Animateur : Yves
Nombre de participants : 12 animateur compris (7 F, 5 H)
Météo : ensoleillé dans l’ensemble
Distance : 72 km
Dénivelé : + 6500 m / – 6430 m
Durée : 47 h de déplacement pauses comprises
Classement Atlas : moyen à difficile
Kilométrage auto : 3540 km pour 3 véhicules
Préparation et rédaction : 50 H
– Jour 1 : trajet Clermont-Ferrand / Marc 09220 Auzat 520 km 7h30
Nous arrivons en Haute Ariège en fond de vallée de Vicdessos, au pied du massif du Montcalm, que nous allons découvrir cette semaine.
– Jour 2 : 12 km + 1100 m – 1100 m 8h35
Aujourd’hui journée des étangs (ou lacs). Nous gagnons les Orris du Carla (abris de berger en pierres sèches) à l’extrémité sud de l’Etang de Soulcem : lac de barrage formé suite à la construction du barrage du Pla de Soulcem de 1980 à 83 alimenté par le ruisseau éponyme. Après quelques explications nous voilà partis le long du ruisseau de Soulcem sur ce vaste plateau autrefois voué au pastoralisme où sont encore présents de nombreux orris çà et là. Un troupeau de Gascogne gris clair, et de Mérens à la robe noire, nous ignorent au passage.
A la cascade de Labinas une odeur désagréable vient perturber notre odorat, pourtant point de bête crevée à proximité, question ??
La progression plein sud au dénivelé régulier continue gentiment le long du ruisseau.
Face à l’orri des Estrets direction sud-ouest, le sentier qui serpente s’élève brutalement et nous conduit, après une petite pause à mis pente, à l’étang de la Soucaranne dominé par le pic du même nom qui se reflète dans une eau transparente. Deux ou trois escalades de rochers nous évitent de passer trop près du bord. Nous sommes à quelques encablures du Port du Bouet frontière avec l’Espagne.
Il est bientôt midi nous décidons d’aller manger à l’Etang de Roumazet tout proche. Petit ressaut passé, nous dominons ce deuxième lac plus petit, presque parfaitement rond, entouré d’une végétation verdoyante. Malheureusement, suite à une interdiction de la commune sur ce secteur, on ne pourra pas faire trempette, ne serait-ce que les pieds, pendant le pique-nique. Pendant la pause nous essayons de repérer le sentier qui nous conduira au prochain étang, pas facile à voir mais pourtant il existe. Après 300 m positif, difficile en pleine digestion sous le soleil, nous surplombons les étangs de la Gardelle à l’eau verte, bleue ou grise car ici quatre lacs s’étalent sous nos yeux entre pics, pointes et sommets en tout genre.

De là 900 m de négatif nous attendent pour regagner la vallée. La descente est régulière sur une sente étroite mais bien marquée. Avant les voitures il nous faut traverser le fameux ruisseau qui alimente la retenue par une passerelle également empruntée par les vaches en liberté. Un gentil monsieur nous viendra en aide car quatre ou cinq bêtes apeurées par la dégradation de la passerelle sont pétrifiées et n’osent avancer.

Première journée de mise en jambe dans un environnement déjà de haute montagne, enrichi par tous ces étangs plus jolis les uns que les autres.
– Jour 3 : 10 km + 850 m – 950 m 7h
Ce matin, nous nous éloignons du massif du Montcalm pour visualiser, d’un célèbre sommet du Couserans, les sommets des jours suivants. Face au parking du port de Lers, bien connu des cyclistes professionnels, on aperçoit une petite sente assez raide. On débute doucement, chacun à son rythme, pour une montée jusqu’aux crêtes. Vers 1900 m le chemin s’adoucit pour laisser place à une large vue sur les sommets environnants avec le pic des 3 Seigneurs qui trône en maître. On en prend plein la vue, régal !
Du pic de Fontanette au pic de Barrès le sentier monte et descend parmi les rochers sur la crête. Parfois nous contournons sur la gauche ou la droite mais toujours avec précaution afin de ne pas se trouver face à un rocher infranchissable. On arrive au point de jonction pour rejoindre le Pic, un peu d’hésitation, car suite à un éboulement le tracé a été modifié et l’ancien n’a pas été effacé.
La trace monte à pic entre les rochers il faut mettre les mains. Par trois fois on a cru être arrivés, illusion d’optique. Seules les 3 croix nous confirment que l’on a atteint le sommet. La légende raconte que les trois seigneurs des vallées voisines se retrouvaient là pour définir leurs droits respectifs.

