Animateur : Thierry
Nombre de participants : 20 animateur compris (13 F, 7 H)
Météo : Grand soleil toute la journée – presque chaud l’après-midi
Carte :  IGN 2532SB
Distance : 24,5 km  
Dénivelée : 800 m  
Durée
 : 7h pauses comprises  
Classement Atlas : Facile
Préparation et CR : 3h
Kilométrage auto : 140 km pour 3 voitures d’Auchan nord – 106 km pour 1 voiture du Crest, 1 voiture sur place.

Itinéraire : Torsiac, autour du Grand Bois, Brugeilles, suivi de l’Alagnon jusqu’aux faubourgs de Blesles, Blesles, les Igasseyres, Chadelcol, Croix d’Encol, Bousselargues, le Vigniau, HP jusqu’à Mourenu (PC690), D5, Marmaissat le Haut et le Bas, Bois du Rou, D714 Pont Rouge, pont de Lanau, Torsiac

Un peu de route pour faire une belle rando ensoleillée autour de Blesles et de l’Alagnon. Les pluies de ces dernières semaines m’avaient obligé à appeler la mairie de Blesles pour connaître l’état du passage dans les prairies après Brugeilles le long de l’Alagnon. Le contact m’avait rassuré et c’est donc confiant que nous sommes partis de Torsiac, hameau sans habitation avec son cimetière et sa pimpante mairie pour seules marques « institutionnelles ». Bien sûr, il y a son château à la forme carrée avec trois tourelles élancées et une grosse tour vestige du château-fort originel du 14ème siècle et fortement remaniée (comme le reste de l’édifice) au 19ème. Nous passons à ses pieds en empruntant un petit bout de route sans le voir vraiment. Le château qui s’impose à nos yeux en ce début de rando (et à la fin également) c’est son voisin d’en face, sur la rive droite de l’Alagnon,  Léotoing. Telle une citadelle du vertige, il fait tellement corps avec son pic minéral qu’il est presque difficile de distinguer le bas des murailles faites de la même pierre que son support géologique.

Château de Léotoing

Il donne bien envie d’aller le rencontrer au cours d’une future rando même si c’est un grand classique d’Atlas. Nous empruntons rapidement le GRP « Autour d’Issoire » pour prendre un peu de hauteur et contourner la grosse butte du Grand Bois. Parvenus au sommet, j’indique aux participants que la ligne ferroviaire Clermont-Aurillac passe juste sous nos pieds par un tunnel long d’environ 650 m. Le sentier descend rapidement vers Brugeilles où nous rencontrons nos premières maisons habitées depuis le départ. Ce hameau dépend de la commune de Torsiac 😊 Il faut être bon marcheur ou posséder une voiture – au choix – pour accomplir ses démarches administratives ! Peu après nous passons le pont qui enjambe la voie ferrée presque enterrée au fond d’une des tranchées les plus profondes de France. C’est à Brugeilles qu’eu lieu un déraillement du train Arvant -Aurillac le 28 mars 1934 qui fit deux morts. Des rochers avaient glissé sur la voie des falaises en aplomb sur lesquels le train vint s’écraser. Nous longeons maintenant l’Alagnon. Au vu des herbes encore couchées et boueuses qui encadrent le chemin, on devine que la rivière est bien sortie de son lit à l’occasion des grandes pluies de ce début d’année. Nous traversons de vastes prairies autrefois plantées de pommiers dont les seuls vestiges sont de petits édifices qui servaient à stocker le matériel de culture et à s’abriter en cas de mauvais temps, un peu comme les tonnes que l’on trouve dans les vignobles. La pomme Canada de Blesles était réputée et l’arrivée du train dans le dernier quart du 19ème siècle en favorisa l’essor en Auvergne et au-delà. Nous prenons notre pause-déjeuner dans un petit parc derrière le château des Mercoeur à Blesles. Nous n’avons malheureusement pas le temps de découvrir la richesse monumentale de Blesles en profondeur, il y a tant à voir. Les premières traces écrites font remonter la construction de la ville au 9ème siècle. Elle s’est bâtie autour de l’abbaye St Pierre fondée par une abbesse, Ermengarde d’Auvergne qui état seigneur de Blesles. La fondation d’abbaye devait être inscrite dans les gènes de la famille puisque son fils, Guillaume le Pieux, fonda l’abbaye de Cluny 😊 La richesse des lieux attira la convoitise des puissants alentour comme les fameux barons de Mercoeur. Il résulta de ces conflits un partage des biens et profits. Les Mercoeur étaient rétribués pour assurer la défense de la ville et en profitèrent pour construire une forteresse dont ne subsiste plus qu’un donjon, la tour aux vingt angles. Le château fut largement transformé au 17 et 18ème siècle par la famille Chavagnac. Les Moniales occupèrent la ville jusqu’à la Révolution, habitant dans des maisons individuelles donnant sur la cour intérieure du couvent devenue petite place aujourd’hui. Des petits panneaux explicatifs décrivent le nom et l’histoire des religieuses ayant habité ces petites maisons. La ville était riche de son artisanat et de ses commerces dont subsistent plusieurs maisons à pan de bois. Après quelques déambulations dans le bourg il faut bien reprendre la route. Elle grimpe de près de 200 m jusque sur la chaux de Chadecol.

