Âne, nous obliquons à droite sur un sentier en courbe de niveau, parallèle à la route. Le cheminement en sous-bois est d’abord facile, avant de se corser par de courtes montées abruptes pour franchir les rochers et contourner les falaises.
Très vite, le paysage s’ouvre magistralement. Le lac de Sainte-Croix s’étend en contrebas, d’un calme absolu, à peine troublé par le sillage d’une seule embarcation (est-ce Michel ?). Un bel à-pic dévoile les Hautes Gorges, désertes avant l’assaut des bateaux de location.

Falaise penchée

Nous remontons en longeant d’immenses parois calcaires où s’activent plusieurs cordées de grimpeurs. De retour en forêt, nous partons à la recherche des grottes du site de Saint-Maurin. Une première tentative sur une sente encombrée s’avère infructueuse. Nous rebroussons chemin pour trouver, quelques mètres plus haut, une trace plus nette, rapidement confirmée par un poteau de balisage. Nous débouchons sur une clairière où des monticules verticaux sont dissimulés sous des bâches noires. Corinne évoque certainement avec raison, l’hypothèse de fouilles archéologiques. Malheureusement, pas de grandes grottes comme sur les photos, seulement quelques petites cavités peu significatives. Nous faisons demi-tour et face à l’absence de panneaux pour la variante de la résurgence et au dénivelé restant, la sagesse l’emporte : nous reprenons le cap vers le col.

La pente s’accentue nettement. Contournant ou longeant des falaises, aidés par les racines entremêlées et les blocs de roche qui forment des marches naturelles pour le franchissement de parties très raides, nous atteignons les 1023 mètres d’altitude. Un magnifique belvédère sur le lac nous permet de souffler avant le dernier kilomètre. Au col de plein Voir, nous rejoignons la crête et nous découvrons un panorama embrassant à la fois le lac de Sainte-Croix et les Hautes Gorges (cf photo entête). Malheureusement, le soleil a capitulé et c’est sous un ciel bien gris que ce paysage grandiose se dévoile à nous.

Après le pique-nique, nous amorçons le retour en allant en direction du col de l’Âne. Si la première partie se déroule sur un beau chemin, le col passé le sentier devient instable, tapissé de pierres qui roulent sous nos chaussures, provoquant de nombreux dérapages. La prudence est de mise, pas question de gâcher ce dernier jour de randonnée. Nous  retrouvons enfin l’intersection du matin et rejoignons nos voitures sous un magnifique ciel bleu retrouvé.

Nous rejoignons Régine et Michel au pont de Galetas. Nouvelles activités : baignade, initiation au kayak, chacun choisit ce qui lui convient le mieux, voire les deux si l’envie est là. Nous terminons la journée à Moustiers-Sainte-Marie, joyau provençal blotti contre la falaise, à la célèbre étoile suspendue. Après une gourmandise dégustée tous ensemble, chacun part à la découverte du village avant de regagner notre hébergement pour une dernière soirée.

JOUR 8 samedi 12 septembre

Jour du retour à Clermont -Fd

Une belle surprise sur la route, peu après le départ du gîte, un chamois descendu de la forêt, court pendant quelques instants devant la voiture avant de plonger dans la pente. C’est le seul aperçu de tout le séjour, apparemment moins effrayé par le bruit des voitures que par les randonneurs.

Des embouteillages sur l’A 7 puis sur l’A 75 entre Issoire et Coudes, ont rallongé la durée du trajet.

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