Retour au point de jonction pour le déjeuner, puis direction l’étang d’Arbu. On se laisse doucement guider par les marquages et les cairns en désescaladant les rochers prudemment, jusqu’à découvrir soudain l’étang précité au creux du vallon.
Quelques nuages ont apparu dans la descente et à l’étang les premières gouttes arrivent, on ne s’attarde pas. Nous pressons le pas avec attention car les glissades sur les pierres mouillées commencent. Sur notre droite le déversoir du lac nous offre une magnifique cascade que nous prenons à peine le temps de contempler car les gouttes se transforment en grésil.
Au pont de Ganioule nous délaissons les cailloux pour un chemin plus confortable, et retrouvons quelques arbres absents depuis ce matin. La pluie s’intensifie. Les chauffeurs courent pour approcher les voitures car nous sommes tous bien trempés et par chance se sera la seule fois de la semaine.
– Jour 4 : 8 km + 1300 m – 110 m 5h50
Traversée de Marc par le GR10 puis direction ouest par un petit chemin très agréable en forêt qui nous conduit à l’Artigue, hameau de quatre ou cinq maisons au décor original et admirablement entretenues. Nous continuons direction les cascades. Après avoir aperçu la première sans prétention nous continuons vers une deuxième beaucoup plus importante légèrement cachée derrière une végétation abondante. Photos prises nous retournons par une petite sente escarpée vers le GRT retrouvé dans le bois de Fontanal, axe principal pour le refuge du Pinet. Dans le bois, de rudes lacets jonchés de racines protubérantes nous font transpirer. Pause à la lisière du bois pour un pique-nique à l’ombre. Encore deux trois efforts et l’on arrive aux orris du Pla de Nouzère avec une belle vue sur le massif de Bassiès.
Le sentier s’élève fortement avec divers passages de rochers, on passe un ruisseau, au dessus d’une source, un petit raidillon et nous arrivons sur une croupe. Après plusieurs replats et grimpettes on peut observer sur notre gauche l’Etang Sourd et sa cabane. On cherche le refuge, on le devine mais on ne le verra qu’après avoir passé le déversoir de l’Etang du Pinet. Ca y est on le découvre enfin avec l’étang à ses pieds.

Nous arrivons donc en milieu d’après-midi, toujours avec un temps idéal, soleil et température raisonnable, à cet étrange bâtiment , belvédère à 360° sur ce paysage minéral. En fin d’après-midi le brouillard commence à arriver, se déplace par saccades et finit par envelopper totalement le refuge. La météo annonce du vent fort pour cette nuit et demain sur les sommets.
– Jour 5 : 13 km + 1080 m – 2100 m 9h55
Il est 7 H le jour se lève, les frontales restent dans les sacs. Malgré le vent fort nous décidons de monter au moins jusqu’aux étangs dans un premier temps. Nous partons cap sud pour s’élever sur un plateau qui domine le refuge avant d’entrer dans un goulet au dessus du torrent qui vient des étangs d’Estats et du Montcalm, suivi d’une traversée à faible dénivelé. Le vallon se referme au niveau de l’Etang d’Estats visible en contre bas et le sentier s’élève sur la gauche pour parvenir à l’Etang du Montcalm où flotte un petit névé sur une eau au vert soutenu.
Le vent vient du sud, comme nous grimpons coté nord nous ne sommes pas contrariés, d’où la décision de continuer.
L’ascension se poursuit donc sur un terrain très rocheux dans la partie la plus raide du parcours jusqu’à parvenir d’abord au col de la Coumette puis à celui du Riouffret. Maintenant nous prenons à gauche la direction du Pic du Montcalm, le souffle court dû à l’altitude nous arrivons enfin au sommet au milieu des rochers et gros cailloux. Les violentes rafales nous secouent sur la crête et nous empêchent de faire la traditionnelle photo de groupe. Malgré cela, la vue sur les sommets avoisinants et plus lointains est extraordinaire. On ne s’attarde pas car la température ressentie est proche de zéro, nous décidons de redescendre au premier étang pour un pique-nique bien mérité.