Côte pour Chadecol

On a rapidement une vue panoramique de Blesles en contrebas.  Chadecol est connu pour avoir abrité des huttes – cases de pierre datant de la fin du néolithique ainsi que d’un mur de près de 350 m de long. Les archéologues ne sont pas tous d’accord sur les datations et les origines de ces diverses constructions. Bien qu’indiqué avec force pancartes dans le hameau de Chadecol, le site ne brille pas par ses panneaux d’explication, il parait même complètement à l’abandon. Les éléments du paysage qui eux ne font pas polémique sont les grands orgues basaltiques de Chadecol ou Blesles  au SW du plateau. On pourra les observer tout au long de la montée. Sur le plateau, nous reprenons notre souffle en admirant les paysages à 360°. A l’ouest, se devine le Signal du Luguet et tout le Cézallier avec lui…. Un large chemin d’exploitation nous amène à Chadecol – désert – puis une petite route nous descend jusqu’à Bousselargues, petit hameau élégant et plein de lumière bien qu’un fond d’un petit cirque puisqu’entouré par plusieurs plateaux basaltiques résultant du phénomène de l’inversion de relief fréquent dans la région et bien connu des Atlassiens !?

Bousselargues

 Après un long faux plat pour sortir de notre creux, nous entamons bientôt la dernière partie de la sortie et j’imaginais fermer la boucle en suivant le ruisseau de l’Auze sur une longue distance presque jusqu’au Grand Bois du matin. Après la traversée du ruisseau à gué, un début de sente nous laisse penser que la vie sera un long fleuve, ruisseau pardon 😊 tranquille mais que nenni ! La sente disparait après une centaine de mètres, la faute au niveau de l’eau, le sentier apparaissant pourtant clairement sur la carte ? Bien qu’ayant annoncé que les dénivelées étaient derrière nous quelques minutes auparavant, je dois me parjurer et je lance le groupe dans un hors-piste grimpant dans la végétation d’une pente exigeante avec ses 150 m de D+. Je suis un azimut qui doit me mener au point haut du plateau, le Maurenu-PC 690. En suivant mes zigs et mes zags, le groupe parvient sans encombre au point visé. Nous sommes au milieu du plateau agricole proche de Marmaissat le Haut que nous apercevons à deux cents mètres au NE. Nous sortons rapidement du pâturage pour gagner la petite route qui nous mène au hameau. Commence alors une longue descente qui nous ramène en douceur vers l’Alagnon. De belles échappées à travers la forêt nous remettent le château de Léotoing sous les yeux (pour mon plus grand plaisir). Après avoir retrouvé le cheminement du matin, nous finissons tranquillement notre beau tour aux paysages variés, bien ensoleillés et que l’histoire des hommes affleure en permanence.

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