Pause finie, 2000 mètres de désescalade nous attendent. Nous n’avons plus qu’a nous laisser glisser vers le bas en suivant l’itinéraire de montée jusqu’au refuge. Au Pinet nous reprenons les affaires que nous avions laissées pour alléger nos sacs et empruntons le sentier qui passe par l’Etang Sourd plus régulier et plus confortable. Après l’Etang Sourd nous rejoignons le chemin de la montée aux orris du Pla de Nouzère avant de s’enfoncer dans la forêt pour descendre les derniers 500 mètres de négatif. Ayant amené une voiture à la centrale afin d’éviter une portion de route non intéressante les trois chauffeurs dévalent ces 500 mètres au petit trot pour récupérer les deux autres véhicules avant l’arrivée du groupe au parking. Chose faite, démarche appréciée de tous. Journée exigeante terminée, le toit de l’Ariège objectif majeur du séjour atteint, participants fatigués mais ravis et pressés de prendre une bonne douche.
– Jour 6 : 14 km + 780 – 780 6h
Après deux journées intensives arrive une journée plus calme et plus roulante agrémentée par la découverte de sites historiques. Nous quittons Vicdessos sur la trace de l’ancienne voie de chemin de fer qui reliait Tarascon sur Ariège à Auzat, construite en 1911 pour desservir les usines et mines de la vallée. Face au camping, nous prenons à gauche un sentier muletier ombragé qui nous mène au sommet d’un éperon calcaire où se trouvent les vestiges du château de Montréal de Sos. Bati fin 12°S les nombreuses explications nous apprennent qu’il s’agit du plus important château des Comtes de Foix qu’ils ont volontairement détruit. De la table d’orientation nous avons une belle vue plongeante sur Auzat et Vicdessos ainsi qu’un large panorama sur les montagnes voisines. Nous quittons la butte en direction d’Olbier par une sente aérienne équipée d’un câble, avant de traverser une grotte tunnel sombre, étroite, humide et très glissante. Tout le monde est attentif, pas de chute à déplorer.

Après avoir traversé le sympathique village d’Olbier le chemin monte régulièrement en sous bois pour arriver à la Croix de Massot où un banc est bienvenu pour une courte pause boisson.Nous avons rejoint Goulier où après un rafraichissement à la fontaine, nous suivons le GR10 jusqu’au col de Rizoul 300 mètres plus haut. Au col endroit idéal pour la pause méridienne au pied du Pic de Rizoul. Soleil pour certains, ombre pour d’autres tout le monde trouve sa place.
Après quelques douceurs nous reprenons notre chemin sous un ciel d’azur et une température supérieure aux jours précédents, abandonnons le GR et plongeons sur Sem à l’ombre à travers la forêt de Gelé. Nous ne pouvons pas passer à Sem sans découvrir le Palet de Sanson perché sur son promontoire. Il fait chaud nous sommes en plein soleil le groupe montre certaines réticences à ce dernier effort. Ma persuasion fait que nous nous retrouvons tous devant cet énorme bloc de granit déposé par le glacier qui a occupé cette vallée. Petit retour en arrière pour traverser le village de Sem connu pour les anciennes mines de fer de Rancié, plus importante exploitation des Pyrénées en son temps. Sur le carreau de la galerie de la République divers panneaux nous relatent la vie minière de la grande époque puis nous suivons le chemin de Cavallère, chemin utilisé par les muletiers avant l’existence de la trémie de Cabre dont l’empierrement reste encore visible de nos jours. La descente suit le ruisseau de Sem où une cassure de relief a créé l’imposante cascade de Carraucou dissimulée dans la végétation. Nous arrivons au pylône inférieur de la trémie peu entretenu, dommage ! Nous traversons la D8 pour remonter le long du ruisseau de Vicdessos par le chemin de Charlemagne, nous sommes à découvert et la chaleur se fait sentir. Cette petite journée à faible kilométrage et dénivelé a reposé les organismes avant une dernière journée plus dynamique.–
Jour 7 : 15 km +1390 m -1390 m 9h40
Dernière journée, afin de minimiser la distance, nous nous approchons au plus près en voiture après avoir slalomé entre les vaches en liberté qui déambulaient sur la route. Départ du plateau de Coumebière en direction de l’Etang de Labant. Les anciennes mines de plomb argentifère des Argentières dépassées, nous montons légèrement sur la droite de l’étang pour arriver à la sortie du bois. Le soleil inonde la vallée et met en valeur la petite ville thermale d’Aulus les Bains d’où partiront nos collègues du GR10 prochainement. Maintenant un beau chemin en balcon, qui reste en courbe de niveau nous repose. Face à nous le cirque de l’Etang du Garbet où un patou nous signale la présence d’un troupeau.Le sentier remonte progressivement vers le col de las Fouzès. La brume matinale joue avec les formes environnantes, tantôt découvertes, tantôt enveloppées en nous offrant un décor étonnant et surprenant.Au col waouh ! la vue sur les sept à huit étangs de Bassiés est exceptionnelle. Le chemin maintenant reste en crête, descend au col de Morech puis remonte au cot de Morech, plusieurs passages de rochers ralentissent l’allure. Soudain on quitte la crête pour contourner le Pic des Fouzès par la gauche et après une longue traversée sur le flanc Est on la rejoint.De nouveau nous la quittons pour évoluer sur la gauche du Pic de Caumale sur un pierrier interminable guidés par des cairns. En contre bas sortent de la brume les étangs des Lavants de l’Escale et devant nous, au sud, apparait nettement le sommet plat de la Pique rouge de Bassiès avec à sa gauche la Pique de Belcaire.Le sentier qui mène au sommet et un sentier de montagne traditionnel quelques cailloux et peu de rochers le pas est régulier et la pente reste constante.Nous sommes tous en haut, la vue sur le Montcalm est dégagée, plus de brume, nous voyons bien le cheminement emprunté il y a deux jours.

Le vent est toujours un peu présent et malgré le soleil nous préférons redescendre légèrement pour le pique-nique car il est 14 heures passées l’estomac crie famine. La fatigue accumulée se faisant sentir, le retour sur cette crête semble interminable. Au col de las Fouzès nous quittons la crête pour plonger à gauche retrouver notre magnifique chemin en balcon mais c’était sans penser que le troupeau aperçu ce matin aurait pu s’accaparer le chemin et trois patous nous regardent et se font entendre. Petite séance de hors-piste pour les contourner et nous regagnons le sentier de ce matin. La partie horizontale sur ce chemin herbeux et terreux nous repose avant la dernière descente qui nous ramène au parking. Cette semaine dans cet univers minéral a marqué le groupe mais la météo très clémente nous a aidé à supporter la difficulté. Ce séjour finit sur une bonne note, tout le monde est content d’avoir pu aller jusqu’au bout et a retrouvé suffisamment d’énergie pour chanter à tue tête lors de la soirée Karaoké organisée par le centre de vacances. Merci à tous pour la bonne ambiance et merci aux deux futurs animateurs qui m’ont épaulé régulièrement.
– Jour 8 : trajet retour Marc /Clermont-Ferrand 520 km 7h30
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